Un rapport sur les propriétés des médias tunisiens est rendu public

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Mardi 12 juillet 2016 a été lancé un nouveau projet intitulé « Media Ownership Monitor ». Derrière ce projet qui lève le voile sur les médias tunisiens et leurs propriétaires, on retrouve l’association Al Khatt et Reporters Sans Frontières. Une conférence s’est tenue au Majestic Hôtel dans la matinée du mardi afin de présenter les chiffres relatifs aux médias sur lesquels les instigateurs du projet ont travaillé depuis des mois.

« Qui possède ou contrôles les médias? Quels intérêts se cachent derrière certaines institutions médiatiques? Quel est le niveau de concentration et de transparence de ces médias? Quelles sont les difficultés structurelles, légales ou politiques auxquelles ils sont confrontés? » Ce sont les questions sur lesquelles la plateforme s’est penchée.

Le rapport rendu public depuis hier met l’accent sur la diversité des médias en Tunisie, les risques que cela engendre et surtout à quel point le pluralisme est-il sauvegardé. Sur 14 télévisions, 41 radios, 50 journaux et plus de 50 sites internet, le MOM en a choisi quelques uns pour les passer au crible.

Qui est à la tête de quel média? 

Basé sur des chiffres, le contenu donne une idée sur qui est à la tête de quel média. On y apprend par exemple que « Six télévisions sur les dix analysées ont été fondées ou sont détenues par des personnalités liées au monde politique. » On y apprend également que certains propriétaires possèdent des actions dans plusieurs chaînes « comme Lotfi Abdennadher (Mosaïque FM et Diwan FM) ou encore Aziz Miled, qui a laissé à ses héritiers des actions directes de la radio Jawhara FM, et d’autres « indirectes » (à travers un groupe d’actionnaires d’une société à capital risque, la SODIC SICAR) dans la radio Sabra FM. »

Transparence et affiliations politiques

Mais un des points les plus importants de ce rapport reste celui sur l’affiliation politique de ces propriétaires de médias. On peut y lire le rapport de la HAICA sur la couverture médiatique des élections de 2014.

Quant au volet Transparence des médias, le rapport public dénonce une transparence sélective. Les informations sur le rédacteur en chef et le PDG sont souvent disponibles. En revanche, les médias publics ne sont pas nombreux à avoir communiqué leurs chiffres financiers ou déposé leurs bilans. « Selon les statistiques du Registre du commerce, il n’y a que 20% des sociétés environ qui déposent leurs bilans financiers. »

Le rapport traite aussi de nombreux autres volets, notamment celui des biens confisqués par l’Etat et de leur avenir ou encore des Indicateurs de risques pour le pluralisme des médias. Vous pouvez lire le rapport au complet ICI.

A propos : Le Media Ownership Monitor est un projet international qui a déjà été mené en Colombie (http://t1p.de/76ru) et au Cambodge (http://mom-kh.com/). En plus de la Tunisie, le MOM sera mis en œuvre au Pérou, en Ukraine, en Turquie, aux Philippes et en Mongolie en 2016. Le projet MOM est financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).