Rencontre avec Aladin Ayadi, mannequin tunisien international

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À 27 ans, Aladin Ayadi mène une carrière à l’international en tant que mannequin —même s’il a fait 9 ans de Kanoun. Basé aujourd’hui à Shanghai, cet originaire de Jendouba défile pour les plus grands, comme Lacoste, et apparaît dans des magazines de prestige, comme Vogue China. Comment tout a commencé ; meilleure expérience professionnelle ; pourquoi avoir choisi une carrière à l’international, etc. : rencontre avec Aladin Ayadi, mannequin aux yeux de cristal et à la chevelure de Samson. 

Raconte-nous ta première expérience professionnelle

2013 dans La Vie en Vogue, en Egypte. La styliste du magazine m’a demandé de faire des photos. Il y avait à l’époque l’actrice égyptienne Rahma Hassan, que je ne connaissais même pas à l’époque car je ne regarde pas beaucoup de feuilletons. J’ai senti que tout le monde voulait commencer par le mannequinat et s’orienter plus tard vers la comédie.

Quand est-ce que tu as senti que ta carrière avait réellement changé ?

Tout récemment, grâce à Vogue China. J’avais déjà travaillé par le passé avec Tom Ford mais Vogue reste Vogue. C’était pour le lancement d’un lipstick pour hommes et femmes, à Pékin. Des mannequins de plusieurs villes chinoises ont été castés et on en a choisi un seul. Il y a eu également Lacoste.

Comment as-tu réagi en découvrant ton visage dans la rue ?

Mes amis l’ont découvert et j’ai couru dans le métro pour prendre une photo ! C’était très sympa mais je m’attendais à autre chose.

Qu’est-ce qui compte le plus pour être mannequin : le physique, le travail ou la chance ?

La chance n’intervient pas dans l’histoire. Il y a du travail ensuite Dieu te facilite les choses. Pour le physique, même si tu es aidé, ça ne suffit pas. Si tu te la pètes au casting ou que tu fais la gueule, ce n’est même pas la peine d’y aller ! Même si tu n’es pas accepté, ce n’est pas grave : next time !

Quelles sont les choses les plus difficiles mais que tu dois quand même faire avec ?

Pour les campagnes d’hiver, on fait des shooting en été avec des vêtements d’hiver et vice-versa. Tu te retrouves des fois sur le toit, à -5°C, le nez tout rouge, à faire des photos pour des collections d’été. J’ai aussi fait une fois un photo shoot dans la neige avec un mannequin en bikini. Je me suis retrouvé aussi dans ville chinoise, à 40° C, avec des vêtements d’hiver. Je n’avais qu’une envie : partir !

Ta pire expérience ?

En Égypte où l’on m’a arnaqué. Ce n’est pas une question d’argent mais plutôt le fait que tu te sentes débile.

Tes meilleures expériences ?

Shanghai Fashion Week, Fashion Show Lacoste, la campagne Le Coq Sportif.

Ma famille refusait que je devienne mannequin. Quand j’ai décroché un contrat en Égypte, j’ai pris l’avion sans prévenir qui que ce soit. C’était pendant la révolution et on pensait que j’étais allé en Syrie.

Tu préfères le défilé ou le photo shoot ?

Le photo shoot. Pourquoi ? Parce qu’il permet de gagner plus d’argent en une heure. En saison creuse, les prix peuvent être très bas car il y a beaucoup de mannequins et peu de clients.

Quels sont les clichés, vrais et faux, sur les mannequins ?

En ce qui concerne les vrais clichés, il y a effectivement des personnes qui mangent du coton ou qui se font vomir après avoir mangé. Sinon, on dit que les mannequins veulent épouser des femmes ou des hommes riches. Ce n’est pas vrai, même si l’on retrouve ce cas un peu partout.

Y a-t-il des disputes entre mannequins comme on pourrait le voir dans les séries ?

Il y en a beaucoup… mais pas avec moi.

Pourquoi as-tu choisi une carrière à l’étranger ?

Parce que tout se passe à l’étranger. On m’avait refusé à un casting en Tunisie. D’ailleurs, non seulement personne ne m’a aidé ici mais en plus la personne qui m’a découvert est un Français de ESMOD Tunis rencontré en boîte. Il y a eu également une photographe ukrainienne qui a voulu un test shooting. En réunissant les deux séries, j’ai ouvert un compte sur models.com. Une agence en Russie m’a contacté et je n’ai répondu qu’après 1 an, soit vers le mois d’août 2014. De là, on m’a envoyé en Chine.

En Tunisie, ce sont toujours les mêmes problèmes : pas d’agence de mannequin, parfois une seule agence qui fait aussi des publicités sur les yaourts une fois tous les 3 ans et on t’amène en plus des cousines au casting. Ce dernier est d’ailleurs totalement inutile puisque les acteurs sont souvent choisis à l’avance.

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Mood ! #malemodel #modellife #instagood

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La fashion week de Tunis est prévue pour le mois de juin. As-tu quelques critiques à faire ?

Il faudrait qu’une personne différente organise la Fashion Week et qu’il y ait une sorte de Fashion Policy instaurée. Ce n’est pas parce qu’un créateur de mode paie une grosse part qu’il doit nécessairement y participer. Il faut faire venir des experts en mode et de là accepter ou non leur candidature. S’ils ont envie de payer, c’est une décision qui leur appartient. 

Et puis, il faut choisir un bel endroit et inviter beaucoup de personnes importantes et de magazines, comme Vogue Arabia, Harper’s Bazaar Arabia, etc.

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Fashion week 🥴 #malemode

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Un remède contre le jet lag ?

Faire la fête et ne pas dormir.

Le plus bel endroit visité ?

Bali.

Ton style ?

Il s’adapte en fonction de l’endroit.

Tu as de vrais amis mannequins tunisiens ?

Non.

Es-tu satisfait de ta carrière ?

Je suis content mais j’aimerais travailler davantage pour être encore plus heureux.