La Tunisienne Fatma Kanou nous raconte les coulisses de l’émission « Les rois du gâteau » sur M6

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La deuxième saison des « Rois du gâteau » sur la chaîne française M6 démarre ce soir à 18h45. Au menu, deux grands chefs pâtissiers, à savoir Cyril Lignac rejoint en cette saison par Frédéric Bau, vont accompagner les candidats « Rois du gâteau » dans ce concours de pâtisserie quotidien. Et pour cette saison, les candidats ont du d’abord ramener leur gâteau tout prêt afin de convaincre le jury. La tunisienne Fatma Kannou Rose, résidente en Belgique, a fait le chemin de Bruxelles jusqu’à Paris pour espérer finir la « Reine du gâteau ». Sa participation sera diffusée cette semaine. L’occasion pour nous pour lui poser quelques questions sur les dessous de cette aventure.

Femmes de Tunisie : Comment avez-vous fait pour participer à l’émission ?

Fatma Kanou Rose : Une amie vivant en Tunisie a repéré le casting sur Facebook. Elle a pensé à moi et m’a communiqué les coordonnées de la casteuse. Il a suffit que j’envoie des photos de mes gâteaux et elle m’a directement appelée.

F.D.T : Comment s’est déroulé le casting ?

F.K.R : Le casting a duré plus de 2 mois. On ne le réalise pas quand on voit l’émission à la télé mais c’était une sacrée aventure avant d’arriver devant les chefs. D’abord j’ai répondu à un questionnaire bien détaillé par e-mail, puis à un entretien téléphonique. Quelques jours après, l’équipe m’a contactée pour me dire qu’il fallait que je vienne à Paris faire déguster mon gâteau à Benoit Couvrand (le pâtissier des pâtisseries de Cyril Lignac). C’est à partir de cette étape que le stress a commencé ! Tout d’abord parce que c’était la première fois qu’un grand chef aussi respecté allait donner son avis sur mon gâteau. De plus, je devais faire la route partant de chez moi à Bruxelles jusque Paris (4h en voiture) avec mon gâteau et j’avais peur qu’il lui arrive une catastrophe durant le trajet.

Pour finir, le mari de mon amie, qui est glacier de métier, m’a donné une boîte remplie de neige carbonique. J’ai transporté mon gâteau dedans et arrivé à Paris, il était encore entièrement congelé, heureusement qu’on a passé la nuit sur place et que le lendemain il était juste comme il faut pour le casting.

Un mois plus tard, on m’appelle pour me dire que ma candidature a été retenue et que j’allais rencontrer non seulement Cyril Lignac mais aussi Frédéric Bau, un des chefs pâtissiers que j’admire le plus.

Femmes de Tunisie : Comment avez-vous commencé la pâtisserie ?

F.K.R : J’ai commencé la pâtisserie quand je suis devenue maman, je voulais offrir à ma fille un magnifique gâteau d’anniversaire fait par sa maman. Je ne m’attendais pas à me prendre autant de passion pour la pâtisserie. Ça a commencé par le cake design, j’ai d’abord suivi des master classes avec des cake designers internationaux puis, petit à petit, je me suis lassée de la pâte à sucre. J’avais envie de plus de gourmandise. L’émission a été tournée il y a un an, elle est réservée aux amateurs mais depuis cette expérience, j’ai eu mon diplôme en boulangerie pâtisserie glace et c’est officiellement mon métier.

F.D.T : Comment s’est passé le tournage ?

F.K.R : Je connaissais la saison 1 du Roi des Gâteaux où 3 candidats faisaient goûter leur gâteau aux chefs et 2 d’entre eux étaient choisis pour s’affronter en face à face. Donc, le premier jour de tournage j’étais confiante, je me disais que j’avais 2 chances sur 3 d’être choisie, c’était pas mal mathématiquement. Et puis le jour du tournage, je découvre que les règles ont changé : on était 10 et seuls 2 d’entre nous allaient être sélectionnés, les probabilités étaient beaucoup plus faibles. Finalement, le tournage était tellement long (convoquée à 12h pour passer devant les chefs à 21h30) que tout le stress s’était dissipé et j’étais assez confiante.

Je ne vais pas spoiler l’épisode mais ce que je peux dire c’est que, devant nos écrans, on a l’impression qu’il est tourné en une seule journée mais dans la réalité, c’était en 2 fois avec 3 semaines entre les 2 tournages. Autant le premier s’est très bien passé pour moi car je le vivais comme une expérience, autant le 2ème était plus difficile. La veille, dans la nuit du 2ème tournage, j’ai perdu mon grand-père et j’avais le cœur déchiré entre annuler le tournage et rentrer en Tunisie. Pour finir, j’ai décidé d’honorer mes engagements et d’essayer de gagner afin d’honorer mon grand-père mais ça n’a pas été évident, je ne sais pas si ça va se voir à l’écran.

F.D.T : Une sacrée expérience ! Quels souvenirs en garderez-vous ?

F.K.R : Dans l’ensemble, je garde un excellent souvenir du tournage, ça reste vraiment une belle expérience de voir les dessous de la télé, de ce genre de concours. Ça m’a aussi permis d’avoir les avis de très grands chefs sur ma pâtisserie et de rencontrer des personnes exceptionnelles. A refaire, je le refais sans aucune hésitation !

F.D.T : Quel est votre gâteau préféré, tunisien et international ?

F.K.R : En pâtisserie française, j’adore l’opéra : le mélange entre un biscuit imbibé au café, une crème onctueuse moka et la gourmandise d’une ganache chocolat, je trouve l’association parfaite.

Et en Tunisie nous avons un gâteau presque identique, qui a bercé mon enfance : la khobzit hwé. C’est le premier gâteau que j’ai fait. Etant enfant, avec ma grand-mère et ma maman, on en faisait souvent. Il suffisait d’ouvrir un paquet de biscuit et de faire une crème moka mais c’est pourtant tellement bon. Aujourd’hui, j’évite d’en faire parce que je suis capable de le manger entièrement seule [Rires]