Najet Ounis, ou ce nom qui évoque le « Tunisian Dream » qui s’est mis en place au fil des ans. Un nom qui s’est inscrit sans urgence dans le registre des grands artistes internationaux. Rien ne presse pour cette jeune femme de 29 ans qui, depuis ses 18 ans, pratique la musique et le chant plutôt par passion. Il lui aura fallu une dizaine d’années pour se consacrer complètement à cet art. Jusqu’en mars dernier, Najet Ounis était à la fois graphiste et chanteuse. Mais au lendemain de sa signature avec la maison de disque Universal Music France, la jeune femme finit par quitter son poste pour se consacrer pleinement à sa carrière de chanteuse.

Evoluant dans une famille plutôt artiste, entre des membres qui chantent et d’autres qui jouent divers instruments de musique, Najet Ounis avait certainement plus de chances de s’orienter vers cette discipline. Pour autant, plus jeune, elle ne pratique que très peu le piano, et ne fredonne que de petits airs, seule, dans sa chambre. Elle ne prend conscience du potentiel de sa voix que lorsqu’elle chante avec des amis dans un karaoké et qu’elle est repérée par l’animateur de la soirée. « J’avais 18 ans. Et on me proposait de venir chanter  pour animer ce café-lounge. J’ai fini par accepter plus pour sortir de mon cocon que pour pratiquer le chant. J’étais une jeune fille très timide et réservée. Je me disais que cette expérience allait me pousser vers les autres. » raconte la jeune femme passée nous voir dans les locaux de FDT.

Autodidacte, Najet Ounis a une voix pure et brute qu’elle façonne petit à petit grâce à une oreille musicale infaillible. Elle enchaîne les karaokés, les soirées, prend goût à cet univers particulier, jusqu’au jour où le guitariste Atef Lakhoua lui propose de passer à un autre niveau, celui de faire partie d’un vrai trio et de chanter en Live. « C’était une première pour moi. Je n’avais jusque là jamais chanté accompagnée de musiciens. A l’époque, il n’y avait pas beaucoup de restaurants qui proposaient ce genre de prestation. Notre trio s’est démarqué pendant deux années, durant lesquelles j’ai appris tous les rouages du Live. »

Et l’aventure s’enchaîne avec le groupe Legenda au Boeffy pour des soirées rock music que la jeune femme finit par arrêter pour renouer avec ses premières amours, le blues et la soul music.  « A l’époque, j’étais inscrite au Jazz Club de Tunis. J’ai alors choisi de m’associer à Zied Bagga pour un duo de jazz où mon nom était mieux mis en avant. C’est à ce moment que les gens ont commencé à parler de « Najet Ounis ». Des passages radiophoniques sur Express Fm, RTCI, etc. m’ont aussi permis de me faire connaître auprès d’un public plus large. » me raconte la jeune chanteuse.

Najet Ounis se forge petit à petit une nouvelle image. Celle d’une artiste à la voix et au cœur en or. Elle prend part à plusieurs actions caritatives, oriente différemment ses prestations artistiques et chante en duo avec Yasser Jeradi en hommage à Chokri Belaid, puis participe à « Ghneya Lik », un morceau dédié à la Tunisie, sorti dans un contexte fragilisé par les attentas et les assassinats politiques.

La petite Ounis devient grande et joue sur la qualité des prestations qu’elle donne. Notamment celle où elle est invitée pour assurer une performance au Tedx Carthage Women au Palais des Congrès de Tunis. La vidéo du Tedx fait le tout du net et est regardée par des milliers d’internautes dont le producteur français d’origine tunisienne Kereddine Soltani. Ce dernier, qui a déjà produit Zaz, Julie Zenatti, Kendji Girac et d’autres, a envie d’investir dans une belle voix tunisienne.

Coup de bol, le coup de cœur sera pour Najet Ounis à qui il propose de signer avec une maison de disque en France. « Il avait déjà envoyé la vidéo du Tedx à plusieurs maisons de disque qui ont presque toutes accepté de signer. Pourtant, il est très rare de signer avec un artiste uniquement pour sa voix. Je n’avais aucune production, pas d’identité artistique affirmée. » confie Najet Ounis en toute simplicité.

Et c’est avec Universal Music France qu’elle finit par signer pour son premier album. Son producteur Kereddine Soltani est également le parolier de ses chansons. Durant une année et demie, un long travail sera effectué pour mettre en place un univers musical traduisant à la fois l’identité de la jeune chanteuse, tout en étant « bankable » pour le label « Capitol Records » de la maison Universal Music. « Il y a beaucoup de Najet Ounis dans cet album. J’ai surtout voulu parler de la femme tunisienne. Celle qui se bat au quotidien, celle qui quitte son pays pour un avenir meilleur, celle qui exprime son amour pour son pays. Le choix musical et la mélodie sont français, mais le contenu et les paroles sont tunisiens. »

Aujourd’hui, l’album de Najet Ounis est enregistré et fin prêt à sortir dans les bacs très prochainement. En attendant, Universal Music a prévu de sortir en amont un EP de six reprises pour la faire connaître du public français. Love On The Brain de Rihanna, How Deep is your love des Bee Gees, Listen de Beyonce, etc. font partie de cet EP en vente pour la rentrée de septembre. « Pour le coup, l’ONTT a fait un très beau cadeau en prenant en charge l’équipe de tournage française pour préparer des clips à ces reprises uniquement tournés en Tunisie. C’est un peu notre manière de promouvoir notre pays. » dit Najet Ounis.

En attendant la sortie officielle de l’album de Najet Ounis, les reprises sont visibles sur Youtube. Quant à l’artiste, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisque l’année 2019 sera probablement celle où elle pourra enfin monter sur les scènes des plus grands festivals tunisiens. « Jusque là, je n’avais pas de production. Aujourd’hui, je peux déposer mon dossier pour Jazz à Carthage, les JMC, etc. J’espère être présente sur scène avec mon propre spectacle en 2019. » conclut l’artiste.