« Très gentille », « très polie », « aucune personnalité » : ces remarques peuvent caractériser un trouble de la personnalité fréquemment observé au quotidien, que ce soit au bureau ou au foyer. En refusant de donner son avis, en s’effaçant au travail ou en se laissant marcher sur les pieds, une personne fait preuve d’un manque d’affirmation de soi et d’une dépendance aux autres.

Analyse du trouble de la personnalité dépendante.

1. Au bureau, une personne « très gentille » 

Au bureau, la personnalité dépendante est perçue comme serviable, très « gentille » et extrêmement polie. Étant incapable de refuser un service ou une tâche – même les plus compliqués -, elle trahit en réalité une attitude de soumission, à son collègue ou patron, qui installe en elle une perception d’infériorité. Dans le but de n’avoir aucune responsabilité ni engagement à prendre elle-même, elle peut dire « oui » à tout ce qu’on lui demande à condition d’obtenir le soutien de l’autre personne. Pas du tout autonome, ce type de personnalité a constamment besoin d’assistance. Elle doute sans cesse de ses capacités et la moindre petite critique tend à alimenter son pessimisme. Elle peut se porter volontaire et faire preuve d’abnégation au travail quitte à tolérer un traitement verbal et physique agressifs. Malgré leur déséquilibre, ses relations professionnelles sont assez bonnes. Au bureau, une personnalité dépendante s’entend plus facilement avec des personnes ayant d’autres troubles de la personnalité, comme les histrioniques, borderline ou évitantes. À cause d’un manque de confiance en elle, la personnalité dépendante ne va pas se risquer à prendre des initiatives et encore moins à changer de carrière.

2. En couple, la peur d’être abandonnée

En couple, la personnalité dépendante a un énorme besoin d’être prise en charge par son/sa partenaire à tel point que sa peur de la séparation la conduit à avoir le comportement d’une personne « collante ». Elle refuse également de prendre la moindre décision qui puisse décevoir et se cache derrière celles de son/sa conjoint(e). En effet, pour contrebalancer son sentiment d’infériorité, elle laisse son/sa partenaire gérer à sa place des décisions qu’elle juge difficiles. Celles-ci vont du choix de la literie à celui du restaurant en passant par le nom du film à regarder à la télévision ou la destination des prochaines vacances. De peur de blesser la personne qu’elle aime, elle taira son opinion. Chez certaines personnalités dépendantes, la crainte de se retrouver seule et de devoir se débrouiller avec elles-mêmes est si grande qu’elles acceptent des situations de violences physiques ou verbales et d’humiliation de la part de leur partenaire. Très souvent, les relations des personnalités dépendantes sont intenses et instables. 

3. Le besoin de rapidement remplacer son ex

Dans une relation amoureuse, une personnalité dépendante compte sur l’autre pour faire un choix. Le « comme tu veux » est alors un éternel Joker sorti par ces hommes et femmes qui donnent l’impression d’être dépourvus de personnalité. Si la relation avec le conjoint prend fin, la personnalité dépendante cherchera expressément à remplacer celui ou celle qui prenait les décisions par un(e) autre qui reprendra ce poste de « décideur » et qui pourra tout gérer à sa place. Le vide doit être comblé. Contrairement à une personnalité borderline qui réagit à la rupture par un sentiment de colère et de vide émotionnel, la personnalité dépendante le fait en étant plus calme et cherche rapidement une nouvelle relation qui l’épargnera, une nouvelle fois, de toute prise de décision. Et rebelote !

4. Entre amis, pas de prise de position

En groupe, la personnalité dépendante ne va pas se démarquer des autres mais plutôt se fondre. Par exemple, lors d’un débat où différentes opinions sont échangées, la personnalité dépendante fera preuve de neutralité et évitera à tout prix de prendre parti. « Chacun est libre » est l’une des excuses les plus utilisées pour justifier un refus d’implication et d’assomption de responsabilités. Entre amis, la colère est également absente des discussions car ses amis sont considérés comme des personnes qui lui apportent leur soutien. Par peur de perdre leur appui et d’être rejetée du groupe, la personnalité dépendante fera donc preuve de passivité. « Je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas » fait aussi partie des phrases les plus utilisées pour se mettre en retrait.

L’avis de Mohamed Ali ben Mustapha

Psychiatre, psychothérapeute, sexologue, addictologue

« On entend souvent des personnes se plaindre d’avoir l’impression de se laisser marcher sur les pieds. Il s’agit une manière d’exprimer un manque de respect et de considération de la part des autres, une tendance à se laisser faire et à accepter des comportements ou des décisions des autres. Cette attitude s’appelle le manque d’affirmation de soi. L’affirmation de soi consiste en la capacité d’exprimer ses émotions, ses pensées et ses opinions, de même que de défendre ses droits tout en respectant ceux des autres, ceci de façon directe, honnête et appropriée.

Les causes de ce comportement sont multiples, notamment des schémas cognitifs erronés, des idées et des convictions profondément ancrées, qui remontent à l’éducation précoce de la personne et qui conditionnent sa vision de soi et son comportement. Les cognitions les plus fréquentes chez les personnes inhibées et passives sont la peur de blesser et heurter les autres si on exprime son ressenti, la peur du conflit, la peur d’avoir l’air ridicule, la peur de mal faire, la peur d’être différent, la peur du jugement des autres, et surtout la peur de ne plus être aimé si on ose dire « non ». Heureusement, il existe des méthodes efficaces pour améliorer l’affirmation et l’estime de soi et d’éviter les comportements passifs et inhibés. Il s’agit des thérapies cognitives et comportementales (TCC) qui vont aider la personne, à travers des exercices quotidiens, à identifier ses émotions, ses pensées et ses opinions, reconnaître ses droits et ceux des autres, et apprendre à communiquer d’une manière saine, directe et informative. »

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?

Article précédentFondant, mi-cuit, moelleux : quelle est la différence ?
Article suivantQuatre conseils pour avoir des cils XXL
Passionné de météorologie et d’orages grâce au film « Twister », d’astronomie, de jardinage et d’aquariophilie, obsédé de sucreries, fan de David Lynch, Ingmar Bergmann, Depeche Mode, Mylène Farmer, Björk et The Killers, possédé par la musique classique, pacifiste, ne croit en la galanterie que si elle est réciproque, la tête dans les nuages mais les talons bien ancrés au sol, une seule devise : « Why so serious ? ».