L’infidélité consentie : elles nous livrent leur expérience

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Entre désirs assouvis et exploration de la sexualité, deux femmes ont tenté l’infidélité consentie et ont accepté de nous livrer leur expérience.

* Les prénoms ont été modifiés afin de préserver leur anonymat

« Je voulais me sentir désirable à nouveau » Sara
Riadh et moi, nous nous sommes rencontrés à Paris à travers des amis en commun. Fous amoureux et passionnés, nous étions inséparables durant toutes nos années universitaires. Mais au fil du temps, la passion et les sentiments ne suffisaient plus à maintenir notre relation au rang de catalyseur dans le tourbillon d’expériences et d’aventures que nous offrait l’Europe. Au bout de 5 ans de relation, j’avais envie de connaître d’autres personnes, de profiter de ma liberté et de visiter d’autres pays. Riadh aspirait à la même chose. Nous nous sommes donc séparés, non sans amertume.  À cette époque-là, j’avais plusieurs prétendants et j’adorais ça. Être en couple m’empêchait d’en profiter pleinement. Pourtant, à chaque fois que je recroisais Riadh, je ne pouvais pas m’empêcher de le désirer. Nous étions comme deux aimants qui s’attirent l’un l’autre. Nous nous aimions toujours même après nos nombreuses conquêtes. Nous avons alors fini par redonner une chance à notre histoire. Ce qui nous a menés au mariage au bout d’an.

Les premières années se sont très bien passées. Nous nous sommes même installés à Tunis avec nos deux enfants.  Mais comme on dit, “chassez le naturel il revient au galop“. À 42 ans, j’ai retrouvé les plaisirs de la drague avec mon coach de sport. Je ne voulais pas pour autant quitter mon mari ni briser ma famille ; je voulais juste me sentir désirable à nouveau. J’ai décidé de tout raconter à mon mari. Il m’a alors avoué qu’il m’avait déjà été infidèle. Je ne m’y attendais pas ; je trouvais la situation particulièrement ironique. J’étais certes en colère mais je voulais comprendre. Etant psychologue, j’ai toujours accordé extrêmement d’importance à la communication et nous étions assez matures et sages pour discuter calmement de la situation. Nous avons pris le temps d’écouter les sentiments de chacun en établissant comme principe de ne pas jeter la pierre à l’autre. À aucun moment, je n’ai douté de ses sentiments. Nous partagions la même vision de l’avenir et de la famille. Après avoir longuement discuté, notre décision a été d’explorer le mariage libre.  Ça semble peut-être absurde pour certains mais j’étais persuadée (et je le suis toujours) que c’était le chemin le plus épanouissant pour notre couple.

Pour cela, nous avons instauré des règles à suivre : aucune “relation” ne passe avant la famille ; les enfants doivent rester en dehors de nos histoires et nos conquêtes ne devront savoir que le minimum sur nous.  

Cinq ans après, notre relation est plus solide et plus saine. Nous nous disons tout. Nous ne sommes pas à la recherche constante d’autres partenaires. Au contraire, il nous arrive de ne fréquenter personne d’autre pendant des mois. Il faut comprendre qu’il ne s’agit pas d’entreprendre une vraie relation amoureuse mais plutôt de combler un manque, un besoin ou un fantasme. Nous avons eu bien-sûr des dérives – comme la fois où une de ses copines s’est pointée chez nous pour “dénoncer” mon mari –  mais nous avons réussi à les dépasser. L’important est que cette relation ne fasse souffrir personne.

 

« Je voulais le rendre heureux » Rania
La fidélité a toujours été une vertu fondamentale pour moi. Je croyais uniquement aux relations exclusives. Mon histoire avec Ahmed a tout changé de ma perception des choses. Nous nous sommes rencontrés sur les bancs de la fac et le courant est très vite passé. Je suis issue d’une famille très conservatrice et lui est le fruit de tout l’opposé. J’aimais qu’il soit si différent de moi. J’ai tout découvert avec lui. Avant Ahmed, j’étais une jeune fille avec très peu d’expérience, naïve et qui ne voulait qu’une seule chose : vivre le grand amour. C’était chose faite. Nous nous sommes mariés deux ans plus tard. Nous étions heureux de se lier solennellement.

Malheureusement, notre joie était de courte durée. Je souffrais de vaginisme. Au début, c’était l’incompréhension. Je ne savais pas ce que je devais faire ni comment me soigner. J’ai essayé de suivre les conseils d’un sexologue mais rien n’a marché avec moi.

Après environ un an de vie sexuelle chaotique, de disputes, de pleurs et d’engueulades, je me sentais de plus en plus coupable de ne pas satisfaire mon mari. J’en suis même arrivée à le supplier d’assouvir ses besoins sexuels avec une autre femme, mais il avait une autre idée en tête.

Un jour, je l’ai accompagné pour un déplacement professionnel à l’étranger. Il m’a invitée à découvrir un endroit« spécial ». Il m’a dit “je veux que tu sois ouverte d’esprit”. C’était un club échangiste ! Il pensait que ça allait m’exciter et résoudre “mon problème “.

La première fois était étrange et pénible. Je n’étais pas prête même si nous n’avons fait qu’observer. La troisième fois, j’avais accepté de passer à l’étape suivante. Ahmed insistait et je voulais le rendre heureux. Ce soir-là, une femme est venue vers moi. J’étais tétanisée. Mais j’ai été étonnée d’aimer ses caresses et de ressentir même un certain plaisir. Elle a réussi à me mettre à l’aise. Nous avons fréquenté le club de nombreuses fois avant d’avoir mon premier rapport-toujours avec cette même femme, une fidèle des lieux. Ahmed semblait tout aussi déboussolé que moi. Je pensais que c’était la dernière fois mais il voyait les choses autrement. Il souhaitait que j’expérimente ma sexualité pour qu’il puisse savoir comment me satisfaire. Je l’ai fait. Nous avons ensuite commencé à utiliser les applications de rencontre. Je retenais les choses qui me plaisaient avec les inconnus et les reconstituais avec mon mari.  Il faisait la même chose de son côté. C’était étrange pour moi. Je me forçais de ne pas mêler nos sentiments mais il avait toujours les mots pour me rassurer. Je précise que nous ne nous autorisons cette folie qu’à l’étranger. Une folie qui n’a pas fait long feu. Je suis tombée enceinte 3 semaines après l’un de nos voyages. Et même si j’étais persuadée qu’il était le père, il ne voulait rien entendre. La probabilité, aussi infime soit-elle, que le bébé ne soit pas de lui, le mettait en rogne. Nous n’étions plus un couple de gamins qui expérimentaient leur sexualité. Notre avenir en tant que couple était en jeu. J’ai donc accepté d’avorter à contre cœur pour sauver notre mariage.

Depuis, nous essayons de retrouver notre vie d’avant et de l’aimer. Pour autant, nous ne regrettons pas cette expérience. C’était une période très excitante, voire palpitante. Une période où nous nous sommes sentis plus proches que jamais. Aujourd’hui, nous essayons de trouver d’autres moyens de pimenter notre vie sexuelle.

 

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