Si vos enfants ou des proches ont entre 10 et 15 ans, gardez l’œil sur leurs fréquentations et particulièrement sur les pages et réseaux sociaux auxquels ils ont accès. En Tunisie, deux pré-adolescents ont perdus la vie à cause d’un jeu virtuel, le Blue Whale Challenge, ou encore le jeu de la baleine bleue. Tout droit venu de Russie, ce jeu mortel incite les jeunes à réaliser une cinquantaine de défis dont le dernier est de se donner la mort.

Ainsi, il y a quelques jours, la Tunisie enregistrait les premières victimes de ce jeu dangereux. Un jeune de Zaghouan et une jeune fille de Kélibia. Ailleurs, le jeu aurait déjà fait de nombreux morts, notamment en Russie ou en France où il a fait son apparition il y a un peu plus d’un an. Ces cas de suicide n’ont jusqu’à ce jour aucune preuve de leur lien direct avec le jeu. Toujours est-il que les gouvernements tirent les sonnettes d’alarme et les sociétés civiles essaient de contrecarrer ce phénomène en créant associations et autres groupes sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les jeunes quant au danger du jeu.

Le jeu, qui serait né en Russie, aurait été inventé par 3 garçons en 2015. Suite à sa médiatisation en 2016, le nombre de participants aurait augmenté. Le jeu de la baleine bleue tire son nom de l’hypothèse qui voudrait que les baleines échouant sur les plages « se suicident ». Dance ce jeu, le principe est de suivre les instructions d’un « tuteur » et de relever les défis donnés par celui-ci. 50 actions à faire des plus simples, comme de dessiner une baleine sur une feuille, aux plus glauques, comme écouter de la musique triste, s’assoir sur le bord d’un toit de maison, ou encore-et là c’est la preuve ultime- de se donner la mort.

Pourquoi quelqu’un de censé se donnerait-il la mort ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce jeu s’adresse principalement à des adolescents ou des préadolescents, fragiles et mal dans leurs peaux. Un peu à la manière dont les terroristes endoctrinent les jeunes pour les inciter à effectuer des opérations kamikazes, ce jeu suit le même principe. Il répond à des besoins d’enfants fragiles qui passent par de mauvaises périodes : divorce des parents, chagrin d’amour, manque de confiance en soi etc. C’est sur cette faille là que travaillent les « tuteurs ». Parfois juste en manque d’adrénaline et de défis, voir uniquement par curiosité, des enfants se trouvent coincés dans la spirale des dits défis.

C’est ainsi que le travail sur le « suicide » commence. Outre l’ « allégeance » faite au groupe derrière le défi (groupe F57), les instructions à suivre ne laissent aucun doute : les tuteurs plongent petit à petit la victime dans une ambiance morbide et la préparent déjà à l’acte ultime. « Lève toi à 4h20 et regarde des vidéos effrayantes (musiques tristes, rituels, suicides…), Scarifie toi la main sur toute sa longueur, Lève toi à 4h20 et monte sur le toit, Ecoute les musiques qu’ils t’envoient (musiques dépressives et tristes), Frappe toi… ». Au fil des jours, les défis deviennent de plus en plus glauques et on se rapproche du défi final. Tout en continuant à écouter de la musique morbide et en se scarifiant, la victime doit en plus de monter sur le tout, se mettre sur son bord, ou monter sur une grue…bref de quoi faciliter l’acte du suicide. Les vingt derniers jours, la victime se lèvera tous les jours à 4h20, regardera des vidéos effrayantes et se scarifiera les mains.

Peut-on prévenir du jeu de la Baleine bleue ?

Il est possible de prévenir les dégâts de ce genre de jeu, mais cela n’est toujours pas évident. Les enfants qui ont succombé n’ont pour la plupart aucun profil de personne suicidaire. La faiblesse doit surement se trouver ailleurs.

Surveiller les sites et les réseaux sociaux auxquels sont abonnés les enfants reste le meilleur moyen de prévenir. Car ce jeu ne serait pas le seul à être dangereux. Il en existerait de similaires et ce depuis quelques années déjà. Châtiments en live, mutilation sur le net, challenges morbides…beaucoup de groupes font déjà l’apologie de ce genre d’actions.

Dans d’autres pays, des actions ont été entamés pour bloquer l’accès aux « tuteurs ». « Instagram, de son côté, a généré un message automatique qui s’affiche lorsque l’on tape certains mots-clés, comme « f57 ». Il comporte un lien qui redirige la personne vers une association anglophone d’aide aux personnes suicidaires. Facebook dispose pour sa part d’un système de prévention du suicide ; il a été amélioré et généralisé il y a peu. Il s’active si des contenus suspects sont signalés par les amis de l’auteur du post.»

Un hashtag #PinkWhaleChallenge a été relayé massivement pour contrecarrer le phénomène, incitant les jeunes à relever des défis « gentils », comme dire je t’aime ou rendre service à son ami.

En attendent que des mesures soient prises en Tunisie pour qu’il n’y ait plus d’autres victimes de ce jeu, il est important que les parents suivent de près leurs enfants sur le net.

 

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?