[Photo : Jane dans le série « Jane the virgin »]

Faut-il rester vierge jusqu’au mariage ? Peut-on franchir le cap avant ? Nous sommes en 2017 et pourtant on se pose encore ce genre de questions et la virginité demeure encore et toujours un sujet tabou, dont certaines personnes ont été victimes. Zohra, 35 ans fait partie de ces gens-là et nous raconte son récit : 

« Il faut que tu te préserves pour ton mariage ». C’est la phrase que j’entendais depuis mon plus jeune âge. Aujourd’hui je suis une fille, ou devrais-je dire femme de 35 ans, qui regrette d’avoir prêté un jour l’oreille à ces futilités. Voici mon histoire : issue d’une famille mi-moderne, mi-conservatrice, j’ai vécu une adolescence plus ou moins normale. J’ai connu des garçons, j’ai eu des petites histoires, des petites amourettes, mais tout en gardant en tête que je devais rester vierge jusqu’au jour de mon mariage. D’ailleurs je ne saurai pas vous expliquer comment cette idée a été ancrée dans ma tête mais je sais que c’est ce que pensait presque tout mon entourage, y compris certains membres de ma famille.

A 20 ans, j’ai connu mon premier amour, Slim. On est resté ensemble 5 ans pendant lesquels il a respecté mon choix de garder ma virginité, lui qui est à moitié français et qui ne se souciait guère de ce genre de détails. Ceci dit en discutait parfois, et je m’obstinais dans mon refus de passer à l’acte avant le mariage mais sans jamais donner d’arguments convaincants. Il faut dire qu’au fond, je n’étais moi-même pas du tout convaincue des raisons que j’avançais pour défendre mon avis. Mais on dirait que ce principe, de rester « pure » jusqu’au jour J, était présent dans ma tête malgré moi. Quand notre histoire s’est terminée, et qu’on a décidé de rompre, j’ai eu bizarrement un petit pincement au cœur, pensant que c’était peut-être lui le bon, celui à qui je devais offrir ma fleur. C’est là que l’idée d’attendre le mariage m’était parue ridicule. Il fallait tout simplement attendre le bon.

Je n’ai même pas dormi dans ses bras cette nuit-là.

Je suis restée célibataire trois ans, attendant mon prince charmant, sans pour autant le chercher. A 28 ans j’ai connu Karim, mon ex-époux (oui, je suis une femme divorcée). Notre histoire a commencé en douceur. On avait pris le temps de bien se connaître, on n’avait brûlé aucune étape et on s’est beaucoup aimé. Ce n’était pas l’amour fou, comme celui que j’ai vécu avec Slim, mais c’était un amour profond et sincère. Au bout d’un an j’ai décidé que j’allais franchir le cap avec lui. Je lui en ai alors parlé et… surprise ! Il voulait attendre le mariage. Je ne vous cache pas ma déception alors, mais je me suis dit qu’il avait en fin de compte probablement raison et j’étais d’un coup à nouveau convaincue que c’était la meilleure chose à faire… attendre. Un an et demi après, nous voilà enfin mari et femme, prêts à consommer le mariage. Cette nuit-là devait être magique pour moi. Evidemment je savais très bien que ça pouvait être douloureux, que ça n’allait pas forcément être la nuit de mes rêves, mais ceci étant, j’avais hâte d’y être. Et c’était loin d’être plaisant. D’ailleurs j’en garde un mauvais souvenir : la fatigue, la douleur, une sensation de malaise… Je n’ai même pas dormi dans ses bras cette nuit-là. Et c’était pareil les nuits qui suivaient. Je ne vais pas entrer dans les détails de nos tentatives de coït, qui, soit dit en passant ont fini par aboutir, mais je vais vous dire que mon mari et moi n’avions pas vraiment ce qu’on appelle une vie sexuelle épanouie. C’était plutôt une sorte de « devoir » ou de routine, qui n’engendrait pas vraiment de plaisir. Pendant les premiers mois de notre mariage on essayait de patienter, de ne pas trop se concentrer sur cette partie de notre vie. Puis on devenait de moins en moins patients, de plus en plus irritables. On ne s’entendait plus, on ne s’aimait peut-être plus… et on a fini par divorcer. Chose qu’aucun de nous ne regrette. Nous sommes même restés en contact.

Mais aujourd’hui, avec  du recul, je me dis qu’il n’aurait peut-être pas fallu négliger le côté sexuel de notre relation avant le mariage. Que si on s’était découvert plus tôt sur ce plan, on aurait pu éviter le divorce ou qu’on ne se serait même pas mariés. Aujourd’hui j’ai refait ma vie avec un autre. On s’est bien connus sur tous les plans avant de se dire oui, et maintenant on a décidé d’avoir un enfant.

ET SI VOUS METTIEZ VOTRE GRAIN DE SEL ?