« Sans passion, il n’est point de grand homme » et la passion, Khaoula Ben Romdhane l’a vue naître pour le stylisme alors qu’elle était encore enfant. La jeune femme de 35 ans lance sa propre marque Velvet Couture alors qu’elle est encore étudiante à ESMOD et a déjà participé à plusieurs manifestations de mode que ce soit à Beyrouth, à Dakar ou encore à Casablanca. De Khaoula Slimani, Imene Cherif et Ons Jabeur, en passant par Asma Ben Ahmed et Salma Mahjoubi jusqu’à Hend Sabry, toutes ont porté une création «Velvet Couture». Découvrez le parcours de cette passionnée des tissus, des fils et des aiguilles.

Hend Sabry et Hinde Boujemaa habillées par Velvet Couture 

Femmes de Tunisie : Parle-nous de ton parcours

Khaoula Ben Romdhane : Après le bac, je me voyais déjà intégrer ESMOD mais vu mon score élevé en terminale, mon père avait refusé que je fasse du stylisme. Il voulait que je fasse l’ISG comme lui et j’ai dû suivre ses pas. J’ai eu un diplôme en informatique appliquée à la gestion mais mon âme d’artiste a repris le dessus. Je me suis donc inscrite à l’UAD pour suivre des études en audiovisuel et cinéma et me suis spécialisée dans le montage. J’ai travaillé pendant deux ans tout en ayant toujours cette envie de faire du stylisme. C’est à ce moment que j’ai décidé de démissionner alors que j’étais enceinte de mon aîné pour m’inscrire à ESMOD.

FDT : Comment est née Velvet Couture ?

KBR : J’ai toujours été passionnée par le monde du stylisme. Depuis toute petite, je me rendais chez ma tante qui avait un atelier de confection et j’utilisais les chutes de tissus pour créer les robes de mes poupées. Plus tard, je customisais et personnalisais mes vêtements. C’est de cette manière que ma passion pour le stylisme est née. Après deux années passées à ESMOD, j’ai suivi une année de formation en moulage en Allemagne. Entre temps, j’ai lancé ma marque « Velvet Couture »  et participé à la Fête Internationale de la Mode qui a pour vocation de promouvoir les jeunes créateurs tunisiens. J’y ai obtenu le deuxième prix qui m’a permis de participer à la Fashion Week de Beyrouth 2016.

FDT : Le nom de ta marque évoque le velours. Pourquoi avoir choisi ce tissu en particulier ?

KBR : Le velours est un tissu que j’adore, c’est ma matière préférée depuis que je suis petite. Je trouve que c’est une matière reine, douce, noble, agréable à porter, sensuelle, chic. Le velours est indémodable, si je le pouvais, je le porterais même en été [Rires]. Si j’en avais eu la possibilité, je ne travaillerais qu’avec du velours mais la réalité du marché m’impose d’autres tissus. Mais je tiens à ce qu’il y ait à chaque collection automne-hiver, une série de robes en velours que mes clientes apprécient beaucoup d’ailleurs.

FDT : En 3 mots, comment définirais-tu Velvet Couture ?

KBR : Chic, élégance et féminité. Je trouve que ma marque est un hommage à la femme gracieuse, élégante et féminine. A travers mes créations, j’essaie de faire ressortir tous les attraits et le charme de mes clientes.

FDT : Où puises-tu ton inspiration ?

KBR : Je m’inspire de tout. Je peux très bien m’inspirer de grands créateurs comme des choses simples du quotidien. J’aime beaucoup les créations Valentino et Elie Saab. D’ailleurs, toutes les collections Valentino représentent ma marque et ce que j’ai envie de faire.

FDT : Tu utilises plusieurs types de tissus dans tes créations. Est-ce que tu t’approvisionnes en Tunisie ou les ramènes-tu de l’étranger ?

KBR : Je ramène mes tissus de l’étranger, généralement de Paris, Dubaï et de Turquie. J’utilise rarement les tissus que l’on trouve ici sauf en cas d’urgence. Par exemple, lorsqu’une cliente me demande un modèle et que je n’ai plus la quantité de tissu nécessaire à la confection, j’en achète de chez mon fournisseur en Tunisie.

FDT : Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées en lançant ta marque ?

KBR : Les difficultés financières avant tout mais aussi la saturation du marché. Nous sommes trop nombreux à offrir les mêmes style et type de robes. Chez nous, tout le monde peut devenir créateur même s’il n’a pas suivi de formation en stylisme au préalable et ceci peut porter préjudice à notre travail.

FDT : Quels sont tes projets ?

KBR : Je suis entrain de préparer un défilé dans le cadre du prochain Festival de Cannes et compte également ouvrir une boutique Velvet Couture en Allemagne dédiée aux robes de mariées. Il s’agit d’un projet qui me tient à cœur et dans lequel je compte beaucoup m’investir. Les robes seront évidemment beaucoup plus dans la simplicité vu la demande du marché allemand.