Une jeune afghane choisit le rap pour dénoncer les mariages forcés

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Le mariage forcé de mineurs perdure dans plusieurs pays… 
“Chaque minute, 27 mineures sont mariées de force dans le monde. Cela signifie que 1 fille sur 3 est mariée avant d’avoir 18 ans et 1 fille sur 9 avant d’avoir 15 ans dans les pays en développement”. Ce sont là des statistiques publiées par l’ONG indépendante Plan Belgique dans le cadre du lancement de sa campagne pour sensibiliser le public contre le mariage d’enfants. 

Sonita Alizadeh, une jeune afghane de 18 ans, a quant à elle choisi le rap pour dénoncer ce fléau. Le 9 octobre  dernier, elle a raconté son histoire lors du sommet “Women in the World” qui s’est déroulé à Londres.

[Photo: Women in the World]

Cette jeune fille engagée a échappé deux fois au mariage forcé que voulaient lui imposer ses parents. Une première fois à l’âge de 10 ans puis une deuxième à l’âge 16 ans, cette fois avec un homme qui était prêt à payer 9000 dollars. 

Elle s’élève alors contre cette tradition en exprimant sa colère dans une chanson qui va lui changer la vie. “Brides for sale” (Mariées à vendre), tel est l’intitulé de son morceau dont le clip a été publié en octobre 2014. 
Sa vidéo lui a ainsi permis non seulement de défendre sa cause mais aussi de faire changer d’avis ses parents et d’obtenir une bourse pour étudier la musique à la Wasatch Academy dans l’Utah, aux États-Unis, où elle réside aujourd’hui.  

"Laissez-moi vous murmurer mes mots, pour que personne ne m'entende parler de la vente de vos filles. On ne doit pas entendre ma voix, car elle est contre la charia. Les femmes doivent rester silencieuses, c'est la tradition de notre ville.”, chuchote la rappeuse, pour ensuite scander : "Laisse-moi hurler. Je n'en peux plus de ce silence. Ôte tes mains de mon corps. Je hurle pour combler le silence des femmes.”. Elle finit par : “J’espère que vous relirez le Coran, j’espère que vous saurez qu’il ne dit pas que les femmes sont à vendre“. (Source: Konbini). 

[fve]http://youtu.be/n65w1DU8cGU[/fve]

Dans une interview accordée au New York Times, Sonita Alizadeh confie que sa musique était le cauchemar de sa mère mais que cette dernière est désormais devenue l’une de ses plus grands fans. 
L’étudiante, qui continue à se battre contre le mariage forcé de mineurs, rêve de revenir en Afghanistan dans le but d’y défendre les droits des femmes. 

 

 

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