Maia Darmé, jeune harpiste française installée depuis 2015 en Tunisie, livre un combat pour réhabiliter son art dans l’orchestre symphonique tunisien.  Intéressée par la musique classique et la manière dont on peut retranscrire la musique orientale à la Harpe, c’est en Tunisie qu’elle décide de faire cette expérimentation. Retour sur le parcours d’une artiste aussi dévouée qu’engagée.

Revisiter la musique orientale à la Harpe  

Maïa Darmé a commencé à s’intéresser aux musiques berbères,  puis une fois en Tunisie, aux musiques Gnaouas. Mais, plus elle venait en Tunisie, plus elle remarquait l’intérêt que portaient les tunisiens à la musique orientale d’époque.  Estimant cette appréciation comme étant une richesse, la jeune femme essaie d’emblée de retranscrire ces musiques à la Harpe.

C’est donc avec l’artiste Mohamed Ben Slama qu’elle décide de reprendre des titres de Hedi Jouini tel que Zin Ezzine. Mais l’artiste ne se contente pas d’un seul répertoire, elle revisite avec d’autres artistes plusieurs chansons traditionnelles ou contemporaines en reprenant des artistes tels que : Salah Farzit, Anouar Brahem, Dhafer Youssef, et jusqu’à Hassen Doss ou Sabry Mosbah.

Sa collaboration avec Mohamed Amine Kalaï

Bien que les deux jeunes artistes entretiennent d’abord une relation professionnelle développée au sein de l’orchestre symphonique tunisien, cependant une  relation amicale est aussi cultivée par la même envie de prouver que leurs instruments sont valables dans d’autres registres que celui qui leur est attribué.

Alors que Maïa veut prouver que la Harpe peut s’inscrire dans un registre de musique orientale, Mohamed Amine s’essaie à la musique classique en jouant du Quanun. Leur collaboration donnera d’ailleurs lieu à un projet musical présenté récemment à Sousse et à la Marsa.

 

D’ou vient l’intérêt porté pour la Tunisie ?

Ayant précédemment vécue en Libye, c’est en 2014, lorsque la situation s’est complexifiée, qu’on propose à la jeune femme de bouger en Tunisie. Au pays, on lui propose de jouer un concerto pour Harpe avec l’orchestre symphonique tunisien. Maïa se lance alors le défi de trouver une Harpe pour ce concerto, recherche qui s’est avérée plus dur que prévu puisqu’il n’y en avait tout simplement pas. Surprenant venant d’un pays bénéficiant d’un orchestre et d’un conservatoire.

La découverte d’une harpe de collection :

C’est le chef d’orchestre de l’époque, Hafedh Makni, qui lui apprend que la compagnie disposait belle et bien d’une harpe mais qu’elle était injouable tant elle était vielle.

L’emmenant au sous sol de l’Institut Supérieur de Musique pour voir de ses propres yeux cette dite harpe, Darmé décrit la pièce où elle se trouvait comme étant une caverne d’Ali Baba.  C’est dans un coin délaissé que se trouvait le fameux instrument dans un état délabré. Triste sort pour une pièce aussi précieuse et ancienne et dont le fabriquant (l’inventeur français de la Harpe moderne) a fermé portes depuis les années 60.

Pendant une année, Maïa Darmé tente une restauration de base qui rend l’instrument momentanément praticable. En 2016, un spécialiste français des harpes anciennes est venu l’aider pour la réparer. Et depuis la Harpe est en état de jouer. Maïa de son côté, tente d’enchaîner les collaborations et les prestations musicales. Aujourd’hui, son but est de faire le plus de projets possibles, de faire découvrir son instrument, d’acheter de vraies harpes, ainsi que de créer des cours de cet instrument et de remplir ces classes.

Où trouver la Harpiste dans les mois à venir ?

  • Le 10 août à 20h30 à l’amphithéâtre d’Hergla accompagné de Mohamed Amine Kalaï pour le festival Hergla Respire l’Art.
  • Le 13 septembre à 20h à l’Agora.
  • Le 15 septembre à 19h3à à la Abdelliya de la Marsa.
  • D’autres dates entre le 7 et le 11 septembre à confirmer (discussions pour Monastir, Kairouan et Tunis).

Un album visuel est aussi à prévoir cette année avec la sortie chaque mois d’une pièce/clip différents. Un des clips sera un nouveau projet mis en place avec d’autres artistes tunisiens dans un style un peu plus électro ou elle utilisera une Harpe électronique. Elle sera en collaboration pour cela avec un Beat Maker tunisien du nom de D-Pad et d’un danseur Hip-Hop du nom de Madi. Clip à prévoir pour fin août.

Par Balkis Hmida

 

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