La Tunisienne Faouzia Zouari lauréate du prix des 5 continents de la Francophonie

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L’auteure tunisienne Faouzia Zouari vient de remporter le prix des 5 continents de la Francophonie 2016, organisé par l’Organisation Internationale de la Francophonie.

« Le corps de ma mère », dernier ouvrage de Faouzia Zouari avait déjà remporté le prix  du Comar d’or 2016 du roman en langue française en mai dernier. Hier, mardi 6 décembre, le même ouvrage de la Keffoise est primé dans le concours des 5 continents de la Francophonie. Une première sélection de 10 romans avait été faite le 16 septembre dernier parmi 122 œuvres dans cette 15ème édition du prix des 5 continents de la Francophonie.

« Le corps de ma mère » raconte « la mère » de Faouzia Zouari. L’auteure livre ici un roman autobiographique sur son rapport Yamna,  la vie de cette dernière, ainsi que sa personnalité. Il aura fallu des années et une révolution pour que la jeune journaliste de « Jeune Afrique » puisse coucher sur des feuilles ce tabou de la personnalité maternelle, aussi mystérieuse que silencieuse.

Docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, Faouzia Zouari est née dans un village du Kef et vit à Paris depuis 1979. Parmi ses publications : La caravane des chimères (Olivier Orban, Paris, 1981), Ce pays dont je meurs (Ramsay, Paris, 1999), Le voile islamique (Favre, Paris, 2002) ou encore La deuxième épouse (Ramsay, Paris, 2006)

Extrait: 

« Pour la huitième fois, j’accouchais d’un garçon et j’étais au bord du désespoir, raconta Arem. Il me tardait d’en finir avec les nausées, les évanouissements et la peur de perdre la vie à chaque grossesse. Et si je me prêtais encore au devoir du lit, ce n’était pas par plaisir, mais seulement dans l’espoir d’avoir une fille. Un être qui saurait reprendre mes gestes à l’identique et devinerait mes maux, qui sauverait ma vieillesse de la solitude et ferait de son cœur un abri pour mes secrets. Hélas ! À chaque accouchement, ma déception était à la mesure de ma douleur, lorsque je découvrais la maudite excroissance entre les jambes du nouveau-né.

Personne ne me convaincra que les garçons servent à quelque chose, ni que les filles ont le déshonneur vissé au corps, encore moins qu’elles nourrissent en leur sein le scandale, comme le prétend l’imam dans ses prêches, nous accusant, nous les femmes, de manquer de raison et de foi, d’être enduites de la salive du Diable, menteuses et rusées, malveillantes et je ne sais quelles autres sornettes. J’appelle le courroux d’Allah sur Son imam ! »