Liban : un premier pas vers l’abolition de l’article graciant les violeurs

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Après des semaines de campagne acharnée contre l’article 522, les efforts de l’ONG libanaise Abaad ont porté leurs fruits. En effet, le Liban s’apprête à abolir la loi qui permet au violeur d’échapper à sa peine de prison s’il épouse sa victime.

Un slogan fort, une mobilisation conséquente, des affiches poignantes… l’organisation Abaad avait lancé, depuis quelques mois, une campagne contre l’article 522 du code pénal libanais. Parmi les actions, on retrouve la mobilisation d’une dizaine de femmes, devant le parlement Libanais. Elles étaient habillées en robe de mariée et couvertes de taches de faux sang en scandant le slogan «Une robe blanche ne couvre pas un viol». Une vidéo choc a également été réalisée par l’ONG mettant en scène une jeune femme couverte de bandage sous son voile de mariée.

Le parlement libanais est resté muet face à ces revendications jusqu’à ce que le député Ele Keyrouz propose, mercredi 7 décembre, l’abolition de l’article en question. La commission s’est dit favorable et se réunira le 14 décembre pour les détails. Rappelons que l’article 522 date de 1948, ce changement constituera, ainsi, un grand pas pour les Libanaises et pour l’histoire du Liban.

Le pays du Cèdre n’est pas le seul concerné par une loi protégeant le violeur. La Tunisie est également impliquée. En effet, il existe un article très ambigu concernant le viol sur mineur. Il s’agit de l’article 227 bis du code pénal tunisien qui stipule qu’un violeur est gracié s’il épouse sa victime mineure et si l’acte sexuel a été subi sans violence.