Les Journées Cinématographiques de Carthage fêtent leur cinquantième anniversaire

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Les Journées Cinématographique de Carthage (JCC) démarreront, dans leur 27ème édition, le 28 octobre prochain et se poursuivront jusqu’au 5 novembre. Le festival qui avait pour habitude de se dérouler dans le théâtre de municipal de Tunis-actuellement en travaux- et tout au long de l’Avenue Habib Bourguiba se déroulera cette année au Palais des Congrès.

Les JCC fêteront cette année 50 ans d’existence. Créée en 1966 par Tahar Cheriaa, la manifestation se voulait le miroir du cinéma d’Afrique subsaharienne et du monde arabe. Le festival jusque là bi-annuel devient annuel en 2014, tenu alors par Dora Bouchoucha. Ibrahim Ltaief lui succède en 2015. Cette année encore, le réalisateur de Cinecitta et d’Affreux, cupides et stupides (hezz ya wezz), sera à tête de la 27ème session des JCC.

La cérémonie d’ouverture, prévue pour le 28 octobre, sera marquée par la projection du film « Fleurs d’Alep » de Ridha Behi. Avec pour thématique centrale le Jihad, le film parle d’une mère (Hend Sabri) qui part à la recherche de son fils, endoctriné et parti en Syrie rejoindre Daesh. Un long métrage réalisé en 2015 et qui marque le retour de l’actrice tunisienne Hend Sabry vers les productions nationales.

Au total 18 films seront en lice pour la compétition des longs-métrages dont 3 Tunisiens et 18 courts-métrages dont 3 Tunisiens aussi. Au jury, on retrouvera le Mauritanien Abderrahmane Sissako et la Burkinabée Maïmouna N’Diaye, détentrice du prix de la meilleure actrice aux JCC 2015. Elle sera également à la tête de la compétition des films émergents, une section qui se poursuivra à la demande des étudiants des instituts supérieurs de cinéma. Trois films tunisiens et d’autres de 36 pays hôtes des JCC participeront à cette compétition qui sera ouverte aux réalisateurs émergents.

Cette année, l’hommage sera rendu à des cinéastes africains qui nous ont quittés : Youssef Chahine, Djibril Diop Mambety et Abbas Kiarostami.

Avec une affiche qui réunit tous ceux qui ont été primés ou récompensés lors des éditions précédentes, ce cinquantième anniversaire n’est qu’un rappel du chemin parcouru de ce rendez-vous du cinéma arabe et africain. Ousmane Sembène, Youssef Chahine, Taoufik Salah, Sarah Maldoror, Mohamed Hondo, Borhane Alaouié, Naceur Ktari, Merzak Allouache, Abdellatif Ben Ammar, Souleymane Cissé, Mohamed Malas, Nouri Bouzid, Michel Khleifi, Férid Boughdir, Moufida Tlatli, Bourlem Guerdjou, Imunga Ivanga, Mansour Sora Wade, Mohamed Asli, Hailé Gerima, Ahmad Abdallah, Moussa Touré, Hanu Abu-Assad, Mohamed Mouftakir sont là pour nous le dire sur cette affiche haute en couleurs.

JCC-couv

Malgré des préparatifs qui vont bon train et une édition qui promet d’être meilleure que celle d’avant, Ibrahim Ltaief vient de pousser un coup de gueule sur sa page Facebook, dénonçant des cinéastes tunisiens qui donnent la primauté aux festivals arabes et délaissent les JCC :

« Dommage qu’une infime minorité de producteurs et réalisateurs tunisiens ayants bénéficié des aides de l’état pour produire leurs films délaissent les JCC pour donner la primauté à d’autres festivals arabes des pays du Golfe pour une poignée de dollars. Les JCC n’ont jamais exigé l’avant première quand il s’agit de grands festivals Cannes, Venise ou Berlin, et ce, même dans des sections parallèles non compétitives, mais priver le public tunisien de sa propre cinématographie fiancée par l’argent du contribuable est le comble du « patriotisme ». Ces producteurs et réalisateurs pourtant connus et reconnus par leur public, décorés avant et après la révolution, révolutionnaires depuis 2010 décident d’ignorer les JCC pour les cheikhs et leurs chèques…

Vous voulez des noms ?

Ca sera fait le jour de la conférence de presse. »