Jeudi 12 avril, l’émission hebdomadaire « Ma Lam Yokal » a abordé le sujet du harcèlement de rue en Tunisie. Le reportage diffusé sur la chaîne El Hiwar Ettounsi et présenté par Hamza Belloumi est rapidement devenu viral sur les réseaux sociaux.

Comment comprendre l’insécurité des femmes dans les rues de Tunis et comment montrer une fois pour toute l’ampleur du fléau ?

L’équipe de l’émission Ma Lam Yokal a eu l’idée de suivre une jeune femme (complice) en caméra cachée pendant 2 heures et ce, dans 3 endroits différents de la capitale. Insultes, propositions insistantes, remarques déplacées, dispute avec un groupe de jeunes hommes : le reportage filme la journée classique d’une jeune tunisienne.

Bilan de la première balade (au centre-ville de Tunis) : une dizaine de techniques de harcèlement ; verbale, physique et suggestive.

Vidéo (à partir de la 34ème minutes) :

La deuxième se déroule dans une rue moins fréquentée. On peut observer des hommes abordant la jeune femme. L’un d’entre eux la suit en voiture puis en sort pour l’inciter à discuter et à monter dans le véhicule.

La dernière expérience se passe au niveau d’El manar où la jeune femme, en robe noire, fait semblant d’attendre un taxi. Pendant une demi-heure, 12 hommes en voiture se sont arrêtés pour lui parler.

Si certains pensent que le reportage dévoile au grand jour le calvaire quotidien de beaucoup de femmes, d’autres refusent le terme harcèlement et parlent plutôt de drague inoffensive. Pour les femmes, il s’agit d’être importunée quotidiennement, de ne pas avoir la liberté de marcher dans la rue tranquillement et en toute sécurité.

L’émission rappelle aussi une étude réalisée par le CREDIF (Le Centre de Recherches, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur la Femme) qui a dévoilé que 53.5% des 3000 femmes sondées ont été victimes de violence dans les espaces publics.