Ouverture de la 34ème édition du Festival International de Musique Symphonique d’El Jem

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C’est l’événement qui signe le début de la saison culturelle estivale : le Festival International de Musique symphonique d’El Jem s’est ouvert vendredi 5 juillet 2019. Dans le Colisée Millénaire de la Jem romaine et en présence du ministre des Affaires Culturelles Mohamed Zine El Abidine, de son excellence l’Ambassadeur de la République Italienne, le Festival International de Musique Symphonique d’El Jem a sonné ses premières notes pour une 34éme édition riche et prometteuse. Une première soirée aux airs de gala d’opéra devant un amphithéâtre illuminé par les feux de la fête et les présences mélomanes, de nombreux touristes et des inconditionnels de la grande musique lyrique. Départ des plus réussis avec un hommage au grand compositeur Giacomo Puccini par l’orchestre du festival Puccini dirigé par le maestro Alberto Veronesi et en présences des solistes et grands interprètes du répertoire lyrique Amadi lagha,Amarilli Nizza,Giovanna Casolla,Elia Fabbian et Ivana Canovic .

Intitulé “Gala Puccianioni”, le spectacle est une plongée dans le répertoire du compositeur italien à travers une vingtaine de morceaux allant de “Madama Butterfly » au dernier opéra de Puccini Turandot”

En invité surprise, c’est un virtuose, et jeune maire de la ville de Florence, qui a donné le coup d’envoi de la soirée avec un morceau pour Violon d’ Ennio Morricone.

Le récital puccinien a commencé  avec des airs extraits de” Madame »butterfly”. » Un bel di, vedremo »joliment chanté par la soprano Amarilli Nizza, dans un jeu sobre et juste. Timbre agréable, subtilement aigu par moment pour dire la déchirure de « Madama Butterfly”. Cet opéra le plus japonais parmi les œuvres de Puccini, est bouleversant de romantisme et de mélancolie. Le duo envoûtant qui suivit avec le ténor Amadi Lagha et l’air “Viene Que sera “de la fin du premier acte de Madama Butterfly” en a été la preuve. La voix puissante solaire et racée du ténor laisse s’épanouir le timbre doux de sa partenaire. Le duo a enchanté par les voix  et la gestuelle étudiée fine sans emphase ni contrainte.

Vint ensuite le tour de « Tosca », opéra des plus célèbres de Puccini, qui a démarré avec  le duo Giovanna Casolla et Amadi Lagha. Giovanna Casolla, une mezzo soprano habituée des plus grandes scènes d’opéras mondiales, a répondu au ténor, d’une voix pleine et douce, étendue et d’un timbre clair dans ce duo de « Tosca » si cher à Giacomo Puccini. Timbre clair, jeu intense et interprétation d’une technicité exceptionnelle, la Soprano a enchanté le public en tenant parfois des notes en hauteur comme en profondeur sur des durées impressionnantes.

Un intermezzo extrait de Manon Lescaut 3éme opéra de Puccini et l’œuvre lui a fait connaître le succès auprès du large public européen du début du 20éme siécle. Une dizaine de minutes d’un lyrisme fougueux et d’une grande puissance orchestrale qui souligne la virtuosité modernité de Puccini et la finesse de la direction de l’orchestre du festival Puccini.

“Le dernier acte de “la Bohême » donne lieu à un merveilleux quartet pour interpréter la finale brillante de « la Bohème » « Dunque è proprio nita » . La Bohème de Puccini a pris vie dans les voies de ses interprètes de talent, entre envolées joyeuses ,tension dramatique et fin tragique. Un hymne à la liberté et un hommage à l’art et aux artistes. Un ton franc, des répliques rythmées et des airs d’une volupté pure et gracieuse. L’orchestre a brillé par sa justesse et par le respect de chaque voix et chaque interprète.

Apres un deuxième intermezzo extrait de “Le Villi “primo œuvre de Jeunesse de Puccini, Ivanna Canovic a inaugure “Turondot”, ultime œuvre du grand compositeur avec un air voluptueux « Signore ascolta « . La soprano a oscillé avec une grande virtuosité entre les aigus mélodieux et les airs plus riches et plus étendus.Sa voix siffle qui par moments dans des aigus agréables et justes, émeut et envoûte. La soprano lyrique Giovanna Casolla  incarnait à merveille son rôle de princesse cruelle et pour finir cet opéra inachevé, c’est Amadi Lagha qui a interprété avec brio le célèbre air “Nessun Dorma”. Majestueux extrait d’un opéra qui l’est tout autant et où l’orchestre sait accompagner les voix avec rigueur et modestie.

Pour clore le spectacle, tous les solistes se sont rejoints ainsi que le chef d’orchestre pour interpréter «O sole Moi » acclamé par un public conquis.

Le charme puccinien a enchanté les lyricomanes du Festival International de musique Symphonique d’El Jem pour cette soirée d’ouverture. L’orchestre et les interprètes du Festival Puccini en étaient à leur première apparition sur une scène Tunisienne, mais certainement pas la dernière. Crée en 1930, ce festival est entièrement dédié à Puccini et se déroule dans son village de Torre de Lago en Toscane. Prochain Rendez-vous: le samedi 13 juillet et le « Best of Classica » avec l’Orchestre de la Radio Nationale Ukrainienne.