Après avoir traîné des pieds de nombreuses années, le reboot de Charmed a enfin vu le jour. Diffusé dimanche 14 octobre sur la chaîne américaine CW, la série a réalisé des chiffres très moyens côté audiences (1,54 millions de téléspectateurs américains contre 7 millions en 2008). 20 ans après la diffusion du pilote de la série originale produite par Aaron Spelling, l’enjeu était donc bien risqué : proposer la nouvelle version d’une série culte qui a marqué toute une génération, la séduire de nouveau et attirer un nouveau public. Attention, spoilers…

Dans le premier épisode du reboot de Charmed, la différence est frappante par son histoire. Ici, les trois soeurs autrefois incarnées par Shannen Doherty, Holly Marie Combs et Alyssa Milano sont interprétées par Madeleine Mantock, Melonie Diaz et Sarah Jeffery. Contrairement à la série mère où les personnages principaux étaient très célèbres, celles de la version 2.0 le sont beaucoup moins. Peut-être que ce n’est pas si mal pour en révéler le talent ? Leo, l’ange-gardien de Charmed 2008, voit un personnage british caricatural (le petit gilet, l’accent britannique et la ressemblance avec Giles de Buffy contre les vampires), lui succéder. La maman, qui apparaissait de temps en temps  en tant que fantôme dans la première version, est ici bien vivante mais finit par connaître un triste sort.

Plusieurs mois après la mort de leur mère, Melanie et Maggie découvrent, séparément, leur pouvoir respectif : la télékinésie pour l’une, la capacité à figer le temps et les objets pour l’autre. Melanie, qui possède ce dernier pouvoir, est présentée comme étant une étudiante très en colère, féministe et lesbienne. Une manière de se rapprocher au mieux de la société actuelle où la « culture du viol » est omniprésente. Et tel est le problème avec ce personnage, car entre une militante féministe et une homosexuelle très en colère, les amalgames sont vite faits. Le résultat est une storyline qui peut donc parfois paraître surfaite et dénuée de subtilité.

Arrive ensuite le personnage incarné par Madeleine Mantock. En passant un jour devant la maison de Melanie et Maggie, Macy, une scientifique, reconnaît la demeure. La jeune femme fait alors rapidement le lien – un peu trop rapidement d’ailleurs – et découvre ses liens de parenté avec Maggie et Melanie. Enfin réunies, les trois soeurs découvrent mutuellement leur pouvoir, celui « des trois », qui leur permettra de combattre plus facilement les démons. Pour le moment, la sauce de ce trio n’a pas encore vraiment pris. Wait and see…

L’un des points positifs, parce qu’il y en a quand même, de ce reboot reste sa lumière et ses effets spéciaux : lorsque la maman essaie de chasser le démon sous forme de fumée et, à la fin, lorsque le professeur se transforme en une sorte de Roi de la nuit de Game of Thrones.

Les couleurs et la température des images de Charmed 2018 donnent à l’ensemble un résultat chaleureux, sombre et volontairement glacial.

On espère que le reste de la saison sera moins « série pour ados », ce qui risque d’être compliqué vu sa présence sur The CW, chaîne très ado – on se souvient d’ailleurs du massacre de Melrose Place par la même chaîne. Le nouveau Charmed peut paraître léger, parfois vide, mais ce n’est pas comme si son prédécesseur était un chef d’oeuvre. Une version modernisée – avec Snapchat et les messages échangés qui s’affichent à l’écran – qui peut nous réserver quelques bonnes frayeurs.