Grande-Bretagne : une ville anglaise ferme les yeux sur des centaines d’abus sexuels sur mineurs

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Entre 1997 et 2013, 1 400 mineures ont servi de jouets sexuels à des hommes d’origine pakistanaise dans une ville de Grande-Bretagne. De peur d’être taxées de racisme, les autorités locales ont préféré fermer les yeux pendant des années sur ce drame.

Le scandale éclate en 2014 lorsque le professeure Alexis Jay, une inspectrice des affaires sociales, avait été chargée par le conseil municipal de la ville de Rotherham de mener l’enquête après des révélations effrayantes dans le quotidien Le Times qui parlait en 2013 «d’abus endémiques d’adolescentes vulnérables par des hommes plus âgés, la plupart d’origine pakistanaise» et qui révélait dès 2012 des documents confidentiels prouvant l’inaction des services sociaux et policiers dans la ville de Rotherham.

Après investigation, le professeure publie, le 26 août dernier, un rapport glaçant de 159 pages qui dévoile comment, pendant plusieurs années, au moins 1 400 jeunes filles, toutes âgées de moins de 16 ans, ont été abusées sexuellement. L’ancienne travailleuse sociale spécialiste des quartiers défavorisés parle «d’enfants aspergés de pétrole et menacés d’être brûlés, menacés avec des armes ou forcés d’assister à des viols violents, et menacés de subir le même sort s’ils parlaient». Elle parle notamment d’une fillette de 11 ans violée par plusieurs hommes, «les victimes étaient violées par de nombreux hommes, envoyées pour être exploitées dans d’autres villes du nord de l’Angleterre, enlevées, battues et intimidées» ajoute-elle. «Personne ne connaît l’ampleur de l’exploitation sexuelle qu’ont subie des enfants ici à travers les années», écrit le professeur. « Il est difficile de décrire la nature effroyable des abus dont ces petites victimes ont souffert» conclut-elle.

Le choix des victimes ne s’est pas fait par hasard, en effet, la majorité des victimes étaient vulnérables, placées hors de leurs familles et  connues des services sociaux. Elles étaient pour la plupart des filles «britanniques blanches» âgées entre 11 et 16 ans, mais les victimes les plus récentes étaient d’origines pakistanaises, cachemiri ou encore Roms. Les agresseurs eux, étaient majoritairement des hommes d’origine pakistanaise.

Comment un tel drame a pu avoir lieu sans que personne ne bouge le petit doigt pour sauver ces enfants ?

Dans son rapport, le professeur Jay affirme que les services de protections de l’enfance et les élus étaient au courant de ce qui se passait dans cette ville industrielle du nord-est de l’Angleterre. Selon elle, ces derniers avaient été alertés par trois précédents rapports établis entre 2002 et 2006. La municipalité pensait qu’il s’agissait d’un problème ponctuel et les fonctionnaires «ne croyaient pas les chiffres». Quant à la police, elle «regardait beaucoup de ces enfants victimes avec du mépris et n'a pas traité leur abus comme un crime.» dénonce Alexis Jay dans son rapport.

Un rapport gouvernemental publié le 4 février dernier vient confirmer les dires de Jay et affirme que les services municipaux étaient au courant de plusieurs affaires et qu’ils ont fermé les yeux parce qu’ils avaient sous-estimés la gravité des faits et parce que plusieurs fonctionnaires avaient peur de passer pour des racistes.

Après ces révélations, de nombreux membres du conseil municipal de la ville ont présenté leur démission. Le gouvernement qui a décidé de se charger de ce dossier a déclaré qu’une enquête a également été ouverte afin de déterminer le rôle d’une dizaine de policiers dans l’affaire. Les élections municipales devraient aussi être avancées à 2016.

 

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