Vous les avez sûrement croisés une ou plusieurs fois dans votre vie. Ils font peut-être même partie de votre entourage immédiat. Ils ont plus de trente ans, sont beaux, intelligents, ont de la gueule, une présence, un boulot que vous jalousez secrètement, un QI proche de celui de Sharon Stone et …sont toujours célibataires. 

Tout pour eux, « single and fabulous » comme le dit la plus célèbre des célibataires New Yorkaise Carrie Bradshow, ils sont parfois exigeants, souvent traumatisés par des relations chaotiques passées ou parfois juste à contre courant d’une société arabo-musulmane, pour qui être célibataire à trente ans veut tout simplement dire qu’il y a quelque chose qui cloche avec la personne.

Bon ouais ok. Single and fabulous peut aussi donner une phrase interrogative. Are they?

 

Ces parfaits célibataires sont-ils vraiment parfaits ? Que cherchent-ils vraiment ? Croient-ils en l’institution du mariage ? 4 trentenaires ont accepté de témoigner.


Amine- 34 ans- financier : Je veux le tout ou rien

Je rencontre Amine dans un pub chic de la banlieue nord de Tunis. Un endroit où il se sent à l’aise et où il y va 2 à 3 fois par semaine en after work. C’est là d’ailleurs qu’il fait la pluspart de ses rencontres professionnelles et personnelles. Un regard malicieux, un brin mystérieux. Il a quelque chose qui accroche. Amine est le genre d’hommes dont la présence intimide les femmes en mal d’assurance. Amine est aussi le genre d’hommes qui attire toutes les femmes, tous genres confondus. « Vous êtes super exigent c’est ça ? », je lui balance direct la question qui me turlupine après l’avoir écouté se présenter.


« Ce n’est pas une question d’exigence. Je pense que je suis en droit de trouver ce minimum de qualités chez la future mère de mes enfants, non ? Dans toutes mes rencontres et/ou relations, il y a toujours eu quelque chose qui manquait : la super belle manque d’ambition, l’intellectuelle s’habille comme un garçon, la sentimentale est chieuse, l’indépendante est grande gueule etc. Mes relations ont toutes été chaotiques jusque là. En même temps, j’avoue que je ne fais pas beaucoup d’efforts pour rencontrer des profils différents. J’ai les mêmes rituels, je fréquente les mêmes pubs, je sors avec les mêmes bandes d’amis et j’ai déjà fait le tour au bureau. Ce qui fait que je sors souvent avec le même genre de femmes : un peu potiche sur les bords, et quand elle n’est pas matérialiste et qu’elle s’assume, elle est la pire des chieuses. Parfois j’en reviens à penser qu’il faudra que je délègue cette tâche à ma mère le jour où le besoin de se marier deviendra réellement pressant. Mais je pense que j’ai encore quelques années devant moi avant de tirer la sonnette d’alarme. »


Samy-32 ans- chef d’entreprise : Le célibat me convient parfaitement

Samy est plutôt du genre nocturne. C’est après 20h00 qu’il se sent le plus à l’aise. Seul chez lui ou dans les resto-bars de Tunis, Samy est plus productif à la tombée de la nuit que durant les horaires administratifs. Un rythme de vie qu’il a chopé lors de ses études à l’étranger. Chef d’une entreprise familiale, il a eu un parcours classique et plutôt facile. Aujourd’hui, ce trentenaire beau, riche et obsessionnel (constatation faite après une longue observation des mouvements de Samy et confirmée par ce dernier.) se dit satisfait de son célibat. « Pourquoi ? »


« J’ai toujours cultivé une autonomie étonnante. Plus jeune, mes parents m’envoyaient dans diverses colonies de vacances, camps de scoots, séjours linguistiques et autres programmes pendant les vacances scolaires. Aujourd’hui, je ne peux compter le nombre des relations faites et défaites au fil du temps et de ces années passées. J’ai pris l’habitude de ne pas m’attacher aux personnes et de ne garder en mémoire que les beaux souvenirs de chaque relation. C’est peut être pour cela que je continue à agir de la sorte avec toutes les femmes que je rencontre. Mais attention, je mets un point d’honneur à fixer les limites dès le début de la relation. Je ne veux pas être catalogué de salop ou de lâche. Je ne le suis pas. Certaines femmes acceptent ce deal mais ont du mal à l’assumer après. Je n’y suis pour rien. Je me marierai certes un jour, mais ce sera quand je le déciderai et selon ma « check-list » préétablie. »


Meriem-34 ans- Designer : Je ne tombe que sur des complexés

Avec son look vestimentaire de teenager, doudoune rouge et converses assortis, de loin, Meriem a l’air d’une gamine de 16 ans. Mais quand je m’attable avec elle au café du coin, ses rides d’expression me sautent au visage. Sa dernière relation sérieuse remonte à 3 ans déjà. Depuis, la jeune femme a fait vœu de chasteté. A l’époque, il était question qu’elle se marie avec ce jeune homme dont elle n’était pas particulièrement amoureuse. Un mariage décidé plus pour faire plaisir à sa mère que par conviction. Quitte à passer le restant de ses jours seule avec son chat, Meriem a choisi le célibat parce que tous ceux qu’elle a connus sont complexés.


« Mes rides vous donnent une idée sur combien j’ai souffert à cause de ces hommes égoïstes. J’ai eu droit à toute la panoplie : il y a eu le phobique de l’engagement qui veut bien rester avec toi des années durant mais sans évoquer, ne serait-ce par métaphore interposée, l’idée même des fiançailles. J’ai aussi eu droit au complexé par mon statut social ou dans un autre registre par mes études universitaires poussées. Je me suis faite jeter parce que je lis des livres (si si true story). Il y a eu le classique qui ne sait pas ce qu’il veut, qui t’appelle tous les jours une semaine durant, qui disparait tout un mois, et puis qui réapparait dès qu’il soupçonne l’existence d’un autre homme dans ta vie. Et pour finir, le profil 100% tunisien du chéri à sa maman qui finit par épouser celle que cette dernière a choisi pour lui. Alors aujourd’hui, je ne sais pas trop quoi vous dire. L’idée du mariage est devenue de plus en plus improbable pour moi. Je ne vais pas faire que me lamenter. J’ai surement ma part de responsabilité dans ces relations chaotiques. Mais j’essaie de regarder la réalité en face : j’ai 34 ans et pour beaucoup je suis déjà hors compétition. Quant à moi, je vois le bon côté des choses : je suis indépendante financièrement et libre de mes engagements et mouvements. Et croyez-moi, cette liberté n’a pas de prix à mon âge.»


Lamia-30 ans- Cadre : J’ai peur de m’engager!

Bien dans ses pompes, stylée à bloc, regard de braise, Lamia est ce qu’on peut qualifier de femme fatale. Trentenaire et jeune cadre dynamique, Lamia n’hésite pas à s’habiller un brin sexy au travail, quitte à assumer le regard désobligeant de certains de ses collègues.  Ses trente ans, elle les a fêtés il y a un mois et pour elle la vie est encore devant elle. « Si je ne suis pas encore mariée, c’est que je n’ai pas encore trouvé le bon. » me dit-elle. Mais ce ne serait pas une manière de cacher une peur de l’engagement ? Si ? Vas-y raconte !


« C’est mon psychologue qui m’a mise sur cette piste. Je n’en suis pas très convaincue, mais j’avoue que cela me rassure de savoir pourquoi je n’arrive pas à finaliser mes relations. D’après lui, c’est un manque de confiance sous-jacent qui fait que j’ai toujours peur de franchir cette étape d’engagement final. Je laisse d’ailleurs toujours le soin à mes « amants » de partir les premiers.  J’ai toujours eu du mal à prendre ce genre de décisions. Je ne veux pas être la fautive, celle qui arrête la relation et qui est obligée de donner les raisons de son départ. Je ne sais pas ce qui me bloque réellement. Peut-être que je préfère la rupture au divorce ? Je vous tiens au courant quand j’aurais terminé ma psychanalyse et chassé tous ces démons de ma tête. En attendant, pas de mariage pour moi. »

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?