Le 6 avril 2000 nous quittait l’homme qui a le plus marqué l’Histoire moderne de la Tunisie. Habib Bourguiba, l’enfant de Monastir, est né le 3 août 1903 et est le dernier d’une fratrie de 8. En 1907, il est inscrit au collège Sadiki dans la capitale où il réside avec son frère aîné M’hamed. Il obtient son certificat d’études primaires en 1913 puis son baccalauréat en 1924. Il part alors poursuivre ses études à la Faculté de droit de Paris puis à l’Ecole libre des sciences politiques et obtient une licence en droit et le diplôme d’études politiques.

De retour en Tunisie, il exerce en tant qu’avocat stagiaire pendant 4 ans mais se retrouve très vite confronté aux inégalités entre Tunisiens et Français et ressent la nécessité d’entreprendre une démarche réformiste  visant à faire de la Tunisie un pays libéral, moderne et laïc. Commence sa phase de militantisme dans les milieux nationalistes. En 1934, il fonde le néo-destour, parti initiateur du mouvement pour l’indépendance du pays et se retrouve plusieurs fois arrêté et exilé par le protectorat français. Toutefois, il choisit de négocier avec la 4e République pour atteindre son objectif. Son militantisme lui valut le surnom du »Combattant Suprême », le « Zaïm » ou encore « Le père de la nation ».

La Tunisie obtient son indépendance le 20 mars 1956 et Bourguiba proclamera la République et la fin de la monarchie de 25 juillet 1957. Jusqu’en 1987, année de sa destitution, il œuvre pour rendre la Tunisie un pays moderne en faisant de l’éducation et des droits de la femme l’une de ses priorités.  Il lutte également pour des soins de santé garantis à tous, pour l’exclusion et la précarité. Le code du statut personnel reste à ce jour une exception dans le monde arabe.

Habib Bourguiba rencontre Mathilde Lefras à Paris alors qu’il était encore étudiant et l’épouse en 1927. Celle-ci adopte la nationalité tunisienne après l’indépendance, se convertit à l’islam et s’appellera par la suite Moufida Bourguiba. Ensemble, ils auront un fils : Jean Habib Bourguiba Jr. Le couple se séparera en juillet 1961. Bourguiba épouse par la suite Wassila Ben Ammar en 1962, une femme appartenant à la bourgeoisie tunisoise. Ensemble, ils adoptent une fille prénommée Hajer. En août 1986, leur divorce est prononcé.

Le Commandant Suprême se voit destituer de son poste par un coup d’état  le 7 novembre 1987 par son 1er ministre Zine El Abidine Ben Ali. Il est, en premier temps, évacué à Mornag puis transféré à Monastir où il passera le restant de sa vie. Il mourra le 6 avril 2000 à l’âge de 96 ans.