Un article un peu particulier pour une expérience particulière que je tenais à partager avec vous. Un témoignage non seulement pour louer les bienfaits de ce sport singulier, mais quelque part aussi pour faire passer un message : Une petite dose de volonté peut tout changer.

Avant de commencer, une petite précision : je suis de nature craintive et j’ai un vertige qui m’empêche même de traverser une passerelle pour piétons… La randonnée en montagne ? Ça s’est arrêté à des plans imaginaires, une envie, mais jamais de concrétisation. Et pourtant, j’ai décidé de relever le défi du Mountain Fitness Challenge. Il s’agit d’un événement un peu spécial, organisé par le coach Seif Sassi et l’association Tunisian Campers, où sont combinés randonnée, escalade, cours d’abdos et yoga, au cœur de Djebel Zaghouan.

 Un démarrage en force et que l’aventure commence !

A peine le temps d’écouter les recommandations des guides et de prendre une bonne inspiration que l’aventure a déjà commencé. Un départ en pente, les expressions des visages ont vite durci et on a déjà commencé à s’essouffler. « Ah ça ne rigole pas… », c’est ce que j’entendais de part et d’autre. Et à vrai dire, je me suis un peu inquiétée. Si je peinais à respirer dès le départ, comment allait être la suite ? Et ben, la suite était de loin plus difficile mais tellement stimulante : un challenge au vrai sens du terme. Une fois cette première pente achevée, le vrai défi commençait. Des obstacles en veux-tu en voilà, 1 km d’escalade et près de 10 km de randonnée.

Sur mon passage, à la première entrave, un monsieur était pris de panique et n’arrivait plus à avancer. C’est là que j’ai compris qu’il ne fallait pas laisser le temps au cerveau d’être conscient de la peur. J’ai passé mon chemin, le monsieur étant déjà bien entouré, et traversé l’obstacle. La concentration est à son maximum et on fait attention au moindre détail : une pierre pas stable, une branche qui dépasse, etc.

 

Une sollicitation physique complète

On se sent comme une boule d’énergie qui circule et on a l’impression que rien ne peut plus nous arrêter. On est conscient de chaque inspiration, de chaque expiration, de l’air pur qu’on respire et de chaque mouvement qu’on effectue pour marcher, prendre de l’élan ou encore prendre de l’appui. Le cardio est à son summum, l’adrénaline nous booste encore et encore ce qui nous fait oublier les petites blessures, et les muscles font leur travail : On s’appuie sur deux rochers pour un petit saut ? On fait appel aux triceps et aux épaules. On s’accroche à un rocher pour escalader ? On sollicite ses biceps en aidant avec les jambes et c’est là où la souplesse intervient. Les abdos ? Ils sont automatiquement serrés pour pouvoir garder l’équilibre. On descend une pente ? Fessiers, abdominaux, quadriceps, mollets, tout est sous tension, notamment pour le freinage. Et le soir même, des courbatures dans des zones du corps qu’on ne croyait même pas pouvoir solliciter, se manifestent.

En gros, endurance, résistance, force et mobilité sont les principales aptitudes physiques qu’on éveille ou qu’on développe lors d’une randonnée en montagne.

Des bienfaits psychologiques considérables

Faire une randonnée et/ou de l’escalade implique une sortie de sa zone de confort. Et pour un (e) novice, marcher dans une montagne est loin d’être une chose simple, aussi sportif soit-il, surtout quand on est craintif de nature ou qu’on a le vertige. S’ajoute alors à l’effort physique une vraie guerre psychologique, et on découvre une tout autre facette de soi.

Pour mon cas, je suis partie du principe que si les dizaines de personnes devant moi ont réussi à passer, qu’est-ce qui me retiendrait de le faire ? Et puis, si je décidais d’arrêter, c’est toute une logistique que j’allais bousiller… je risquais en effet de bouleverser le bon déroulement de l’événement. Un mélange bizarre entre égo et instinct de survie me submergeait.

Il fallait donc avancer, faire attention à chaque pas et au moindre geste qu’on fait, ne pas regarder en bas, ne pas laisser le temps à notre cerveau de se rendre compte de cette faiblesse qu’est la peur, ne pas se laisser affecter par la peur des autres, ne pas penser à combien d’obstacles ou de kilomètres restent-ils, mais uniquement profiter du paysage et de l’expérience. Et c’est là qu’on ressent la délivrance. D’un coup, on se déconnecte du monde et on se libère de tous ses complexes.

Et ce qui est encore plus stimulant et motivant, c’est quand on voit les différents profils qui nous entourent, leur détermination, leurs réactions, et le fait que malgré tout, ils avancent, ils sont solidaires, ils s’entraident et ils dégagent une énergie magnifique.

Au final, on en ressort plus fort, plus confiant et plus sportif.

Conseils :

J’ai beau louanger la randonnée, toutefois, quelques petits conseils pratiques sont de rigueur : il est primordial de porter des chaussures adéquates, autrement, vous risquez d’en souffrir tout au long du circuit. Idéalement, les vêtements aussi doivent être adaptés aux randonnées pour éviter qu’ils ne se déchirent et pour vous épargner les petites égratignures causées par les branches d’arbre ou autre. Une veste imperméable qui vous évitera d’attraper froid en cas de pluie est également recommandée. Le sac à dos doit être le plus léger possible. Il ne faut pas oublier de s’hydrater et de prendre une pause pour le ravitaillement si besoin. Idéalement, des dattes pour se recharger en énergie.  Il est d’autre part très important d’être attentif aux consignes des guides.