Prostitution : les stars américaines s'opposent à sa dépénalisation

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Le débat sur l'abolition, la pénalisation et la réglementation de la prostitution est relativement complexe puisqu'il concerne aussi bien les prostituées, les clients, que les proxénètes qui font du sexe une véritable industrie. Trancher pour les partisans de la dépénalisation ou trancher pour ses opposants n'est pas encore au programme. Pour certains, la pénalisation de la prostitution reviendrait à interdire aux personnes prostituées d'exercer, alors que ce métier peut être parfois assumé et choisi librement. Pour d'autres, cela pourrait stopper l'influence nocive du proxénétisme sur nos sociétés.

L'ONGI Amnesty International s'est récemment exprimée en faveur de la dépénalisation de la prostitution et a publié, le 7 juillet dernier, un compte-rendu qui encourageait le renforcement des droits des travailleurs-euses du sexe et la dépénalisation de la prostitution. Contre toute attente, l'organisation n'a reçu ni le soutien ni l'appui escompté. 400 personnes, comprenant des défenseurs des droits de l'Homme, des professeurs d'universités, des médecins, des associations féministes mais aussi des stars américaines ont signé une lettre ouverte à l'attention d'Amnesty International afin qu'elle ne promeuve pas la dépénalisation de la prostitution. On a pu voir les actrices Lena Dunham, Kate Winslet, Meryl Streep, Carey Milligan ou encore Anne Hathaway exprimer leur mécontentement directement à la télévision ou sur les réseaux sociaux.

Pour les signataires de cette lettre ouverte, la dépénalisation de la prostitution occasionnerait un “apartheid de genre, dans lequel une catégorie de femmes pourrait éventuellement gagner en protection contre les violences sexuelles et le harcèlement et en opportunités économiques, tandis qu’une autre catégorie de femmes, dont les vies sont façonnées par l’absence de choix, seraient mises à part uniquement pour la consommation par les hommes et pour le profit de leurs proxénètes.”

Les membres de l'organisme ont évoqué une "proposition de politique générale" visant à renforcer la protection des victimes de la traite des êtres humains et du proxénétisme. Ils s'opposent « à la pénalisation ou la punition des activités relatives à l’achat ou la vente de services sexuels consentis entre adultes ». Le projet de loi mené par l'ONG devrait être discuté et voté par ses membres du 7 au 11 août prochain à Dublin. Affaire à suivre… 

 
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