La marche aquatique, ce nouveau sport aux bienfaits étonnants  

0
504
C’est un sport qui est encore en train d’être constitué, qui progresse doucement mais sûrement à travers le monde et qui a récemment débarqué en Tunisie. On parle de cette discipline sportive aux bienfaits insoupçonnés, encore peu connue chez nous, appelée marche aquatique. Pour en savoir plus, nous avons fait appel à Nour Hamza, professeure, présidente de l’association « Sidi Bou Said Aqua Walking » et animatrice fédérale en marche aquatique. Détentrice de  trois médailles, deux en Tunisie et une en Espagne, Nour prône ce sport et loue ses vertus, tout en étant optimiste quant à son avenir en Tunisie. Interview.

Femmes de Tunisie : En quoi consiste la marche aquatique ? 

Nour Hamza : Il s’agit d’une marche dans l’eau avec un niveau d’immersion devant être situé sous le diaphragme, soit entre la taille et les aisselles. On marche à une amplitude, un pas et une vitesse bien déterminés, en utilisant une technique bien précise. Celle-ci ressemble un peu au crawl dans la natation, alternant  jambe gauche et main droite, puis le contraire, tout en agrandissant le pas. C’est un sport exclusivement marin, qui se pratique à mains nues ou avec la pagaie ou le Longe Up, sur des distances allant de 500m à 1km.

Pour pouvoir le pratiquer, il faut impérativement porter des chaussons ou des baskets et une combinaison en néoprène en hiver. 

La marche aquatique, appelée également longe-côte, a été inventée en 2005 à Dunkerque par Thomas Wallyn, ex-champion de France d’aviron. Plusieurs clubs ont petit à petit vu le jour tout au long du littoral et dans le bassin méditerranéen. De Marseille, la marche aquatique a trouvé des adeptes d’abord dans la ville de Bizerte puis à Tunis, plus précisément à Sidi Bou Saïd où une centaine de personnes pratiquent cette activité, en été comme en hiver, au sein du club Sidi Bou Saïd Aqua Walking.

FDT : Quels sont les bienfaits de la marche aquatique ?

NH : Le longe-côte est un sport aux bienfaits innombrables que ce soit sur le plan physique ou mental. En effet, il améliore la motricité et permet de travailler les muscles profonds et superficiels ainsi que la posture du corps. Il aide également à redresser la structure osseuse, à traiter l’arthrose, à développer les poumons et la respiration, et favorise le retour veineux. De plus, elle permet de prévenir plusieurs maladies et elle est conseillée par les médecins pour le traitement de certains traumatismes. C’est donc à la fois un sport de renforcement et de récupération, en particulier pour les sportifs atteints de blessures ou de lésions articulaires.  Sans oublier les vertus de l’eau de mer contre les varices, et de l’iode contre la thyroïde. 

Pour ceux qui désirent perdre du poids, il faut savoir qu’une heure de marche aquatique équivaut à 3 heures de trail en montagne.  

D’autre part, ce sport permet de sécréter les quatre hormones du bonheur, à savoir l’endorphine, la dopamine, l’ocytocine et la sérotonine, étant donné qu’il se pratique en milieu marin, où les sensations de plaisir et de détente sont décuplées. 

De plus, il joue un rôle social important, dans le sens où il y a une certaine cohésion qui se créée entre les différents membres du groupe pratiquant le longe-côte et aide à dépasser de nombreuses phobies liées à la mer.

FDT : La marche aquatique peut-elle présenter des risques ?

NH : Il faut savoir qu’on prend toutes les précautions nécessaires pour qu’il n’y ait aucun risque lorsqu’on pratique ce sport. D’ailleurs personne ne peut entrer dans l’eau tant que le terrain n’a pas été préalablement inspecté. On a été formés, à juste titre, en météo et en risques marins ; on comprend les vagues, la houle, les nuages, le milieu marin et on a des certificats de secourisme. 

Cette formation a été donnée en janvier dernier à Bizerte, et suite à laquelle on est devenus animateurs fédéraux en longe-côte. Outre le côté pratique, les risques et le secourisme, elle comprenait également des volets concernant les compétitions et les bienfaits de la marche aquatique.

FDT : Quel est l’avenir de la marche aquatique en Tunisie ?  

NH : Tout d’abord, il y a le championnat de Tunisie de longe-côte qui a été instauré ; quatre rencontres auront lieu chaque année dans différentes villes du pays afin d’essayer de toucher tout le littoral. 

Puis, il y a l’Open international, où quatre rencontres se jouent dans les pays pratiquant ce sport, dont la Tunisie. D’ailleurs les Tunisiens ont déjà participé à des compétitions en Italie et en Espagne où ils ont raflé plusieurs médailles. 

Par ailleurs, j’ai créé un club de marche aquatique, dont l’inauguration aura lieu au mois de juin dans le cadre de « La Saison Bleue ». Je l’ai baptisé « Sidi Bou Saïd Aqua Walking » et il comprend une section jeunes pour les moins de 18 ans, que j’ai nommée « Sidi Bou Saïd Youth Club ». 

Notre but maintenant est de fédérer les jeunes. D’ailleurs chaque samedi, on organise une partie de beach-volley pour essayer de ramener les jeunes. 

FDT : Un mot pour la fin ? 

NH : La marche aquatique est un sport qui est en train d’évoluer et qu’on est en train de promouvoir, notamment grâce aux femmes. Il est important de souligner le rôle qu’elles jouent dans son développement. D’ailleurs, les membres actifs du club qui pratiquent le longe-côte régulièrement sont majoritairement des femmes. Les membres fondateurs de l’association « Sidi Bou Saïd Aqua Walking » sont également toutes des femmes. 

Cependant il ne faut pas oublier tous ceux qui sont en train de fournir des efforts considérables à l’échelle internationale afin de faire connaître la marche aquatique, dont la Fédération française de  randonnée (FFR), Aqua Walking International, ainsi que toutes les personnes dans le monde qui contribuent à l’essor de cette activité.