Onorientour: le magazine de la culture urbaine dans le monde arabe part en Rihla رحلة

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Onorient c’est la concrétisation d’un doux rêve de mise en valeur des cultures arabes. Porté par un groupe de jeunes-dont la moyenne d’âge est de 25 ans- le projet s’est voulu porteur d’un nouveau souffle en s’adressant à des jeunes curieux et avides de découvrir la nouvelle scène artistique et culturelle bouillonnante. Du Yémen, au Maroc, en passant par la Tunisie ou le Liban, Onorient sillonne les pays arabes loin des sentiers battus pour creuser et aller à la rencontre de jeunes artistes et de projets porteurs de valeurs ajoutée.

 

Hager Choukairi âgée de 22 ans et étudiante à HEC Paris est co-fondatrice d’Onorient. Pour elle l’idée de lancer ce webzine est partie d’un constat. « Les pays du Maghreb et du Moyen-Orient connaissent, depuis des années, l'émergence d'une scène culturelle nouvelle, innovante, créative. Mais celle-ci est soit ignorée, soit combattue par les médias traditionnels, qui adoptent une attitude réactionnaire et conservatrice envers ces jeunes créateurs et artistes. En créant ce webzine, nous voulions offrir une tribune à toute cette communauté artistique, qu’elle soit au Maroc, en Tunisie, au Liban ou ailleurs, et en donner une vision qui ne soit pas travestie par les lieux communs et des clichés

Une vision moderne et qui défend un idéal : « Trop souvent, l'image du monde arabe vogue entre le fantasme orientaliste et l'apocalypse militaire. Pourtant, au-delà de ces deux constructions mentales, il y a des initiatives qui bourgeonnent dans la région et défient cette image réductrice. ONORIENT c'est un web-magazine qui ne s'intéresse pas à une zone géographique délimitée mais interroge les limites psychiques de la notion d'ONORIENT, ses interactions et ses remises en questions comprises. Vous y trouverez donc les arts et la réflexion émanant de la jeunesse du Maghreb et du Moyen-Orient. »

 

Onorient pousse les frontières

Si l’équipe rédactionnelle est quasiment basée à Paris, les projets et univers dont traite le site, vont au-delà des frontières françaises. On y plonge dans le monde de la jeune chanteuse Franco-Marocaine Hindi Zahra, on y revient sur le parcours du calligraphitiste tunisien , l’international eL Seed, on y joue les critiques en décortiquant le film à polémiques «Much Loved » ou on y part à la découverte d’un style musical particulier des sœurs Yéménites du groupe A-Wa.

Pour autant, lancer un magazine qui traite des questions identitaires arabes et qui met la culture au centre du débat n’est pas une mince affaire, surtout en ce moment où tout ce qui est arabe ou musulman est pointé du doigt avec une montée fulgurante de l’intégrisme dans tous ses sens. Hager Choukairi avoue que le défi était osé mais elle défend sa cause : « C'est précisément de ce constat qu'ONORIENT tire toute sa légitimité selon nous. Nous voulons résister à deux forces paradoxalement convergentes : un extrémisme religieux qui démolit le riche patrimoine de la région, et certains médias qui, en ne couvrant que cette triste part de l'actualité, réduisent les représentations de cette zone à ceux qui cherchent justement à la détruire. Jusqu'ici, nous avons surtout eu des réactions positives de la part des gens. Le manque d'information crée la crispation identitaire et comme l'avait écrit Averroès, “L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence… Voilà l’équation

Une Rihla dans 7 pays arabes رحلة

Dernièrement, l’équipe d’Onorient s’est lancé un nouveau défi, celui de partir en tournée/immersion. Un voyage qui débuterait le 13 septembre 2015 et se terminerait le 15 janvier 2016. Plus de 4 mois de vadrouille pour aller à la rencontre, sur terrain, d’artistes et de jeunes porteurs de projets. Au programme : 15 rencontres d’artistes, 8 podcast radio, 7 workshop, 1 plateforme interactive, 20 visites de lieux hors sentiers battus et le plein d’informations. Hager s’explique sur ce projet à la fois fou mais indispensable : « Il y a 6 mois, a germé dans l’équipe la volonté de se rendre sur le terrain pour ressourcer notre vivier de création artistique et l’origine de nos réflexions. Dans un contexte médiatique où le mythe du choc des cultures refait surface, l’initiative Onorientour cherche à promouvoir la diversité culturelle et la création contemporaine artistique de cette région afin d'équilibrer cette image d’apocalypse militaire et à la nourrir avec une expérience terrain.

Une partie de l’équipe ONORIENT s’en va donc en « rihla رحلة », un déplacement physique et existentiel considéré comme une condition nécessaire à l’apprentissage au Maghreb et au Moyen-Orient.

[fve]https://www.youtube.com/watch?v=cBoaKuJIhmg[/fve]

ONORIENTOUR est un projet coopératif, porté par une dynamique collective, qui veut faire de chacun de vous des acteurs et promoteurs de la mutation du monde arabe et non de simples spectateurs. » Le projet a d’ailleurs lancé une campagne de crowfunding pour financer les charges de l’aventure. Une campagne qui a atteint à ce jour 30% du montant global. « Nous le finançons de manière participative (sur http://fr.ulule.com/onorientour/) car nous voulons faire participer tout le monde à cette immersion et laissons le choix aux lecteurs pour le choix  d’une thématique transversale qui sera le fil conducteur pour nos échanges tout au long de la Rihla.  Nous avons besoin de vous tous pour le concrétiser.»

Vifs, curieux, actifs et multi-disciplinaires, les jeunes d’Onorient assurent. D’ailleurs la plupart sont des étudiants qui conjuguent différentes activités. Entre petits boulots, études et le site, ils s’en sortent pas mal : « ONORIENT est plus qu'une équipe, c'est une vraie communauté. Nous sommes tous étudiants, dans des domaines différents (journalisme, commerce, sciences politiques, graphisme, ingénierie et j'en passe). Chacun apporte sa pierre à l'édifice dans l'organisation du site d'une part et, dans la rédaction, selon ses sensibilités artistiques d'autre part. Nous sommes tous bénévoles et nous faisons cela en parallèle de nos études, mais c'est justement ce statut de ”passion extra-professionnelle” qui nous fait vibrer pour l'instant. À long terme, nous voyons ONORIENT comme un laboratoire d'initiatives : évènementiel, projets terrains annuels, festivals etc. mais nous attendons de voir ce que l'avenir nous réservera.» 

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