« Terka » la pièce théâtrale sur l’égalité de l’héritage ce soir au 4ème art

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L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) organise à l’occasion de la journée du 8 mars, une pièce de théâtre sur la thématique de l’héritage et de l’égalité successorale. Et c’est l’universitaire féministe Ilham Marzouki qui a préparé cette performance théâtrale présentée cet après-midi à 18H00 à la salle quatrième art. La présentation y sera suivie d’un débat.

Intitulée « Terka » ou « Héritage » en français, la pièce dure 30 minutes et est jouée par 9 comédiens amateurs faisant partie de l’association ATFD. L’équipe a été entourée et encadrée par l’artiste Lobna Mlika.

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Comme son nom l’indique, la pièce traite de l’égalité de l’héritage dans la société tunisienne dans le but de bousculer les mentalités encore réticentes de se rallier à la cause.

Une performance de 30 minutes où se mêlent humour, critique et dérision pour dénoncer l’état actuel des choses la veille de la journée internationale de la femme.

La pièce fait appel au discours de Bourguiba prononcé le 18 mars 1974 (d’une durée d’environ cinq minutes).

La pièce parle du présent des femmes et de leur misère économique, avec humour et parfois dérision pour mieux toucher un grand public et pas seulement des militants déjà acquis à une cause.

La présentation de la pièce sera suivie d’un débat sur le sujet de l’égalité successorale, animé par l’ancienne présidente de l’ATFD, Khédija Chérif. Elle sera filmée par le réalisateur de cinéma Samed Hajji afin qu’elle puisse tourner, par la suite, dans les régions et les télévisions et servir de support à un débat national dont l’objectif final est de changer la loi inégalitaire.

Monia Ben Jemia, présidente de l’ATFD a, dans une déclaration à l’agence TAP, tenu à rappeler qu’en 2016, il y a eu une initiative de 26 députés pour améliorer la loi inégalitaire entre l’homme et la femme sur l’héritage. Hélas, ce ne sont que quelques améliorations mais sans la suppression totale de l’inégalité. Et c’est un recul par rapport à la pensée de Bourguiba et Tahar Haddad !

Dans notre pays, précise de son côté, Emna Ben Miled, membre de la commission de l’Université féministe Ilhem Marzouki “nous avons aboli l’esclavage, en 1846, avant la France et avant les Etats-Unis ! Bien qu’il existe des versets coraniques sur l’esclavage. Les obscurantistes d’aujourd’hui prétendent nous interdire de réinterpréter le coran alors que nos ancêtres l’ont fait il y a déjà 171 ans ! Et au 20ème siècle nous avons aboli la polygamie. Les Tunisiens ont une tradition d’Islam très ouvert sur le monde moderne et notre nouvelle constitution de 2014, admet dans son article 23, l’égalité totale entre les droits des citoyens et les droits des citoyennes”.

D’après TAP