Turquie : La colère ne faiblit pas après le viol et le meurtre d’une jeune étudiante

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Les manifestations se succèdent en Turquie quatre jours après l’enterrement de la jeune Özgecan Aslan vendredi dernier. La jeune étudiante, âgée de 20 ans, était portée disparue depuis le 11 février. Son corps a été retrouvé vendredi dans une rivière de sa ville natale de Tarsus. Elle a été violée, tuée à coup de barre de fer puis brûlée par le chauffeur de bus qui la ramenait de l’université.

Des milliers de personnes sont descendu dans les rues pour crier leur colère et leur indignation et surtout pour dénoncer le laxisme du gouvernement islamo-conservateur face aux violences faites aux femmes. Hier encore, un millier de manifestants ont défilé à Mersin et 3 000 avocats ont rendu un hommage à la jeune étudiante en brandissant ses photos lors d’une manifestation contre un projet de loi qui vise à renforcer les prérogatives de la police. Sur les réseaux sociaux, les internautes expriment leur indignation et leur colère et exhortent les victimes de violences à témoigner et à sortir de leur silence avec le hashtag «#sendeanlat» (toi aussi raconte).  Selon l’association turque des droits de l’Homme, le meurtre des femmes en Turquie a connu une nette hausse ces dix dernières années et a atteint 294 meurtres en 2014. «La Turquie était fière d’être le premier pays à ratifier la convention d’Istanbul sur les violences faites aux femmes», a souligné Hillary Margolis, de l’ONG Human Rights Watch, «il est temps qu’elle arrête de trahir les femmes et tienne ses promesses».

Face à cette vague de manifestations, le Président turc a tenté de désamorcer la colère en déclarant lors d’un discours que «la violence contre les femmes est une plaie ouverte dans notre société… une rupture de la confiance de Dieu». Recep Tayyip Erdoğan a également espéré que les assassins présumés de la jeune étudiante, arrêtés dimanche, écoperaient de «la peine la plus sévère».   

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