« Bonjour bonjour petit monde d’amour ». Avec son bonjour matinal, Raya Bouallegue a l’art et la manière de nous mettre de bonne humeur. Son rire contagieux, sa spontanéité et sa joie de vivre en font l’une des influenceuses tunisiennes les plus suivies sur Instagram. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que près de 900 000 followers sont abonnés à son compte, des followers qu’elle appelle amoureusement « Pink Trip family ». Sincère et généreuse, la jeune femme déborde d’énergie et compte animer nos journées pour encore très longtemps. Entretien avec La Rayou.

Qui est Raya Bouallegue ?

Je suis une digital influencer de 38 ans passionnée par ce que je fais. J’ai fait des études d’art et j’ai une maitrise en arts plastiques et céramique. Après mes études, j’ai complètement changé de secteur puisque je me suis essentiellement spécialisée dans la vente, au début avec « La cave privée » ensuite en travaillant dans l’immobilier.

Justement, pourquoi cette envie de changer de secteur ? 

Déjà, il faut que je vous explique pourquoi j’ai voulu faire des études d’art. C’était en fait un choix personnel, je voulais vraiment faire les beaux-arts afin de pouvoir m’exprimer. Je suis un électron libre, je n’aime pas ce qui est formel, je ne me voyais donc pas intégrer une université où tout est millimétré. Ensuite, j’ai voulu tenter une nouvelle expérience qui est la vente et me suis découvert une vocation. C’est l’un de mes points forts d’ailleurs. Mais j’ai très vite été rattrapée par mes premières amours : l’art (rires). J’aime la photographie et le côté esthétique des choses, l’apparition d’Instagram m’a poussée à poster mes photos et à avoir une petite communauté.

Quand tu as décidé de te lancer sur les réseaux sociaux, avais-tu un objectif particulier ? 

Pas du tout, aucun objectif ! C’était « free style », je ne voulais que faire de jolies photos et les poster sur Instagram. Quand je m’y suis lancée, c’est surtout parce que c’était amusant de pouvoir poster des photos et d’utiliser des filtres. En plus, à l’époque, on n’était pas nombreux à se spécialiser dans la photo donc on pouvait se faire remarquer facilement. Juste après, il y a eu Snapchat qui m’a réellement fait connaître auprès de ma communauté. C’était une vraie révolution de pouvoir faire des vidéos, ça a permis aux gens de me connaître et d’appréhender ma vraie personnalité. Ils ont aimé le personnage (rires) puisque j’ai partagé avec eux mon quotidien au boulot, chez moi, lors de mes sorties…

En parlant de ça, as-tu défini des limites entre ta vie sociale sur les réseaux sociaux et ta vie privée ou partages-tu absolument tout ? 

Avant non ! Je montrais TOUT, absolument tout puisque je le faisais pour le fun. Aujourd’hui, je ne partage plus ma vie privée. Je ne montre que ce que j’ai envie de montrer et ce que je trouve nécessaire à partager avec mes followers. Il y a eu trop de pression par le passé, tout est dévoilé, il n’y a plus d’intimité. J’avais donc envie de me protéger pour mon bien-être personnel.

Comment choisis-tu les marques avec lesquelles tu collabores ? 

Il faut que la marque me corresponde, c’est très important qu’elle soit un minimum structurée. Il faut aussi que les produits me plaisent. Pour cela, je les teste avant afin de pouvoir donner un avis objectif. Il y a aussi le feeling avec les personnes derrière les marques, il faut qu’on soit sur la même longueur d’ondes parce que je n’aime pas qu’on m’oblige à dire des choses et qu’on me dicte au préalable ce que je dois dire. Je veux être à l’aise avec la marque et le produit.

Ta brume parfumée en collaboration avec Zynia a eu beaucoup de succès. Comment t’es-tu impliquée dans ce projet ? 

Alors, c’est un projet très particulier car le courant est tout de suite passé avec Selima (Ndlr : fondatrice de la marque Aseptika). Je la connais d’ailleurs depuis des années. En 2013, elle m’avait déjà fait part de son projet et m’a fait tester ses tout premiers produits. Et des années plus tard, il y a eu cette collaboration entre nous deux. Je lui ai fait confiance quant à la qualité des produits car elle est pharmacienne. Pour la brume, le produit existait déjà, on l’a juste adapté à ma personnalité. J’ai donc choisi la fragrance et le packaging pour que ça puisse correspondre à ma personnalité. Je l’ai ensuite testée pendant un moment avant son lancement pour voir un peu les failles. On a d’ailleurs changé la pompe qui n’était pas très efficace… Je me suis impliquée de A jusqu’à Z comme ce que j’avais fait avec le gel douche Pink Trip de C’fresh.

D’ailleurs, comptes-tu développer ta propre marque de cosmétiques ?

L’idée trotte depuis longtemps dans ma tête. C’est dans mes projets mais je préfère ne pas me lancer tout de suite et garder mon énergie pour d’autres projets.

Qu’est-ce que ça fait d’avoir remporté le World Travel Influencer Award parmi une dizaine d’autres influenceurs venus du monde entier ? 

Mayssa (Ndlr : manager de Raya) et moi, on ne s’y attendait absolument pas. C’était une vraie surprise. D’ailleurs, quand ils ont annoncé mon nom, on n’était même pas attablées (rires). On était dehors sur la terrasse et on a entendu « RAYA BOUALLEGUE ». C’était incroyable !

Est-ce que tu souhaites profiter de ta notoriété pour passer des messages et parler de causes qui ont de l’importance pour toi ? 

Ma Pink Trip family sait à quel point la question environnementale est importante pour moi. Je n’arrête pas de le montrer à travers mes stories, à pousser les gens à utiliser des produits naturels, à limiter l’utilisation du plastique, à penser au tri, à ne pas polluer l’environnement dans lequel ils vivent… ça ne coûte rien d’avoir un sac dans sa voiture et d’y jeter ses saletés au lieu de tout balancer par la fenêtre, ça ne coûte rien non plus d’utiliser un couffin ou un tote bag pour faire ses courses. Trouvez-vous normal d’aller dans des plages « désertes » ou des forêts loin de tout et de trouver des saletés partout ? Je ne suis pas parfaite mais je fais de mon mieux, si chacun de nous faisait un petit effort en changeant ses petites habitudes de consommation, tout irait mieux. J’espère de tout cœur que le message passera.