« Panama Papers » expliqué aux enfants…et aux adultes!

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« Panama Papers », voilà une combinaison de mots qui fait la une de tous les journaux, radios et télés depuis plus de 2 jours. Ceux qui ont suivi le lancement de Wikileaks ou encore le scandale de Swissleaks, savent à peu près de quoi il s’agit lorsqu’il est question de paradis fiscal, de blanchiment d’argent, de fuite d’information ou encore de fraude fiscale et de société Offshore. Pour ceux qui viennent de se brancher sur la planète terre, il n’est jamais trop tard pour comprendre de manière simple et généraliste, qu’est ce qui fait que ce fameux « Panama Papers » soit un scandale d’une importance gravissime. Femmes de Tunisie se propose de vous expliquer pas à pas et en chiffres ce que la fuite de plus de 11 million de fichiers d’un cabinet d’avocats panaméen peut engendrer comme conséquences.

Panama Papers, quésaco ?

C’est la fuite de 11,5 millions de documents confidentiels d’un cabinet d’avocats (le fameux Mossack Fonseca). Ces fichiers ont été envoyés par un « Lanceur d’alerte » anonyme au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung en 2015. Les documents fuitant donnent les détails sur plus de 214 000 sociétés offshore ainsi que sur les actionnaires de ces sociétés et ce sur la période allant de 1970 et jusqu’en 2016. On parle essentiellement de paradis fiscal et de blanchiment d’argent. « Panama Papers », ce sont donc de nombreux richards qui ont eu recours à la création de « société écrans », dans des pays dont le système fiscal est réduit avec un taux d’imposition très bas.  « Panama Papers » ce sont aussi des réseaux criminels qui utilisent ces mêmes moyens pour blanchir l’argent sale provenant des crimes organisés ou de la corruption.

Le quotidien allemand partage rapidement les documents reçus avec plus de 108 médias dans 76 pays faisant partie  du Consortium international pour le journalisme d’investigation (International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ) basé à Washington.

Après un long travail d’investigation, les premiers articles sur le scandale « Panama Papers » apparaissent le 3 avril 2016. 149 documents sont également publiés. Depuis 2 jours, différents articles sur cette affaire sont publiés. Beaucoup de noms impliqués dans ce scandale ont déjà été révélés.

Panama Papers est ainsi estimé comme étant « la fuite de données la plus massive de l’histoire du journalisme ».

Qui y est impliqué ?

« Panama Papers » rassemble une cartographie élargie qui va de l’Islande en Arabie Saoudite, en passant par la Russie ou encore le Maroc. Plus de 200 pays y sont impliqués. Ici, les coupables viennent de n’importe où sur la planète Terre. Nous sommes loin des cas particuliers de banques tels que les scandales de SwissLeaks de HSBC ou de UBSLeaks. Avec « Panama Papers » de nombreux hommes d’affaires, ministres, députés, artistes, sportifs etc. sont impliqués. Des Tunisiens seraient même impliqués avec des sociétés OffShore créées via le cabinet Mossack Fonseca.

Au total, 12 chefs d’Etat et de gouvernement (dont six en activité), 128 responsables politiques et hauts fonctionnaires et 29 membres du classement Forbes des 500 personnalités les plus riches du monde figurent dans la liste établi jusqu’à ce jour.

Dans cette liste on retrouve les amis de Vladimir Poutine, le président de la Russie, le roi d’Arabie Saoudite, Salman bin Abdulaziz, l’ancien président du Soudan,  le premier ministre d’Islande, Sigmundur David Gunnlaugsson, mais aussi le ministre des finances et le ministre de l’intérieurd’Islande. On retrouve également les amis du roi Mohamed VI du Maroc ou encore le fils du président égyptien déchu Hosni Moubarak. Côté sport, Michel Platini (le président suspendu de l’UEFA), Jerôme Valcke (numéro 2 de la FiFA) et le joueur Lionel Messi auraient eux aussi bénéficié du paradis fiscal. Au total, 12 chefs d’Etat et de gouvernement (dont six en activité), 128 responsables politiques et hauts fonctionnaires et 29 membres du classement Forbes des 500 personnalités les plus riches du monde figurent dans la liste établi jusqu’à ce jour. La totalité des sociétés créées et citées dans les 11 millions de documents devrait être dévoilée d’ici mai 2016.

Des Tunisiens dans la liste ?

Selon le site Inkyfada, la liste contiendrait également des noms tunisiens : des hommes politiques, d’anciens ministres, d’avocats d’affaires ainsi qu’un directeur de média. Premier nom abordé et qui se retrouve dans le collimateur : Mohsen Marzouk. Mais rien ne dit que le politicien a sa propre société au Panama. Selon Sana Sbouai et Malek Khadhraoui, Mohsen Marzouk aurait eu un échange de mail avec le cabinet Mossack Fonseca. « Mohsen Marzouk écrit au cabinet Mossack Fonseca pour avoir des informations, car il souhaite constituer une société offshore. Le cabinet d’avocats répond à ses questions et lui transfère des documents explicatifs quant aux offres disponibles. Le client qui n’a plus qu’à faire son choix au milieu de l’offre de services du cabinet de conseil, pour créer sa société aux Iles vierges ou à Anguilla. » Peut-on lire sur le site tunisien. Et même si « une assistante d’un avocat du siège de Mossack Fonseca a été désignée pour assister Mohsen Marzouk dans sa démarche » (car le cabinet ne traite pas avec des clients directement mais à travers des intermédiaires : avocats, conseils, banques etc.)  ce dernier n’a pas donné suite à sa requête malgré les relances de l’assistante.

Le site Inkyfada, partenaire du International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ, a promis la révélation de détails sur l’implications de personnalités tunisiennes dans le scandale de Panama Papers dans les jours à suivre. Les personnalités dont a parlé Inkyfada auraient-ils réellement lancé des sociétés offshore ou s’agit-il uniquement de demande d’informations comme c’est le cas pour Mohsen Marzouk? Wait and see!