Paolo Perelli : une personnalité incontournable

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La personnalité que j’ai le plaisir de vous présenter n’est pas tunisienne. Elle anime cependant la scène picturale et artistique tunisienne. C’est un incontournable de l’Art contemporain en Tunisie. Il est Italien, originaire de Bologne, diplômé de l’École des Beaux Arts de Ravenne, et s’appelle Paolo Perelli.

Il m’a reçu dans son antre, un superbe lieu à La Marsa qu’il a créé avec sa partenaire et cogérante, la galeriste Yosr Ben Ammar, anciennement propriétaire de Kanvas Art. Ce lieu dédié à l’espoir et à l’art contemporain s’appelle Hope Contemporary. Dans cette galerie de 50 m2 sur deux niveaux, ils mettent en scène depuis moins d’un an de grandes expositions internationales d’art contemporain. Cette installation en banlieue nord de Tunis allait de soi pour cet intellectuel aux exigences précises quant à son cadre de vie et de travail. La plupart de ses amis s’y trouvent et le milieu artistique y a élu domicile depuis de nombreuses années.

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Toutefois, Paolo Perelli n’est pas arrivé en Tunisie dernièrement, il s’y est peu à peu installé, apprivoisant les paysages et les hommes. Sculpteur, designer, peintre, Paolo approche la Tunisie par la décoration puisque des amis italiens connaissant son talent lui demandent de décorer leur maison. L’ensorceleuse Tunisie, le charme. Après avoir navigué dans toute la Tunisie en quête de connaissance et d’appropriation artistique, il découvre le charme de Kelibia et s’y installe dans une maison-atelier qu’il ouvre aux voyageurs. Précurseur des maisons d’hôtes en Tunisie, son antre est rapidement connu comme une étape de distinction pour les voyageurs culturels.

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L’article de mars 2006 de Françoise Lefébure propulse sa maison sur la planète emblématique des lieux réservés aux esthètes. La jet-set s’y précipite. La visite inopinée de cette grande dame de l’édition française, rédactrice en chef de la revue Côté Sud, le fait aussi découvrir en Tunisie. L’aventure s’arrête lorsqu’il revend la maison dans son intégralité, avec toutes ses créations, à un autre esthète qui a eu le coup de foudre pour cet univers mythique créé par Paolo Perelli avec les matières locales dans un esprit écologique et durable.

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L’œuvre de Paolo Perelli se nourrit non seulement de ses quatre années d’études en sculpture et photographie à Ravenne mais de tout un background international acquis en Italie au contact de l’avant-garde américaine des années 80 qui impose les Graffitis et l’Urban Art de passage à Milan. C’est à cette période qu’il rencontre Andy Wharrol et Keath Haring et qu’il fait ses premières installations, ses premières expositions de photos et de sculptures. Le succès est au rendez-vous dans cette Italie de l’âge d’or et de la prospérité. Sa carrière continue après un voyage littéraire au Maroc, à la recherche de l’univers de Jean Genet. Et il signe même un contrat d’expositions d’une année en Italie avec la star de la photographie de mode d’Hollywood, Terry Richardson, en 2004-2005.

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De 2005 à 2010, il dessine et réalise en terre tunisienne des pièces uniques de design destinées aux galeries d’art et de design italiennes et européennes. Je le rencontre en 2010 lors de son exposition personnelle intitulée « Design italien en Tunisie » réalisée avec le parrainage de l’Institut culturel italien à Tunis à l’ouverture du premier show-room Alpha Romeo et Fiat en Tunisie, aux Berges du Lac.

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En 2011, il participe à la Biennale de Venise dans le Pavillon « Italie dans le monde », en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Biens et des Activités culturelles italiennes. En 2012, il devient le directeur artistique du Printemps des Arts avec sa complice Yosr Ben Ammar.

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Nous le retrouvons en 2013 dans cette Galerie, véritable laboratoire d’idées, à la fois espace à vivre et champ créatif. Les idées nouvelles y fusent avec un esprit international, la clé de la réussite. Paolo Perelli, il faut le reconnaître, est le seul italien en Tunisie à diriger un projet culturel pour accueillir les artistes tunisiens. Il pense que son investissement vaut la peine, car avec compétence, amour et humanité, la réussite est au rendez-vous.

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Texte : Martine Geronimi
Photos : Vincenzo Magnani, M’Rad Ben Mahmoud, Nassim Belhadjali