On a regardé Solwen de Leila Toubel

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« Elle arrive de nulle part drapée dans une robe de mariée trainant sur une traine un coffre sans relief…dans son intérieur qui n’a pas de fond, elle cherche un prénom, le sien, un passé, une histoire, qui peut être la sienne…

Son amnésie crachera des histoires avec du son assourdissant, des images bouleversantes et des couleurs tantôt cruelles, tantôt tendres d’espoir et de beauté…De l’autre bout de la dégénérescence de sa mémoire, elle livrera son corps fébrile et ses émotions féroces aux histoires : d’amours lamentables, de pains amers, de fleur d’oubli, d’un printemps kidnappé aux portes du rêve, et d’une patrie qui se voit déposséder de ses étoiles mais qui tend les mains bien haut et marche imperturbablement vers le ciel.

Olvido, c’est l’histoire qui n’a pas d’histoire mais qui appartient à tous les humains…c’ets un cri de cœur, un hurlement insolent pour que vive une mère patrie debout. Alors donnez-moi vox cœurs et vos mains, on va colorier de bleu le ciel et de rouge la dernière rose que jevous offrirai. » C’est ainsi que Leila Toubel présente son dernier spectacle Solwen ou Olvido en français.

J’ai regardé ce monodrame-le premier de Leila Toubel-le jeudi 12 février 2015 à El Teatro. Partie avec quelques aprioris, j’étais d’abord sceptique de retrouver un public qui ne connait rien au théâtre et qui serait venu juste parce que Leila Toubel était passée à la télé la semaine d'avant dans une émission de prime time hyper regardée. Effectivement, l'espace était plein à craquer, mais il y a avit de tout. Jeunes, moins jeunes, des femmes, des hommes, des habitués, des "pas du tout" etc.  J’appris que chaque cycle de Solwene affichait complet dès le début de la saison (soit depuis un mois). Cela aiguisait ma curiosité et me donnait plus envie de voir ce que ce bout de femme battante allait nous servir.

19h40: La pièce a démarré presqu’à temps, avec quelques dix minutes de retard. D’emblée, Leila Toubel a envahit la scène vêtue de sa robe de mariée. Malgré une petite lenteur au démarrage avec un monologue d’introduction un peu « too much » à mon goût, le ton et le rythme se sont vite mis en place et la cadence est montée en crescendo. Authentique, spontané, rythmé, rimé et très bien ficelé, le texte écrit par Leila Touble m'a rapidement pris par les tripes et m’a emmené de voyage en voyage et de pensée en pensée. J'avais lu ça et là des critiques de la pièce sur la toile. Certains spectateurs avaient alors évoqué la force et la pluralité des sentiments et des sensations. Ils n’avaient pas tort : de l’amour, de la haine, de la compassion…du rire aux larmes, dans Solwene, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on passe d’un état à un autre sans transition mais surtout sans douleur et tout en délectation.

A la fin de la présentation, je me suis sentie pleine…de mots et d’espoir. Ce que j’ai le plus aimé : Le texte et le jeu de Leila Toubel. Ce que j'ai le moins aimé : les petites lenteurs et les imperfections. Lotfi Lamari (le journaliste) l’avait dit : il manque l’œil extérieur et objectif d’un metteur en scène. Leila n’aurait peut être pas du tout faire toute seule.  J’irai même plus loin : avec un texte aussi fort, d’autres femmes de théâtre auraient peut être mieux réussi l’interprétation scénique (belle par ailleurs) de Leila Toubel.

Note : Un bon 8/10. A voir !

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