Hanene Eleuch, Fatma Nasser, Marwa Agrebi ou encore Samira Magroun et Najla Ben Abdallah, toutes sont passées entre les doigts de fée de Molka Gharbi. Ce qui fait le succès de cette jeune maquilleuse de 28 ans auprès des stars ? Son amour pour le maquillage et sa maîtrise parfaite des pinceaux pour un rendu naturel à souhait. Mais derrière son visage angélique et sa silhouette fluette se cache une jeune femme qui n’a pas peur des défis et qui a fait de sa passion son métier. Rencontre avec cette magicienne des pinceaux.

Peux-tu nous parler de ton Parcours ?

J’ai suivi des études d’hôtellerie à l’Institut des Hautes Etudes Touristiques de Sidi Dhrif et me suis spécialisée dans la restauration. J’ai par la suite tenu le restaurant familial à Bizerte, ma ville natale, avant de suivre une formation de préparation au Cabin Crew Attestation (hôtesse de l’air). Cette formation m’a d’ailleurs permis de ne pas faire une année blanche mais surtout d’obtenir un diplôme de secourisme et d’apprendre à gérer les situations de crise. J’ai également eu la possibilité d’intégrer l’équipe du Comptoir de Tunis où j’ai eu plusieurs tâches : administration, responsable d’achat, ressources humaines, responsable de salle… mais ce n’était pas ma vocation. Je sentais que tout cet univers ne me correspondait pas. Je prenais par contre beaucoup de plaisir à me maquiller pendant mes pauses et à me prendre en photo. Je me suis rendue compte que tout tournait autour du maquillage.

Comment as-tu appris à maquiller ? Est-ce un don ?

Tout est instinctif ! On a ce don ou on ne l’a pas. Le maquillage c’est un art, c’est comme la peinture, le dessin ou la musique, on se découvre une passion pour ces choses-là. C’est pareil pour l’univers du makeup. Depuis toute jeune, j’ai été attirée par cet univers. D’ailleurs, même pendant mes années lycée, je me rendais en cours avec des paillettes sur les yeux [rires]. Et j’ai appris sur le tas, je testais des looks beauté sur moi et laissais libre cours à mon imagination et ma créativité. Je me documente également beaucoup et suis les maquilleurs professionnels sur leurs chaînes Youtube pour apprendre les bonnes techniques.

Comment ça a démarré ?

Tout a commencé sur un groupe Facebook dans lequel je postais des photos de moi maquillée. Le succès a été immédiat. Tout le monde m’a contactée pour savoir si j’étais maquilleuse et si je pouvais les maquiller. J’ai accepté de maquiller 2 clientes, ensuite tout l’été a été booké, saison des mariages oblige. Mais le véritable challenge pour moi à ce moment-là, a été de maquiller des mariées qui m’ont fait confiance et qui ont insisté pour que je réalise leur mise en beauté. Et c’est comme ça que c’est parti. J’ai également compris l’utilité et l’importance des réseaux sociaux, j’ai alors amélioré mon compte Instagram en y postant tous les maquillages réalisés sur moi-même et mes clientes pour attirer, entre autres, la clientèle tunisoise.

Comment décris-tu ton style de maquillage ?

C’est tout moi ! Cela dépend de l’humeur du moment ! Je peux très bien réaliser un makeup sexy, classe, doux ou naturel. Mon but ultime lorsque je maquille, c’est de me rapprocher le plus de la réalité, de respecter la nature de la personne qui m’a fait confiance en me confiant son visage. Ma plus grande satisfaction c’est lorsque ma cliente ne s’aperçoit pas de la couche de maquillage appliquée, qu’elle arrive à se reconnaître dans la glace en découvrant le résultat.

Quelles sont les difficultés du métier ?

J’essaie toujours de satisfaire les demandes de mes clientes mais parfois, je suis obligée de donner mon avis. Les filles qui viennent me voir s’identifient trop aux photos trouvées sur internet alors que tout le monde sait que les photos sont le plus souvent retouchées. Je tente donc de les convaincre et de les orienter vers un maquillage qui leur sied mieux. Toutefois, ce que je n’accepte pas, c’est de changer le teint de mes clientes. Certaines veulent avoir le teint plus clair que leur carnation et ça, pour moi, c’est un sacrilège. Il faut savoir que le métier de maquilleur n’est pas de tout repos car il faut aussi gérer le stress des clientes et faire en sorte que leur séance de maquillage devienne un vrai moment de plaisir. Il faut aussi beaucoup de sang froid, savoir répondre à leur attentes. J’ai également beaucoup de responsabilité du fait que je travaille seule sans équipe pour le moment.

Et qu’est ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais ?

Tout ! C’est mon plaisir, ma passion. La satisfaction de voir une cliente heureuse au moment de se découvrir n’a pas de prix pour moi. J’aime aussi cet aspect de mon métier où l’on découvre de nouvelles techniques et de nouveaux produits de maquillage, c’est mon dada.

Quelle est ta définition de la beauté ?

C’est d’être aussi beau de l’intérieur qu’à l’extérieur. Une personne peut être très belle de l’extérieur mais quand l’intérieur ne suit pas, ça gâche tout ! Le contraire est aussi valable. La beauté c’est aussi un tout : la manière de parler, de se tenir, la spontanéité, la bonté de cœur, la douceur…tous ces éléments réunis font qu’une personne soit belle ou pas.

Des projets ?

Je compte prochainement ouvrir un petit salon de beauté à Bizerte tout en continuant à travailler en freelance sur Tunis. Je sais que je peux faire les deux. J’ai aussi envie d’offrir à mes clientes un espace où elles se sentent bien surtout pour les mariées, un espace intime où elles se feront chouchouter, un peu comme si elles étaient dans une chambre d’hôtel. Leur bien-être est pour moi primordial.