L’académicienne algérienne Assia Djebar n’est plus

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Née Fatma-Zohra Imalayène le 30 juin 1936 à Cherchell, elle sera la première étudiante algérienne et musulmane à être accepté à l’Ecole Normale Supérieure, à Sèvres en 1955. En 1956, cette fille d’institeur, écrira son premier roman : «La soif», qu’elle signera avec son nom de plume, Assia Djabar (Assia : celle qui console et Djbar : l’intransigeance). Ce premier roman publié chez Julliard en 1957, trop souvent comparé à «Bonjour tristesse» de Françoise Sagan, raconte l’émancipation d’une jeune fille issue de la bourgeoisie.

En 1958, Assia Djebar écrira son deuxième roman, «Les impatients». Elle se mariera la même année et suivra son mari à Tunis, où elle prépare sous la direction de Louis Massignon un diplôme d'études supérieures en histoire. Avec la Croix Rouge et le Croissant Rouge, l’écrivaine se rendra aux camps de refugiés algériens, aux frontières tunisiennes, après le bombardement de Sakiet Sidi Youssef le 8 février 1958. Elle rassemblera et ordonnera les  témoignages atroces des réfugiés algériens qu’elle publiera sous le titre «Journal d’une maquisarde» dans le journal algérien El Moudjahid en 1959.

En 1957, elle enseignera l’histoire de l’Afrique du Nord à l’Université de Rabat au Maroc. En 1962, l’année de l’indépendance de l’Algérie, elle retourne dans son pays natal où elle enseigne l’histoire moderne et contemporaine du Maghreb puis la sémiologie du cinéma à l’Université d’Alger. Elle s’intéressera également au cinéma et réalisera en 1977, son premier long métrage, «La Nouba des femmes du Mont CHenoua», et obtient le prix de la Critique à la biennale de Venise en 1979. Puis «La Zerda et les Chants de l’oubli», primé au Festival de Berlin en 1983 comme «meilleur film historique». En 1985 elle remporte le prix de l’Amitié Franco-arabe grâce à son roman, «l’Amour, la fantasia». Elle partira pour les Etats-Unis en 1995 où elle enseignera d’abord à la Louisiana State University de Baton Rouge et d’érigera un centre d’études françaises et francophones, puis à la New York State University en 2001. En 2000, elle reçoit le prix de la paix des éditeurs allemands et en 2005, elle sera la cinquième femme, et la première femme maghrébine et musulmane, à être élue à l’Académie française. Elle sera également élue à l’Académie royale de Bruxelles au fauteuil de Julien Green.

Assia Djabar, laisse derrière elle une œuvre dense et plurielle traversée par deux questions fondamentales : la langue et la place de la femme dans la société algérienne.

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