World Road Trip ou le récit Hors Piste raconté au fil des pays visités [Première destination: Pékin]

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Vous avez toujours rêvé de tout plaquer, job, stress, problèmes etc. et de partir à la rencontre des cultures? Vous n'osez pas sauter le pas? Bouclez votre ceinture et partez d'aventures en aventures avec Hors-piste – وراء البلآيك, où Atef raconte ses aventures à travers les pays. Atef a osé tout abandonner pour le plaisir du voyage et des rencontres. Voici donc le récit de son tour du monde qu'il partage avec nous, pour notre plus grand plaisir.  Première destination: Pékin

"Première destination, premiers frissons, premiers émerveillements et premières petites galères… Beijing.

Je suis arrivé dans cette ville complètement sonné par le manque de sommeil, excité par le départ, submergé par une infinité de sentiments, à fleur de peau, mais heureux. Mehdi et Hélène m'avaient conduit jusqu'à la porte d'embarquement, je savais pertinemment que ce serait les derniers regards familiers que croiserais avant plusieurs mois.

A Pékin, au bout des premiers pas je me suis très vite rendu compte d'un détail que je dois absolument régler en urgence ; le poids de mes deux sacs à dos ! Le premier, un gros sac de randonnée de 80 litres, contient quelques vêtements, des chaussures de randonnée, une tente, un tapis de sol, un sac de couchage chaud, des médicaments et quelques petits accessoires. Le deuxième, plus petit, contient tout ce qui a de la valeur ; papiers, appareil photo, ordinateur et… des bouquins ! Quelle idée ! Je sais, ce n'est pas très malin, ça pèse lourd.

C'est en lisant des livres d'aventures et des récits de voyages que j'ai rêvé et préparé ce projet depuis des années. Il m'était donc inconcevable de monter dans train sans Paul Theroux, traverser la Sibérie sans Sylvain Tesson ou encore fouler l'Antarctique sans lire le récit de Shackleton. La bonne nouvelle est que les deux anges gardiens qui m'ont accompagné à Roissy, m'ont offert une liseuse électronique.

Une fois le constat du poids des sacs dépassé, j'ai quitté l'aéroport de Pékin pour rejoindre l'auberge où j'ai réservé un lit juste avant de partir de Paris. Je comptais sur mon bon sens de l'orientation et je l'avoue, l'aide des passants. Les deux m'ont faits défauts ce jours là et j'ai trimé durant deux heures avant de la trouver. Je sais déjà que cela ne m'empêchera pas les prochaines fois de tout préparer au dernier moment, comme d'habitude.

J'ai quitté Paris dimanche à 14 heure et j'ai l'impression d'avoir égaré mon lundi quelque part entre les fuseaux horaires. Je me suis donc réveillé mardi matin avec pour mission : éviter les déboires de la veille en allant tout de suite à la gare me renseigner sur mon prochain train dans deux semaines, le Trans-Mongolien. En quittant le quartier, je longe le parc Jingshan jusqu'à la Cité Interdite que je contourne jusqu'à la place Tiananmen. Il y a énormément de touristes, des bus par centaines, des petites casquettes et des drapeaux de tours opérateurs. Seul problème, ces derniers sont tous rouges ! L'écrasante majorité des visiteurs est chinoise. Ma curiosité sur internet confirme cette impression ; le tourisme intérieur en chine pèse beaucoup plus lourd que le tourisme international. Ainsi 400 millions de chinois visitent chaque année des régions différentes dans leur pays, contre 15 millions de touristes internationaux. Première conséquence de cette tendance, personne, ou presque, ne parle une autre langue que le mandarin. Certains commerçants savent dire les prix en anglais. Partout où je vais, je m'exprime avec des gestes. Donc difficile pour le marchant de tapis qui sommeille en moi d'argumenter pour négocier les prix.

J'ai réussi à trouver les bonnes informations à la petite agence de "CITS International Train Tickets". Il y a un train pour Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, tous les mercredi et samedi et en cette période de l'année, on n'a pas besoin de réserver à l'avance. Je reviens donc sur mes pas vers la place Tiananmen en traversant le quartier moderne de la gare ferroviaire de Pékin. La diversité architecturale de cette ville saute au yeux. Depuis la matinée, où j'ai traversé le dédale de Hutong (étroites ruelles) où se trouve mon auberge, je suis passé de l'antique au communiste en arrivant sur des artères de 6 voies dans chaque sens et des trottoirs immenses. On imagine mal les dégâts que cela a du faire dans les magnifiques remparts de la ville qui furent rasés pour faciliter la circulation. Et puis, me voilà maintenant traverser un quartier modernes avec des tours hébergeant banques et organismes financiers de tous genres.

Le paradoxe de cette ville, toujours dans le regard modeste d'un touriste fraichement débarqué, ne réside pas uniquement dans son architecture. La classe ouvrière à Pékin se déplace en électrique ! Ces engins à deux roues, réservés en Europe à une classe moyenne écolo-responsable et prête à dépenser pas moins de mille euros pour un vélo, sont des moyens de locomotion pratiques et économiques ici.

J'arrive enfin sur la place mythique. L'histoire communiste de la Chine est intimement liée à la place Tiananmen (Paix Céleste) où l'armée étudiante de Mao a brandi le livre rouge en signe de nationalisme. C'est aussi ici que les étudiants contestataires défièrent les chars avec la fin que l'on connait. J'arrive sur une place bien loin de tout cela, investie par les vendeurs de souvenirs et les photographes proposant leurs services aux chinois venus se faire photographier à côté du monument aux "Héros du Peuple".

Sur le tronçon du Transsibérien que je vais prendre, Pékin-Oulan-Bator-Moscou, cette place marque soit le début soit la fin du périple. Pour moi l'arrivé se fera donc sur la place Rouge, une autre place forte en histoire communiste.

Aujourd'hui, mercredi 20 mai, je me lève à 6 heure du matin. Un mini-bus viens me chercher 20 minutes plus tard pour m'emmener à Jinchanling. Il s'agit d'une des plus belles section de la Grande Muraille, se situant à 120 kilomètres de Pékin. Le trajet se fait en 3 heures. J'ai choisi d'aller à Jinchanling plutôt qu'à 40 minutes de Pékin parce qu'elle y est beaucoup moins fréquentée. Au fur et mesure que l'on se rapproche des montagnes, des formes apparaissent sur les crêtes. On a beau y être préparé, mais voir l'immensité de cette oeuvre nous laisse sans voix. La première question qui vient à l'esprit est "comment ils ont fait ?". Le monument, commencé en 700 av j-c, s'étend à perte de vue de chaque côté et serpente sur des pentes très raides. Il parait même qu'il a été construit sur 6700 kilomètres."

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