Depuis petits, nous sommes pratiquement tous habitués à fêter l’Aïd El Kebir sans trop se poser de questions. Chaque année, nous avons les mêmes coutumes et mode opératoire comme si cela était ancré en nous. Aujourd’hui, nous vous proposons de nous arrêter sur l’événement et étudier son procédé afin de voir les petites différences qui pourraient exister selon les familles et les traditions.

Retour vers le passé

Tout d’abord, il faut comprendre l’origine de cette fête. L’Aïd se produit chaque année le 10 du mois Dhou-Al-Hijja, le 12ème mois lunaire dans le calendrier musulman étant aussi le mois du pèlerinage à la Mecque.  Religieusement parlant, cette fête découle du sacrifice qu’était prêt à faire Abraham pour témoigner de sa foi envers Dieu. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Aïd El Kebir est aussi appelé Aïd El Adha, qui veut dire sacrifice en arabe. L’histoire nous l’a connaissons tous ; Dieu pour tester la foi d’Abraham, lui demande de sacrifier son fils Ismaïl, étant sur le point d’accomplir ce qui lui a été demandé, Dieu arrête la main d’Abraham et lui donne un mouton à sacrifier à la place. Depuis, les musulmans ont pour coutume d’égorger un mouton le jour de l’Aïd en mémoire à ce sacrifice.

Comment se fête l’Aïd El Kebir en Tunisie ?

Selon les régions, les manières de faire peuvent varier. Cependant, en général, voici comment se passe la fête dite du mouton :
Le matin, les hommes vont à la prière de l’aïd et c’est quand ils rentrent que les festivités commencent. Dépendamment de l’endroit où vous vous trouvez, le mouton se fait égorger soit par un boucher, soit par les hommes de la famille (tant qu’ils ne sont pas gauchers). Contrairement aux grandes villes, à la campagne, il est coutume d’égorger le mouton ensemble sans faire appel au boucher. Une fois le mouton égorgé, le procédé à suivre là-aussi peut varier. Soit le mouton commence de suite à être coupé et décortiqué, soit  il ne peut être touché jusqu’au lendemain car selon les familles, le mouton part en pèlerinage le temps d’une journée.

Toutefois les familles effectuant le deuxième procédé achètent un  mouton la veille pour pouvoir le toucher le jour de l’aïd et donc se régaler avec. Plusieurs plats peuvent être préparés le jour J : du Osben, du couscous, de la mloukheya (selon les régions), du méchoui (grillades), de la Klaya, du merguez…

Pour ne pas que les enfants restent de côté, il existe la zogdida. Une manière pour les enfants de mettre la main à la pâte. Les « grands » donnent aux « petits » des petits bouts de viande avec lesquels ils pourront cuisiner dans des petits ustensiles tels que des couscoussiers, des kanouns et des grills. Ils pourront donc préparer des plats miniaturisés afin de se sentir partie intégrante des préparatifs. Une manière agréable et ludique pour que les enfants s’initient dès le pus jeune âge à la cuisine.

L’Aïd El Kebir est également l’occasion de se retrouver tous ensemble en famille et entre amis et de s’attabler autours de bons petits plats concoctés par petits et grands. Même si quelques petits détails changent selon les familles, le principe reste le même : profiter de cette journée dans la joie et la bonne humeur en étant tous réunis (à l’exception du mouton).

Par Balkis Hmida