Une institutrice lance un appel de détresse

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La rentrée scolaire est souvent un grand moment tant pour les parents que pour les élèves. Ces derniers sont heureux de retrouver les bancs de l’école ainsi que leur camarade mais c’est surtout une occasion pour eux de porter leurs habits flambant neuf et de déballer leurs nouvelles fournitures scolaires achetés à coup de centaines de dinars par les parents. Malheureusement, tous les élèves n’ont pas cette chance. En effet, dans notre pays, des enfants font encore des kilomètres à pied au milieu de nulle part pour se rendre à leur école, portent des chaussures usées et n’ont ni livres scolaires ni un minimum de fournitures pour entamer l’année comme il se doit. Et c’est le terrible constat qu’a fait Mouna Kadri ep Elkhouni, une institutrice d’une école primaire de Sbiba (gouvernorat de Kaserine). Bouleversée par ses petits élèves, elle décide de lancer un appel sur son compte Facebook pour braquer la lumière sur la situation alarmante des enfants des régions défavorisées.

élève

« Aujourd’hui, j’ai pleuré quand j’ai vu mes élèves, quand j’ai vu Aziz porter un pull d’hiver déchiré, quand j’ai vu Amal avec son tablier tellement usé qu’elle n’arrivait plus à le boutonner, quand j’ai vu Hayet qui avait honte de montrer ses chaussures trouées. Mes enfants sont tristes. 70% d’entre eux n’ont pas acheté leurs fournitures scolaires. Mes élèves ont perdu leur joie de vivre. J’ai écrit pour chacun son nom parce qu’ils ne savent même pas écrire leurs noms. En sortant, Farah est venue me voir et m’a chuchoté à l’oreille, les larmes aux yeux : »Mon père ne rentrera à la maison qu’à la fin du mois, pouvez-vous patienter jusque là pour que je puisse acheter un cahier? » Ah, la rentrée a bien eu lieu, mais elle est tellement amère » a posté la maîtresse sur son compte Facebook. Un statut qui a été partagé une centaine de fois et relayé par les médias. Espérons que son cri sera entendu par les autorités compétentes.