[Jennifer Lopez et Jane Fonda dans « Sa mère ou moi »]

Personne ne peut nier les enjeux du mariage… Une nouvelle vie, de nouvelles responsabilités… Un espace désormais commun qu’on doit partager avec sa moitié, et dans certains cas, avec les beaux-parents aussi.

Alors, comment les couples qui vivent dans cette situation s’en sortent-ils ? Trois femmes témoignent de leur expérience.

Nejla 33 ans, la belle surprise : « Quand mon mari m’a annoncé qu’on allait vivre chez ses parents après le mariage, je ne vous cache pas que j’ai tout de suite tiqué ! Je m’entends bien avec eux mais je me voyais simplement partager un petit appartement avec mon mari et mon chat pas loin de chez mes parents. Du coup, ça a été la grande maison de famille à 40 km de mes proches, avec les beaux-parents, la belle-sœur, à l’époque célibataire, et sans mon chat car ils en avaient déjà quatre…

Ça a été très dur au départ car ce n’est pas évident de se retrouver avec des « étrangers », sans réelle intimité… mais l’on s’habitue à tout. D’ailleurs, je me suis rendue compte que cette situation présentait beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients. Avec une femme de ménage qui s’occupait de la maison et ma belle-mère qui faisait la cuisine, je vivais comme une princesse. Cette situation nous a également permis de faire des économies et de partir en voyage à chaque fois qu’on en avait envie. On participe bien évidemment aux frais de la maison pour aider mes beaux-parents, mais on en sort toujours gagnants.

Puis, j’ai eu mon fils… et c’est ma belle-mère qui le garde quand on part travailler. Quand je vois mes copines galérer entre la nounou et la crèche, je me dis que je ne peux espérer mieux pour son éducation. »

Ramla 36 ans, à la recherche d’un équilibre : « Je ne vis pas concrètement avec mes beaux-parents mais on a construit une maison au-dessus de la leur. Mais la situation n’est pas ce qu’il y a de plus classique. En effet, mon mari étant en froid avec sa mère, on s’est retrouvé avec des barrières déjà préétablies. Elle ne s’immisce jamais dans nos affaires. Un jour, j’ai eu une  petite opération qui a fait qu’elle montait souvent m’apporter un repas. A ce moment là, j’ai eu peur que ça ne devienne une habitude, car pour être franche, j’aime bien que mon chez moi reste mon chez moi, dans le sens où je n’aime pas les visites à l’improviste. Mais au final, c’était juste circonstanciel et cela me va.

Par contre, mon beau-père, lui, a plus d’aisance à monter sans prévenir. Cela ne me pose pas vraiment de problèmes mais j’avoue que parfois quand je suis fatiguée, je n’ai pas forcément envie de faire d’effort, de papoter avec lui ou de lui proposer à manger. D’ailleurs, il nous est arrivé une fois, mon mari et moi, où on n’a pas décroché le téléphone car on savait que son père voulait monter (honte à nous).

Mais mis à part ce détail, et le fait que mes beaux-parents soient tout le temps au courant de nos moindres faits et gestes, tout le reste est parfait.

Néanmoins, il m’arrive de m’en vouloir. Je me dis que je devrais faire plus d’efforts, car si on a emménagé près d’eux c’est aussi pour qu’ils profitent de leurs petits enfants… Sauf que moi, je n’ai pas pris cette habitude là, de passer les voir chez eux rien que pour qu’ils embrassent mes fils. Du coup, c’est eux qui montent, en particulier mon beau-père, et c’est compréhensible.

En même temps, la situation est difficile à « doser » car il risque de ne plus y avoir de limites entre nous si on en fait trop… ou au contraire, on peut tomber dans l’autre excès, comme c’est le cas pour moi, où je suis presque en rupture totale avec eux.

Pour être franche, je n’ai pas encore trouvé le rythme où ce rapport de va-et-vient est simple et équilibré mais j’y travaille. »

Amal, 29 ans, le cauchemar :  » Depuis mes fiançailles avec mon époux, je savais déjà qu’on allait habiter chez sa mère. Son père est décédé, ses deux frères vivent à l’étranger et il ne reste que lui pour lui tenir compagnie. A l’époque, cela me convenait parfaitement d’autant plus que je m’entendais bien avec ma belle-mère. On s’est installé chez elle après le mariage. Tout se passait merveilleusement bien. Elle était aux petits soins avec moi, ne me posait pas trop de questions, me laissait à mon aise… Jusqu’au jour où elle a décidé de piquer une crise parce que j’ai cassé une assiette en lavant la vaisselle. Cela m’a paru bizarre mais je me suis dit qu’elle devait être sur ses nerfs et je n’en ai pas fait tout une histoire. Sauf qu’à partir de ce jour-là, soit environ 3 mois après notre mariage, son comportement avec moi a complètement changé. Moi qui bosse la nuit, elle fait tout pour me réveiller tôt le matin, en faisant le plus de bruit possible. Elle a commencé à me faire des remarques par rapport à mon travail, à mes horaires, au fait que je ne prenne pas soin de mon mari (d’après elle) ou que je n’aide pas suffisamment dans les tâches ménagères. Puis, elle a commencé à monter mon mari contre moi. Lui, qui m’a toujours encouragée dans ce que je fais, qui ne se soucie jamais des détails futiles, a commencé à me parler de changer de boulot, d’aider plus sa mère, de lui montrer plus de considération. J’étais déboussolée. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, je ne reconnaissais ni mon mari ni ma belle-mère. Mais le problème c’est que je suis quelqu’un de très timide et de très réservé. Du coup, je n’osais pas affronter ce problème. Je me taisais. Un jour, ma mère a senti que quelque chose n’allait pas. Nous avons eu une longue discussion suite à laquelle j’ai décidé de leur faire face. Confiante, j’ai alors provoqué une petite réunion familiale histoire de mettre les points sur les i, persuadée que tout allait enfin s’arranger. Mais je m’étais trompée. Ma belle-mère a piqué une nouvelle crise, m’accusant de la prendre de haut. Heureusement, je n’en suis pas sortie complètement perdante puisque mon mari a ouvert les yeux pour voir la vérité. Quant à moi, j’ai compris que se prendre la tête n’était pas une solution mais qu’il fallait se comporter intelligemment. J’ai fait un grand travail sur moi pour supporter les agissements de belle-maman mais pas que… j’ai dû changer de « stratégie ». Des mots gentils par ci, des cadeaux par là, je lui propose de sortir parfois. Bref, elle était prise au dépourvu et j’avoue que cette solution commence petit à petit à donner ses fruits. »

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