Pourquoi la pilule contraceptive ne marche-t-elle pas chez certaines femmes ?

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« Si une femme entre, qu’elle dit avoir pris des pilules contraceptives et être tombée enceinte, on présume qu’elle a fait une erreur quelque part, oublié de prendre une fois la pilule ou n’a pas dû utilisé la bonne méthode », a déclaré Aaron Lazorwitz, chercheur à l’University of Colorado School of Medicine. « Nous devons croire la patiente et comprendre qu’il y a des choses au-delà de son contrôle, comme la génétique, qui mettent la contraception en péril », a-t-il ajouté.

En réalité, il faut peut-être regarder du côté de la génétique. En effet, certaines femmes présentant un certain variant génétique cryptique métabolisent des oestrogène et progestérone tellement vite que cela les expose à un risque de grossesse si elles venaient à prendre des pilules contraceptives faiblement dosées.

Aaron Lazorwitz et son équipe ont ainsi étudié le cas de 350 femmes ayant reçu un implant contraceptif à l’étonogestrel (sous-cutané) entre 1 an et 36 mois. Une méthode « bien plus facile à réaliser et qui évite de se préoccuper d’un quelconque oubli. Les chercheurs se sont ensuite focalisés sur un allèle, CYP3A7*1C, activé chez tous les foetus mais inactifs chez de nombreux bébés. Chez certaines femmes, il reste toujours activé et continue même de produire la protéine CYP3A7 qui brise les hormones présentes dans les méthodes de contraception. Dans cette étude, 1 femme sur 4 avec le variant génétique cryptique CYP3A7*1C n’avait pas un niveau assez élevé d’étonogestrel pour prévenir toute ovulation.

« Une femme vous dira qu’elle a pris ces médicaments et qu’elle ne se sent pas bien. Une autre dira que cela marche très bien et qu’elle n’est pas enceinte, que ses règles sont moins douloureuses et que sa peau est plus claire », a expliqué Anne Davis,  obstétricienne-gynécologue à la New York-Presbyterian/Columbia University Irving Medical Center.