L’avortement – Peut-on en sortir indemne ? [Témoignage]

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Alors que notre législation dispose encore de lois rétrogrades telles que celles concernant l’homosexualité ou la consommation du cannabis, le droit à l’avortement, lui, a été proclamé en 1973, avant même la France. Ceci étant, cette fierté ne doit pas faire de l’Interruption volontaire de grossesse (IVG),un geste anodin à prendre à la légère. Si nous bénéficions de cette chance, il n’en reste pas moins que nous devons demeurer vigilants et responsables, cet acte étant souvent vécu comme une mauvaise expérience pour la plupart, pouvant aller jusqu’au traumatisme.  Des femmes tunisiennes témoignent :

Alia, 33 ans,:

« Il a suffi d’un seul moment d’inattention pourqu’une grossesse se mette en route. Je me doutais bien que ça pouvait arriver mais je n’avais aucune envie de prendre, encore, la pilule du lendemain qui allait bousiller mon cycle menstruel, ainsi que mon humeur. Résultat : je me suis retrouvée enceinte alors que ce n’était pas du tout dans le programme. Garder l’enfant était une option inenvisageable pour moi, pour les raisons classiques, à savoir la famille, la société et le côté financier, vu que je n’étais pas mariée. Et comme il s’agissait d’une première fois pour moi, j’ai eu peur. Je savais que ça allait être douloureux et cela m’inquiétait beaucoup. Je ne sais pourquoi j’ai décidé de consulter un gynécologue qui n’était pas le mien. Peut-être avais-je peur que « l’officiel » ne me fasse la morale. Le jour de mon premier rendez-vous, le médecin m’a expliqué que j’avais le choix entre deux méthodes. L’IVG médicamenteuse, qui allait être douloureuse et provoquer un saignement pouvant durer un moment, et la méthode chirurgicale, sous anesthésie générale, rapide et efficace mais plus coûteuse que la première. Je n’avais pas besoin d’y réfléchir longtemps, je ne voulais absolument pas avoir mal et je voulais que ça se termine le plus vite possible, d’autant plus que mon copain allait m’aider pour les frais. Le jour J, nous sommes allés de bonne heure à la clinique. J’étais plutôt sereine et mon copain et moi avions bien rigolé avant qu’on ne m’emmène au bloc opératoire. Tout s’est bien passé et le contrôle post-avortement a été fait sur place, juste après l’intervention, comme convenu au préalable avec le gynécologue. Cependant, alors que moi je pensais le voir pour lui poser quelques questions, lui il s’est contenté de téléphoner aux infirmières pour s’assurer que j’allais bien.  Fin de l’expérience. Résumé : à part une petite gêne utérine, il n’y avait pas vraiment d’effets secondaires. En moins d’une heure je n’étais plus enceinte, j’étais soulagée, et je suis vite passée à autre chose. D’ailleurs il n’y a pas vraiment eu de répercussions psychologiques. Tout est bien qui finit bien. Mais, on a beau être mûrs et réfléchis, il peut tout de même arriver qu’on refasse la même erreur une seconde fois. Non, ceci n’est pas une blague. »

Deuxième IVG