Tout savoir sur la sexualité douloureuse, et la sècheresse vaginale

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La santé vaginale a une grande importance et joue une forte influence sur la qualité de vie sexuelle. Les dyspareunies ou douleurs sexuelles sont très fréquemment dues à une cause médicale alors que l’on entend souvent que c’est psychologique ou dans la tête.

Que ce soit suite à un accouchement, une épisiotomie, en post allaitement en péri ménopause ou en post chimiothérapie ou autre, il n’est pas rare de voir des femmes souffrir lors du rapport sexuel, le plus souvent en silence.

Les douleurs sexuelles peuvent être profondes secondaires et sont dues entre autres à un kyste ovarien ou une endométriose, ou superficielles comme dans les infections vaginales ou lors d’une altération de la qualité de la muqueuse génitale.

Les organes génitaux sont asséchés : ça brule ! Ça gratte ! Ça frotte ! Et c’est douloureux !

En plus des crèmes lubrifiantes, des ovules d’acide hyaluronique qui rendent certes un grand service au couple mais qui finissent par être abandonnés par la patiente, multiples nouvelles alternatives thérapeutiques non hormonales sont à la disposition ces dernières années : Injections d’acide hyaluronique, lasers gynécologiques et des moyens de médecine régénérative sont autant de moyens que les femmes peuvent utiliser aujourd’hui sans se soucier des effets indésirables.

 « Malheureusement, en Tunisie, le sujet est Tabou, les femmes n’osent pas parler de leur gêne sexuelle à leur médecin, et le milieu médical sous-diagnostique les problèmes de santé sexuelle féminine » explique Dr nouha Bouaziz , gynécologue obstétricien, diplômée en médecine esthétique génitale de la faculté de médecine de Paris6, « C’est à travers des consultations pour d’autres problèmes de santé telle que les infections génitales à répétition ou les fuites urinaires ou après inspection de la vulve et du vagin que j’arrive à déceler un malaise , un inconfort voire des douleurs lors des rapports. »  

Atrophie vaginale

atrophie

Cela se traduit par une muqueuse, irritée, moins hydratée, plus lisse et qui finit par s’amincir et se fragiliser. L’apparition de l’atrophie étant étroitement liée à la diminution de la production d’œstrogènes par les ovaires comme lors de la ménopause ou après une cure de chimiothérapie à tout âge.  Pour d’autres femmes, la péri ménopause, un traitement hormonal ou une cure d’antidépresseurs peuvent aussi entrainer un début d’atrophie.

« La muqueuse s’appauvrit en vaisseaux sanguins qui sont à la base de l’hydratation du vagin, cela entraine une sécheresse vaginale. Elle se fragilise entrainant parfois des douleurs. Le PH vaginal change provoquant irritations, infections et autres vaginoses. explique Dr Bouaziz N. Evidemment toutes ces modifications peuvent entrainer des douleurs au moment des rapports, voire parfois un saignement post coïtal avec risque d’altération de la vie intime du couple »

Environ la moitié des femmes ménopausées ou en péri ménopause souffrent des symptômes de l’atrophie vaginale à des degrés variables.

Comment reconnaitre une atrophie vaginale qui s’installe ?

Les symptômes les plus courants de l’atrophie vaginale sont : Sècheresse vaginale (75%) dyspareunie estimée à (38%), la sensation de brûlure, les pertes et les fuites urinaires estimés à (15%)

Comment traiter ?

« Y a des crèmes et des gels lubrifiants qui s’utilisent localement au moment du rapport pour régler ponctuellement le problème. Les ovules à base d’acide hyaluronique sont utilisés loin du rapport pour améliorer l’hydratation du vagin. Les traitements hormonaux locaux rendent énormément de services mais sont à utiliser avec précaution et sont souvent abandonnés par les patientes. Les lactobacilles en capsules vaginales sont indispensables pour rétablir la flore vaginale, à effectuer en plusieurs cures par an si nécessaire. Le traitement hormonal substitutif de la ménopause garde toujours sa place en dehors des contres indications et moyennant une surveillance rigoureuse. Mais les patientes l’évitent de plus en plus par peur des éventuels effets indésirables et en plus il est carrément contre indiqué chez les patientes ayant subi une chimiothérapie pour tumeur du sein ». Répond Dr Bouaziz.

«Depuis environ trois ans, d’autres solutions existent, elles sont non hormonales, hydratent profondément ou restituent la muqueuse vaginale de façon durable, il s’agit du traitement au laser vaginal, à l’acide hyaluronique ou par le plasma autologue » ajoute Dr Bouaziz

Injections vaginales d’acide hyaluronique

« La molécule d’acide hyaluronique a la propriété de retenir l’eau dans la paroi. L’injection permet de diffuser ces molécules partout dans la paroi vaginale ce qui a pour effet de regonfler la muqueuse, de l’hydrater à nouveau profondément et de réduire ainsi la sécheresse vaginale. Les rapports redeviennent agréables et l’irritation disparait »

Les injections se déroulent au cabinet sous anesthésie locale par crème et l’effet dure environ 10 mois.

Le laser vaginal

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Le laser vaginal

Parmi les nouvelles méthodes de traitements non hormonaux, il y a aussi le laser. « Le laser CO2 ou encore le laser YAG sont excellents pour traiter une atrophie franche. Sans hospitalisation, sans anesthésie et sans douleurs, la séance dure entre 20 et 40 minutes selon les symptômes associés. Ce traitement va émettre une lumière qui va s’introduire dans la muqueuse vaginale à travers de touts petits trous laissant diffuser une chaleur qui va stimuler la régénération cellulaire rétablissant la vascularisation et la production endogène de collagène».

En d’autres termes le laser permet de « rajeunir » la muqueuse vaginale de manière naturelle, en restaurant les structures tissulaires et en récupérant les propriétés perdues avec le vieillissement cellulaire.

Les injections de plasma autologue

Il s’agit d’injecter au niveau du vagin des petites quantités du propre plasma de la patiente en plusieurs séances pour essayer de rétablir une meilleure vascularisation et une réhydratation de la muqueuse.

Quand, quel traitement choisir et combien de séances ?

Il faut d’abord consulter lorsque l’un des symptômes déjà cités se présente : sècheresse vaginale, infections à répétition, irritations, sexualité douloureuse, épisiotomie entrainant des difficultés à avoir des rapports plus de 6 mois après l’accouchement, fuites urinaires, saignement au moment des rapports ou juste une baisse de la qualité des rapports.

Le plus d’un gynécologue est de connaitre la pathologie qui entraine une sécheresse ou un malaise dans la sexualité du couple. C’est le médecin qui indique le traitement médical ou la méthode à utiliser ainsi que le nombre de séances.

Une consultation précoce diminue la durée et le coût du traitement et évite le retentissement sur la qualité de vie du couple.