Quand un banquier dérape face à des clients

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La violence croissante n’est pas juste le thème de la dernière pièce de théâtre de Fadhel Jaibi dans laquelle le metteur en scène  nous balance, en pleine face, la réalité d’une société plus violente que jamais. Sans aller jusqu’au crime, nous vivons tous les jours dans un entourage immédiat où agressivité et manque de respect riment avec quotidien.

Manque de respect, mais aussi incivisme, non professionnalisme, le tout agrémenté d’une violence verbale et physique dans un lieu supposé respectable et respecté, en l’occurrence : la banque.

L’incident s’est déroulé hier matin, le 03/08/2016 entre 11:45 et 12:30 dans une agence de la BIAT . Voici le récit de Sonia Naccache cliente de l’agence, venue déposer un chèque :

« Dans le box en face de la porte d’entrée, une conversation assez bruyante s’engage entre l’agent en poste (homme d’assez grande taille, teint clair, cheveux poivre et sel, front dégarni) et une jeune cliente qui semblait faire des reproches à cet agent, sur un ton irrité.

Le ton monte très vite de la part de l’agent qui lui assène, sur un ton audible par toute la salle, qu’elle n’est qu’une « zmigri qui rase les murs dans son pays d’accueil et vient faire la leçon une fois en Tunisie». Ce à quoi la jeune femme lui répond qu’il est « irrespectueux et mal élevé ».

L’agent quitte alors son box en direction de la cliente, des hommes le retiennent. La cliente lui dit alors : « كمّل أضربني », l’agent lui assène alors en arabe : « يلعن دين واليك » « توة نجي نلفك بزوز كفوف »

Outrée par ce que je venais d’entendre ainsi que des dizaines de client(e)s, je demande que cela cesse car il est inadmissible d’entendre ce genre de grossièretés et menaces de violence au sein d’une agence bancaire et de la part de son personnel qui a une obligation de retenue en toute circonstance, par respect au reste des clients.

L’agent qui a proféré les grossièretés et menaces m’a répondu qu’il n’accepte pas d’être insulté par une « zmigri »… Je lui ai répondu qu’il a une obligation de retenue, une hiérarchie qui le protège en cas d’agression et la police à laquelle il peut faire appel et on pourrait tous témoigner en sa faveur.

La jeune cliente étant partie, je continue à discuter calmement de l’incident avec un client devant moi dans la file d’attente. Et voilà que ce même agent explose de nouveau contre moi, cette fois-ci, en m’intimant l’ordre depuis son box de « cesser de discuter de ça » ! Je réponds que je ne lui ai pas adressé la parole et continue ma conversation.

Monsieur attrape alors son veston pour quitter l’agence et de l’autre main attrape sa tasse de café et la fracasse violemment conte le mur en face de la porte d’entrée. Les traces de café décorent le mur de l’agence jusqu’au plafond…

Voilà à quoi sont réduits les clients: accepter d’entendre des grossièretés de la part du personnel ou se faire intimider par la violence verbale puis la menace physique ! C’est indigne de la plus grande banque privée de Tunisie.

La concurrence bancaire étant, heureusement, de mise dans notre pays, si des mesures ne sont pas prises contre ces dérives déplorables et des garanties ne sont pas assurées aux clients contre les employés inaptes au service de guichet, ne soyez pas étonnés des conséquences. »