L’écrivaine, journaliste, influenceuse et fashionista Sofia Guellaty vient de lancer son nouveau magazine en ligne, « Mille World »,  dans lequel la mode, la beauté, la culture et le lifestyle dans le monde arabe sont mis en avant. La jeune femme s’est entourée des meilleurs rédacteurs pour donner à la femme arabe la voix dont elle a besoin.

Celle qui a travaillé depuis ses 16 ans et qui est passée par les grands féminins tels que ELLE, Style.com ou encore Vanity Fair, a posé ses valises en Tunisie après une longue période passée à l’étranger. L’occasion pour Femmes de Tunisie de lui poser des questions sur ce nouveau bébé dans le monde des médias féminins.

Femmes de Tunisie : D’où vous vient votre passion pour la mode ?

Sofia Guellaty : Des ELLE que lisait ma mère et de Sex and the City.

F.D.T : Et votre passion pour les mots et l’édition, c’est votre père, fondateur des éditions Demeter, qui vous l’a communiqué ?

S.G : Certainement ! Vous savez Œdipe est partout ! Comme lui, j’ai voulu me lancer dans le marketing car il avait fondé Label une agence de pub. Et comme lui je voulais écrire. J’ai été publiée très jeune, en partie pour le rendre fière. Par contre, mon amour de la mode, je le dois plutôt à ma grand-mère et à son studio de couture qu’elle avait chez elle.

F.D.T : Vous avez intégré les plus grands magazines internationaux, assisté aux fashionweek dans le monde, côtoyé les célébrités de la mode. Comment avez-vous mis le premier pied dans cet univers?

S.G : Je crois beaucoup aux stages. Avant de commencer ma carrière, j’avais dans mon carcan des stages chez Elite, ELLE, Chloé, et une boite de relations presse à New York. On ne peut rien faire sans s’être formé auparavant selon moi.

F.D.T : Style.com, VanityFair, Elle, Mille etc. laquelle de ces expériences vous a le plus marqué ?

S.G : Toutes… pour des raisons différentes. Mais il est vrai que je n’oublierai jamais mon premier article dans le ELLE. C’était une petite news sur une nouvelle marque de sacs. Mais ouvrir ce magazine et voir mon nom dedans m’a donné le tournis.

F.D.T : Comment présenter Mille World ?

S.G : MILLE est une plateforme numérique unique en son genre dédiée à l’identité arabe. En réunissant des opinions sans réserve, et certaines des voix les plus influentes de la région, MILLE met en lumière la culture de la jeunesse de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient.

À travers les prismes de l’art, du voyage, de la beauté, du style de vie et de la mode, MILLE a pour but de briser les clichés et d’unir en toute transparence les talents locaux avec une perspective globale.

Parce que nous chérissons nos racines et sommes toujours curieux de mieux connaître notre monde si riche, parce que nous vivons aussi pour voyager et découvrir d’autres horizons, et surtout parce que nous explorons ce que signifie réellement être un jeune arabe en 2018, MILLE se veut un média contemporain et agitateur.

Notre génération est unie par nos contradictions. Nous avons une soif insatiable de connaissance et une soif de culture – mais nous sommes aussi profondément conscients de notre responsabilité sociale.

MILLE se veut le media de toute une génération de jeunes arabes qui ont plus que jamais besoin d’une représentation positive et curieuse du monde qui les entoure.

MILLE valorise les expériences intemporelles, célèbre la diversité et donne aux jeunes une vraie fierté et une voix sur laquelle ils peuvent compter.

F.D.T : Votre rubrique coup de cœur ?

S.G : Les nouveaux designers Arabes mûrs pour le marché international et les articles de fond comme « Un Déjeuner chez Alaïa » ou « Il faut décoloniser nos standards de beauté »

F.D.T : Qui est l’équipe de Mille ?

S.G : Nez Gebreel (CEO fondatrice du Dubai Design and Fashion Council), Myriam Djelouat (ancienne directrice de la communication de Hermès Moyen-Orient et Asie du Sud-Est) et moi-même avons fondé ce média. Entourés de gens formidables comme Amina Kaabi, Olfa Farhat, ou Moez Akkari.

Le conseil consultatif de MILLE comprend SAS Reema Bint Bandar Bin Sultan Bin Abdulaziz al Saud, Afef Jnifen, mannequin et entrepreneur, Saif Mahdi Président de NEXT Models Paris et Lina Lazaar, Vice Présidente de la Fondation Kamal Lazaar.

F.D.T : Comment dealez-vous avec le choix contraignant des 3 langues ? Les articles sont écrits en quelle langue en premier ?

S.G : Ça dépend du journaliste mais nous avons une super équipe de traducteurs et relecteurs pour faire en sorte que les articles soient parfaits dans les 3 langues.

F.D.T : La Tunisie ne devrait-elle pas être plus mise en avant dans votre magazine ?

S.G : Elle l’est énormément déjà. Nous avons fait notamment un article sur le superbe photographe Zied Ben Romdhane et la région de Gafsa, et même une recette de chakchouka ! MILLE s’adresse à la jeunesse du monde Arabe, celle-ci, à l’instar de notre amie et collaboratrice Amoniak, voyage culturellement partout dans la région. MILLE s’intéresse à la question « qu’est ce que c’est que d’être un jeune arabe aujourd’hui ? » Et ça passe forcément par « qu’est-ce que c’est d’être un jeune tunisien » aussi.

F.D.T : Que pensez-vous de l’évolution de la mode en Tunisie ?

S.G : Trop lente à mon goût ! Il faut travailler plus sur les finitions et proposer une mode plus urbaine, plus « trendy ».

F.D.T : Du monde de la presse féminine en Tunisie?

S.G : J’aime beaucoup FDT et FF Designers ainsi qu’Ideo.tn.

F.D.T : Et de l’ascension des blogueuses-influenceuses mode/beauté en Tunisie ?

S.G : Je les adore ! J’adore les suivre elles me font rire et m’apprennent des trucs.

F.D.T : Votre référence en termes de succès éditorial ? Souhaitez-vous la même évolution à Mille World, ou bien vous avez une autre vision?

S.G : J’espère que MILLE tracera sa route et deviendra le media de référence pour toute une génération d’arabes fiers de l’être !