Jazz à Carthage by Ooreedoo : All that jazz, blues, fusion, soul and hip-hop!

0
1112

Dix ans déjà! Pour cet anniversaire, Scoop Organisation de Mourad Mathari et ses sponsors mettent les petits plats dans les grands. Une édition exceptionnelle qui s’installe au Palais des Congrès avec un programme particulièrement soigné qui fait la part belle au jazz mais s’ouvre, comme toujours, aux autres sons pour satisfaire tous les public. Revue non exhaustive des concerts proposés. 

Le coup d’envoi de Jazz à Carthage promet un feu d’artifice avec un duo de choc: John Scofield (guitare) et John Cleary (piano et chant). Le premier a fait ses armes avec Charlie Mingus et Miles Davis, le second, originaire de la bonne vieille Angleterre, a posé ses valises à la Nouvelle Orléans où il se découvre une passion pour les jam-sessions. Scofield et Cleary jouent ensemble depuis 2008, l’année où ils produisent ensemble le fameux album «Piety Street». En seconde partie, le légendaire Stanley Clark Band qui a donné ses lettres de noblesse à la basse électrique. Au palmarès de Stanley Clarke, quatre Grammy Awards et plusieurs disques d’or. 

John Scofield et Johne Cleary

Pour ceux qui préfèrent un swing bluesy, tout en mélodie, ne pas manquer les vieux complices Larry Golding (orgue Hammond), Peter Bernstein (guitare) et Bill Stewart (batterie) qui jouent ensemble depuis plus de 20 ans tout en poursuivant chacun une brillante carrière solo. Sur la même affiche, Gregory Porter qui s’est affirmé comme la voix masculine du jazz depuis son album «Liquid Spirit» (Grammy Award 2013, catégorie jazz vocal). Avec son visage poupin mangé par une barbe bien fournie, Porter est un héritier de Marvin Gaye et de Nat King Cole, à qui il a consacré un album hommage.

Gregory Porter

La part belle aux femmes

L’éclectisme de cette 10e édition se manifestera à travers les femmes. Pas moins de huit artistes à l’affiche dont, pour la première fois en Tunisie, Lisa Simone, fille de Nina, ballottée toute son enfance dans le sillage d’une mère géniale mais alcoolique. A 18 ans, elle s’engage dans l’US Air Force mais la musique la rattrape. Après avoir tâté de la musique cubaine, elle démarre sa carrière en 1994 à Los Angeles avec la comédie musicale «Jésus Christ Superstar». Cinq ans plus tard, elle partagera avec sa mère la scène du Guinness Blues Festival de Dublin Music For Lovers… Cet enregistrement figurera dans l’hommage posthume à sa mère, décédée en 2003. A Jazz à Carthage, nous aurons la primeur live de son dernier album «All is well».

Lisa Simone

La deuxième découverte pour le public tunisois sera la poétesse de la passion, Akua Naru, née dans une famille noire de la classe ouvrière du Connecticut, qui a parcouru le monde et qui a réussi la fusion jazz hip-hop. A ne pas rater pour découvrir «The Miner’s Canary» son dernier album sorti le 20 février. La note africaine viendra d’Irma, une jeune Camerounaise débarquée à Paris à 15 ans pour faire une prépa HEC qu’elle réussit brillamment… mais l’appel de la musique est plus fort. Virtuose du piano, Irma adopte la guitare et compose des chansons folk aux accents soul. Elle est dans la droite lignée d’Ayo et de Tracy Chapman. Irma nous offrira en direct son dernier album «Faces» écrit, composé et enregistré à New York. Sorti en juin 2014, cet album place Irma parmi les grandes, à tout juste 25 ans.

Irma

Comme toujours à Jazz à Carthage, il y aura des accents latino, qui viendront cette fois de la voix chaude de Filipa Pais, chanteuse du groupe portugais Lisboa String Trio, qui nous baladera du jazz au fado. Les autres artistes féminines sont Alice Francis, une Américaine adepte du swing des années 20; Joyce Jonathan, guitariste et pianiste, révélation française de l’année 2011 aux NRJ Music Awards; Natalia M. King qui propose une fusion soul, blues et jazz et enfin Alice Russel, surnommée la tornade soul britannique.

Par Farida Ayari

]]>