Le festival féministe « Tashweesh » débarque en Tunisie. Après la Belgique, l’Egypte et le Liban, le festival pluridisciplinaire des artistes et des activistes qui travaillent sur le féminisme actuel du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Europe aura lieu à Tunis du 6 au 8 décembre prochain. Et c’est le Goethe Institut qui organise cette manifestation unique en son genre. Que ce soit à Bruxelles, au Caire, à Beyrouth ou à Tunis, chaque ville a son programme spécifique avec pour point commun la diversité des voix féministes prenant part au festival.

« Tashweesh » Tunis aura lieu à l’Art Rue (centre ville de Tunis) du 6 au 8 décembre et prévoit une clôture festive au lounge Tangerine Rooftop(Gammarth).

Au programme : performances, discussions, films curatés par Stefanie Schulte Strathaus de l’Arsenal-institut pour le cinéma et l’art vidéo (Berlin) et bien sûr de la musique.

Un workshop de Hip Hop féminin intitulé “Flygrils” sera organisé en partenariat avec l’association « Chouf » dès le 4 décembre pour aboutir à un concert unique de Hip Hop féminin qui sera présenté au festival.

Programme de Tashweesh

 

Association l’Art Rue (Médina de Tunis)

18H00:  À la recherche […], installation interactive de SyndaJebali et Aya Rebai, 6’ (TUN)

18H30: AL-KHOROUG LEL-NAHAR (Coming Forth by Day), Hala Lotfy, Egypte, 2013, 96’ VOST anglais

Film curaté par Stefanie Schulte Strathaus de L’Arsenal-Institut pour le cinéma et l’art vidéo à Berlin spécialement pour Tashweesh.

Synopsis: Soad vit avec sa mère et son père alité à la périphérie du Caire. Résignée à prendre soin de son père, elle met sa vie en suspens. Tourné dans la tourmente du printemps arabe, l’impressionnant premier film de Hala Lotfy se concentre sur le privé et crée un film révolutionnaire sans montrer la révolution elle-même.

Hala Lotfy est une réalisatrice, productrice et fondatrice de Hassala Films. Après avoir réalisé plusieurs documentaires et remporté de prestigieux prix pour son documentaire Feeling cold (2005), elle reçoit en 2011 le Katrin Cartlidge Foundation Award. Son premier long métrage Coming forth by day (2013) remporte plus de 12 prix internationaux, dont le FIPRESCI et le prix du meilleur réalisateur du monde arabe au Festival du film d’Abu Dhabi, le Tanit de bronze aux JCC et le prix du meilleur film au Festival du film africain de Milan. Il figure également sur la liste des « 100 meilleurs films arabes » du DIFF (2013).

JOUR 2 – 7 DÉCEMBRE

Association l’Art Rue (Médina de Tunis)

17H00 Présentation de Wiki Gender par Farah Barqawi e tAya Hesham, 90‘ (EGY) WikiGender: une histoire sur la production collaborative du savoir féministe libre en arabe

Farah Barqawi et Aya Hesham seront présentes à « Tashweesh » Tunis pour partager avec le public tunisien leur expérience dans le projet collaboratif de WikiGender. Il s’agit d‘une plateforme participative qui réunit du contenu sur le savoir féministe libre et ouvert en langue arabe.  Les deux porteuses du projet qui viennent directement d’Egypte parleront du démarrage du projet et de son développement actuel. Cette présentation sera aussi l’occasion pour montrer comment il est possible de travailler ensemble pour aborder des questions de genre, de féminisme et d’autres sujets touchant les femmes.

À PROPOS DE WIKIGENDER:

WikiGender a été lancé en décembre 2016 avec le soutien de l’Institut Goethe du Caire et en collaboration avec la Fondation Arab Digital Expression (ADEF), en tant que plate-forme collaborative produisant des connaissances féministes ouvertes sur les questions relatives au genre, au féminisme et aux femmes en arabe.  Le travail du Wiki est cumulatif et en constante évolution. Il repose en grande partie sur les contributions volontaires de personnes passionnées par la recherche et la rédaction sur le genre, le féminisme et d’autres questions concernant les femmes. Parallèlement à ce travail dans la production de connaissances, l’équipe de WikiGender sélectionne des contenus produits par d’autres qui relèvent des mêmes domaines d’intérêt, qu’il s’agisse de contenu écrit ou multimédia

 

19H00: Un programme de Courts-métrages curaté par Stefanie SchulteStrathaus de L’Arsenal-Institut pour le cinéma et l’art vidéo à Berlin spécialement pour « Tashweesh ».

  • ON A MONDAY Tamer El Said, Egypt 2005, 7 min (arabe sous-titré en anglais)

Synopsis: Un couple marié se redécouvre grâce un changement de routine qui arrive un certain lundi au hasard…

Tamer El Said est un cinéaste égyptien né en 1972. Tamer fonde Zero Production en 2007 pour produire des films indépendants. Il est également co-fondateur de Cimathèque en Egypte. »In the Last Days of the City », son premier long métrage, remporte le Caligari-Award au Forum / Berlinale 2016.

  • 23 BARBIEPUPPEN KIPPEN UM (23 Barbie Dolls Collapse)Dagie Brundert, Gesine Jochems, FRG 1988, 4‘ (sans dialogue)

Synopsis: 23 poupées Barbie à Woolworth trouvées sur une table de marché. Les poupées ont été achetées, libérées, alignées jusqu’à écroulement…

DagieBrundert est née en Allemagne en 1962. Elle réalise principalement des films en Super 8. Gesine Jochems spécialiste des jardins japonais à Berlin, Gesine aime l’esthétique, la proximité de la nature et l’étrangeté de la culture japonaise.

  • TARAHI II, Haris Epaminonda, Chypre, 2006, 4‘(sans dialogue)

Synopsis: Pendant son séjour en Egypte, Haris Epaminonda enregistre des images de télévision prises dans une chambre d’hôtel. Tarahi II est né de ces images là.

Haris Epaminonda artiste chypriote qui vit et travaille à Berlin. Elle coreprésente Chypre à la 52e Biennale de Venise et participe à la 5e édition de la Biennale de Berlin. Plus récemment, ses œuvres ont été exposées entre autres au MoMA à New York et à la Tate Modern à Londres.

  • HAVE YOU EVER KILLED A BEAR? OR BECOMING JAMILA, Marwa Arsanios, Liban 2014, 25’ (arabe sous-titré en anglais)

Synopsis: Vidéo réalisée d’après une performance dont le point de départ était une enquête menée sur JamilaBouhired, une algérienne se battant pour la liberté. Le projet soulève la question de la signification de jouer le rôle de combattante pour la liberté, de devenir une icône.

Marwa Arsanios est photographe et vidéaste libanaise née en 1978. Elle vit et travaille à Beyrouth et elle est l’un des membres fondateurs de l’organisation artistique et du projet de recherche Espace 98 semaines, et l’une des organisatrices du projet itinérant Platform Translation.

  • THE MAKING OF A DEMONSTRATION Sandra Schäfer Germany 2004, 11’ (Dari/German)

Synopsis: Le film se concentre sur la reconstitution d’une manifestation de femmes contre l’interdiction du travail introduite par les talibans. Les prises de vue ont eu lieu lors du tournage du long métrage afghan Osama en novembre 2002 dans les rues de Kaboul.

Sandra Schäfer, née en 1970 à Altkirchen, est une artiste qui vit à Berlin. Ses œuvres artistiques traitent de la production d’espaces urbains et transrégionaux, de l’histoire et de la politique visuelle. Ses œuvres ont fait l’objet d’expositions internationales. Elle est membre du projet de distribution féministe Cinenova à Londres depuis 2010.

JOUR 3 – 8 DÉCEMBRE (dernier jour du festival) Association l’Art Rue (Médina de Tunis)

17H00 : « XYZ », performance vidéo par Wafa Ben Romdhane, Houwaida Hedfi et Bochra Tabboubi, 30’ (TUN)

XYZ est une performance audiovisuelle réalisée par Wafa Ben Romdhane (création vidéo, textes et voix), Houeida Hedfi (musique et textes) et Bochra Tabboubi (illustrations).

C’est l’histoire de la rencontre furtive/fictive de trois vieux compagnons nommés; X, Y et Z. S’entremêlent mémoire, nostalgie et convoitises.

18H00: Concert de Hip-hop féminin avec MEDUSA TN suite au workshop

«Flygirls » qui aura lieu du 4 au 7 décembre au local de Debo Tunis (TUN)  MEDUSA TN est une rappeuse tunisienne. Après avoir été initiée à la culture hip hop dès l’âge de 10 ans, elle s’intéresse au break dance puis au Rap. Elle réussit à se faire une place sur la scène musicale dominée par les hommes en Tunisie. Adolescente, elle fait ses premières apparitions sur scène et participe à des projets en Tunisie et à l’étranger.

Elle crée un buzz en 2011 dans le monde arabe en mettant en ligne la chanson « Tounsiya, proud of it » dans le cadre d’une compilation allemande de la révolution tunisienne.

La vidéo attire plus de 3 millions de vues la nuit de sa publication.

MEDUSA travaille avec de nombreux artistes tunisiens et internationaux (Dj Killer, Spinoza, Odissee …), et joue dans les quatre coins du monde (Maroc, Liban, Égypte, Jordanie, Allemagne et États-Unis). MEDUSA participe à des festivals tels qu’Asslamoualaykom Nouakchott en Mauritanie et Clandestino en Suède mais aussi Bougarnin et Chouftouhonna dans son pays d’origine.

En France, elle fait des apparitions au cours des 18 derniers mois dans le cadre du projet de rap féminin Call Me Femcee.

La sortie de son dernier EP « Citizen of the World » est prévue pour octobre 2018.

Ce concert sera le résultat d’un workshop de Hip Hop féminin intitulé « Flygirls » organisé par le Goethe-Institut Tunis et l’association CHOUF dans le cadre de Tashweesh.

22H00: CLÔTURE DU FESTIVAL TASHWEESH AU TANGERINE ROOFTOP – GAMMARTH

Djset de DEENA ABDELWAHED et autres invitées (TUN)

Productrice et DJ tunisienne, Deena Abdelwahed arrive en France à 26 ans après avoir fait ses armes sur la scène de Tunis et participé au collectif Arabstazy. Ses DJ sets hybrides à la pointe des subcultures, notamment son DJ set à Sonar en 2017 (Top 10 du festival dans le NY Times) révèlent la jeune tunisienne auprès des festivals et événements prescripteurs du clubbing exigeant (Boiler Room, Concrete, Room For Resitance, Säule/Berghain…). Seules la nouveauté et l’audace comptent pour se faire une place dans les playlists de Deena. En tant que productrice, elle remporte un appel à projet et signe une performance remarquée au festival CTM de Berlin (« All Hail Mother Internet »). Son premier maxi « Klabb » sort début 2017 sur InFiné et suscite un vif intérêt de la part des médias. La même année, elle collabore au second album de Fever Ray « Plunge » et signe le titre « An Itch ». Le 19 novembre 2018 Deen aAbdelwahed sortira son premier album « Khonnar ». Ce mot tunisien intraduisible évoque le côté sombre, inavouable et dérangeant des choses. Avec cet album Deena bouscule les codes de la bass music, de la techno et de la musique expérimentale et signe le manifeste d’une génération qui ne cherche ni à plaire ni à se conformer, qui reprend le contrôle de son identité avec pertes et fracas.