Interview : Meriam Ben Hussein, une personnalité aux multiples facettes

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Actrice, journaliste et créatrice de mode, Meriam Ben Hussein est une personnalité multidisciplinaire. En couverture du numéro de décembre, la Tunisienne a accepté de revenir sur l’année 2018.

Cette année a été marquée par votre rôle dans Tej El Hadhra. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

C’était une très belle expérience. Il s’agit du premier feuilleton qu’on pourrait qualifier d’historique en Tunisie. J’ai interprété un rôle important ; Lella Mannena l’épouse de Sidi Ahmed Bey. Avant le tournage, j’ai cherché à en savoir plus sur cette fameuse épouse, de connaitre son vécu, sa personnalité, etc., afin d’entrer au maximum dans la peau du personnage. De plus, je trouve cette période de l’histoire fascinante. Nul doute que Tej El Hadhra est un feuilleton important pour immortaliser une partie de notre Histoire. J’espère d’ailleurs qu’il y aura une suite.

Vous tentez une nouvelle expérience  dans le cinéma en étant à l’affiche du film « Le pardon ». Que pouvez-vous nous raconter sur cette aventure ?

Dans ce film, je joue le rôle de Malika, une femme corrompue, assoiffée de pouvoir. Il traite de sujets sensibles et émouvants, dont la mort.

Photographe : Samy Snoussi
Bijoux : Diamelle
Maquillage et coiffure : Fakher beauty center

Que pensez-vous de l’image de la femme dans les productions tunisiennes (feuilletons et films) ?

Je suis contre l’image de la femme tunisienne qui est constamment battue et insultée. Je considère que ce qui compte, c’est la manière de présenter les choses. La violence a augmenté à la télévision, certes, mais il faut faire la part des choses.  Une scène de violence justifiée dans une fiction n’a aucun rapport avec la réalité. Cette même scène peut avoir pour but la sensibilisation. Toute la différence réside dans la manière de traiter le sujet. Il faut de la finesse pour faire passer certains messages.

Avez-vous des regrets artistiques ?

J’ai beaucoup de regrets dans ma vie mais ça concerne surtout des projets que j’ai refusé de faire. Au début, j’ai décliné des rôles parce que je ne me pensais pas prête, mais en réalité il suffit de foncer, d’essayer et d’apprendre sur le tas pour que les choses changent.  Bien-sûr, j’ai eu l’occasion de partir à l’étranger, comme beaucoup d’actrices tunisiennes, mais je n’ai pas eu la force d’y rester. Ici, j’ai mes repères, ma famille, mes amis… Mais j’avoue qu’il m’arrive de regretter de ne pas avoir sauté le pas.

Les Tunisiens se souviendront de la mini-série Tounes Lella el Baya (Ramadan 2016-2017). Que représente ce projet pour vous ?

J’ai voulu montrer la Tunisie à travers mes yeux ; la Tunisie que j’aime. J’ai filmé dans plusieurs villes. J’ai spécialement adoré Takrouna, Tamerza et Matmata. Je souhaitais montrer la beauté de nos régions… ces régions qu’on pense rarement à visiter. En 2019, je prévois une émission dans le même esprit mais sous un autre nom. Je veux montrer toutes les activités possibles en Tunisie. C’est un projet qui me tient à cœur. Je veux mettre en valeur la splendeur de mon pays.

En 2018, votre émission « Avec Meriam Ben Hussein » sur Attessia TV a fait pas mal de bruit. Pourquoi le format magazine ?

Faire de la télé est essentiel pour moi. Beaucoup de Tunisiens me connaissent en tant qu’actrice, notamment grâce à ma prestation dans le feuilleton Maktoub, alors que j’ai débuté à la télé très jeune. En 2012, j’ai animé une émission de musique sur Dubai TV. Deux ans plus tard, j’ai fait mon retour sur le petit écran avec « Andi Manghanilek », une émission à la Taratata. Puis en 2016, j’ai fait la mini-série « Tounes Lella Baya ». Cette année, j’ai voulu réaliser un rêve et faire un magazine. Je l’ai fait sur Attessia TV. « Avec Meriam Ben Hussein » est une émission qui aborde plusieurs sujets ; culture, mode et beauté, etc.

Que voulez-vous voir changer dans le monde télévisuel ?

Il y a beaucoup de choses qui me déplaisent dans le monde télévisuel. Ça me désole que la télévision tunisienne baigne dans une ambiance de médiocrité, de méchanceté gratuite, d’humiliation et de manque de professionnalisme. J’ai envie de retrouver la télé de mon enfance, quand les produits étaient de qualité et les messages positifs. Ce sont des émissions comme celle de Michel Drucker ou Jacques Martin qui m’ont donné envie de faire de la télé.

Vous animez aussi l’émission politique « Zone franche » sur Radio Express FM.

J’ai fait des études de journalisme et de communication et j’estime qu’un bon journaliste doit être polyvalent… et depuis la révolution, c’est un devoir citoyen de suivre ce qui se passe. « Zone franche »  me permet justement de rester au cœur de l’action. Elle montre une autre facette de moi.

La mode a une place particulière dans votre carrière. En 2015, vous avez créé votre propre griffe « By Meriam Ben Hussein ». Quel est l’esprit de cette marque ?

Lorsque j’avais mon émission « Andi Manghanilek », je portais toujours des tenues que je customisais moi-même. Les gens les ont adorées. J’ai donc décidé de créer ma propre griffe en 2015. Mes collections s’inscrivent dans le style sport chic. J’ai aussi lancé une ligne de vêtements inspirée de l’habit traditionnel. Là je prépare une nouvelle collection pour 2019, avec plus de choix.

Photographe : Samy Snoussi
Bijoux : Diamelle
Maquillage et coiffure : Fakher beauty center

Vous êtes notre covergirl du numéro de décembre, en partenariat avec la marque de joaillerie « Diamelle ». Que représentent pour vous les bijoux?

Collaborer avec une marque de joaillerie est un honneur pour moi. J’ai adoré prendre des photos avec ces magnifiques pièces. Cependant, dans la vie quotidienne, je n’en porte pas beaucoup. J’en mets surtout lors des soirées. Les bijoux ajoutent du prestige et de la féminité à la tenue.

Des projets futurs ?

Je compte bientôt sortir un livre d’art récapitulant ma tournée en Tunisie dans« Tounes Lella Baya ». Je prépare aussi un spectacle solo. Un genre de « one woman show » où j’évoquerai plusieurs sujets, aussi drôles que tragiques. J’en ai parlé à Ghazi Zaghbani pour la mise en scène, mais je n’ai pas encore décidé de la date du lancement. Un show de cette envergure demande beaucoup de travail et d’implication. Je ne suis pas encore prête à me retirer, même momentanément, du monde médiatique. J’essaye donc de trouver un moyen de jongler entre ces nombreux projets.

Quick questions :

Rubis / Diamant

Chaussures à talons / Chaussures plates

Style classique / Style original

Denim / Cuir

Vintage / Moderne

Rouge à lèvres rouge / Smoky eyes

Fouta et blouza / robe noire

*interview réalisée en décembre 2018