Kyoto, temples et geishas

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La magie de Kyoto, c’est son côté traditionnel qui perce à chaque détour de rue… On ne peut que remarquer les maisons basses traditionnelles, les petits fabricants d’éventails, les Japonais en yukata arpentant les ruelles et bien sûr, les innombrables temples.

Kyoto, ville du patrimoine mondial

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Le théâtre Nô – ©UNESCO/Dou Matar Gueye

Les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO sont dits « représenter une œuvre d’art issue du génie créatif de l’homme » et avoir une « valeur universelle remarquable ». La variété, l’ancienneté et le grand nombre de sites du patrimoine mondial à Kyoto sont inégalés au Japon. Le château Nijo-jo et 16 temples et sanctuaires ont été sélectionnés comme sites du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1994.

Les temples incontournables

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Le temple Kinkakuji – Crédit: Guillaume Pratte

Les temples dans Kyoto et sa région avoisineraient le nombre de 1600. Nous avons eu le désir de vous en faire découvrir deux parmi les plus beaux. En tout premier lieu, le temple Kinkaku-ji. L’image de la silhouette du temple richement recouvert de feuilles d’or se reflète magnifiquement dans l’eau de Kyokochi, l’étang miroir. C’est peut-être l’image la plus connue de Kyoto. En se réfléchissant dans l’étang voisin, avec ses petites îles de pierres et de pins, le temple de Kinkaku-ji, ou « pavillon d’or », procure une vision à couper le souffle.
Au départ, une villa construite entre 1397 et 1407 pour le Shôgun Ashikaga Yoshimitsu. Cette villa fut convertie à la mort du Shôgun en 1408 en temple zen de la secte shôkoku-ji. Le pavillon d’or ou Rokuon-ji, bâtiment entièrement recouvert d’or pur à l’exception du rez-de-chaussée, est entouré d’un jardin de l’époque Muromachi et d’un étang. Incendié en 1950 par un prêtre, il a été reconstruit à l’identique en 1955. Cet épisode a inspiré un célèbre roman du grand auteur Mishima intitulé justement Le Pavillon d’or.

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Temple Bouddhiste de Kiyomizu – Crédit : yoyoroshiku
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Temple bouddhiste de Kiyomizu – Crédit Andre Wamiet

En deuxième lieu, nous avons privilégié le temple bouddhiste de Kiyomizu, ce qui signifie littéralement « eau pure ». Ce temple de la secte Hossô et Shingon fondé en 798 est dédié au culte de Jûichi- men-Kannon. Il fut reconstruit en 1633. Le bâtiment principal du Kiyomizu-dera est célèbre pour sa plateforme, soutenue par des centaines de piliers, à flanc de colline et qui donne une vue impressionnante de Kyoto. En contrebas du bâtiment principal se trouve la chute d’eau Otowa-no-taki, d’où trois canaux plongent dans une mare. Les visiteurs du temple boivent de cette eau dans des coupelles en fer, eau qui aurait des propriétés thérapeutiques. Il est dit que boire de l’eau des trois canaux confère santé, longévité et succès dans les études.

Chemin de méditation à Kyoto

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Chemin de méditation à Kyoto – Crédit : André Wamiet

À l’est de Kyoto se trouve Higashiyama, « la montagne de l’Est », du nom de la montagne à laquelle s’adosse le quartier. Dès le 14e siècle, de nombreux temples, sanctuaires ou villas de la noblesse ont été construits à cet endroit, donnant au quartier une vitalité toute particulière en matière d’architecture, de jardins ou de beaux-arts. Ces temples attirent aujourd’hui de nombreux touristes par leur diversité et l’agréable chemin qui les relie : Tetsugaku-no-michi ou le « chemin des philosophes », aussi nommé « chemin de la philosophie ». C’est un lieu privilégié et fréquenté de Kyoto pour admirer les cerisiers en fleurs. Le Tetsugaku-no-michi est un chemin piétonnier qui longe un canal. Il est bordé de cerisiers et de nombreuses autres variétés en fleurs. Il tire son nom de l’un de ses plus célèbres « promeneurs » du 20e siècle, le philosophe Nishida Kitaro dont on dit qu’il arpentait ce chemin régulièrement perdu dans ses pensées. Il ne faut que 30 minutes pour terminer la promenade qui commence juste au nord d’Eikan-do et se termine à Ginkaku-ji. Ce chemin reste une attraction pour les touristes culturels japonais et étrangers.

Palais impérial

Palais impérial – Copyright : Fung Swee

Ancienne capitale impériale et ville du patrimoine mondial, Kyoto conserve un palais impérial qu’on ne peut ignorer. Seulement deux fois par an, tout visiteur peut pénétrer dans la résidence impériale, indépendamment de son origine. Le bâtiment qu’on peut voir aujourd’hui date de 1855, il a cependant été reconstruit sur le même plan qu’à l’origine. Ce fut la résidence de la famille impériale jusqu’en 1868, avant que Kyoto ne perde son rang de capitale au profit de Tokyo. Le style architectural du palais impérial de Kyoto est le Shinden. Ce style est représenté par les chemins couverts qui permettent le passage de bâtiment à bâtiment, le cloisonnement des pièces avec sur le sol du parquet et des tatamis pour s’asseoir ou dormir. Ce style était souvent utilisé par la noblesse ou les Samurais de haut rang du 15e siècle. Aujourd’hui dans ce palais se tiennent encore des cérémonies officielles, dont les vœux du Nouvel An dans le pavillon central appelé shishinden. Le palais impérial de Kyoto est surtout désormais une maison secondaire pour l’empereur et sa famille.

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Attraction mythique : Gion, le quartier des geishas. « Il ne reste aujourd’hui qu’une centaine de vraies geishas dans Gion, le quartier le plus traditionnel de Kyoto. Mais seul un cercle très restreint de riches connaisseurs japonais peut accéder jusqu’à elles. Femmes d’esprit, musiciennes, danseuses et courtisanes de luxe, elles incarnent un idéal féminin éternel. Contrairement à une opinion répandue en Occident, elles ne vendent pas leurs charmes, et ce sont des artistes. » Antoine Lassaigne, auteur du film Geishas de Gion, L’Art De Paraître, France 2002

Gion est ce quartier de Kyoto érigé au Moyen-Age à côté du sanctuaire de Yasaka. Gion a d’abord été construit pour servir de halte aux voyageurs et visiteurs du sanctuaire. Il a par la suite évolué pour devenir une zone prisée et connue pour ses geishas. Les geishas sont donc ces artistes aux mille facettes. Maîtrisant différents instruments de musique, maniant le japonais afin que les sous-entendus soient les plus fins possible, ces jeunes femmes sont regroupées dans ce que l’on appelle les Hanamachi. Le quartier de Gion comporte deux Hanamachi, le Gion Kôbu et le Gion Higashi. Si lors de votre périple dans la ville de Kyoto vous avez la curiosité de découvrir où vivent ces geishas, n’hésitez pas à vous rendre dans ce quartier aux maisons en bois comme dans l’ancien Japon. Pour profiter pleinement de cette vision du Japon, nous vous conseillons de voir le Gion Matsuri qui a lieu le soir du 16 juillet. Le quartier de Gion est illuminé de myriades de lampions. Le jour suivant, vous verrez passer les chars des quartiers de la ville et bien sûr les geishas, dites Geiko, et leurs apprenties, les Maiko, qui se placent sur le devant des maisons pendant ce festival. On estime aujourd’hui le nombre de geishas à moins de 15.000.

Rues du quartier de nuit

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Niciki food Market à Kyoto – Crédit : André Wamiet

Gion est parsemé de maisons japonaises traditionnelles appelées Machiya, qu’on peut traduire par « maison urbaine », dont certaines sont des Ochaya ou « maison de thé ». Ce sont des établissements traditionnels où les clients de Gion, autrefois des Samouraïs, aujourd’hui des hommes d’affaires, se divertissent en compagnie des Geiko. À l’intérieur de l’ochaya, on se retrouve dans un monde privé où le divertissement de la soirée peut inclure cocktails, conversations, jeux, musiques japonaises traditionnelles, chants et danses. Aujourd’hui encore, les geiko et les maiko peuvent être vues, vêtues en habits traditionnels, aussi bien lors de soirées que la journée dans les rues de Gion. Aujourd’hui, une partie de ce district est classé patrimoine historique au Japon. Récemment, la ville de Kyoto a accompli une réfection des rues de Gion, en enterrant notamment l’ensemble du réseau électrique et téléphonique afin de préserver la beauté originelle de Gion.

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ues du quartier de nuit – Crédit : André Wamiet

Pour finir ce tour d’horizon culturel de Kyoto, une visite au Nishiki food Market de Kyoto s’impose. Les commerçants du marché alimentaire Nishiki se lèvent tôt pour y vendre des poissons, de la viande, des produits secs, des plats d’accompagnement, du yuba (peau du tofu) et des légumes dans une rue de 400 mètres de long, de Teramachi à Takakura. Le marché est parfois connu sous le nom de « Cuisine de Kyoto ». N’oublions pas que le Japon est une destination gastronomique par excellence.

Texte : Martine Geronimi