[:fr]Nidhal Saadi a su en quelques années tracer une belle carrière audio-visuelle. De l’humour à la télé, et de la télé au cinéma, le jeune homme vient de jouer son premier rôle au cinéma. Lui qui rêvait d’un rôle principal a eu tout pour lui. Dans « Regarde-moi » de Nejib Belkadhi, il est ce père immigré qui revient quelques années plus tard pour s’occuper de son fils autiste qu’il connait à peine. Une jolie performance qui a plu aux professionnels, en témoigne la sélection du film dans deux festivals américains et dans la compétition officielle des JCC. C’est dans nos locaux que Nidhal Saadi s’est confié, entre le tournage de l’émission tunisienne DTEP et sa participation au « Parlement du rire » en Côte d’ivoire.
Femmes de Tunisie : « Regarde-moi » est votre premier grand rôle au cinéma, une expérience que vous avez cherché à vivre ?
Nidhal Saadi : Cherché à vivre, voulu vivre, espéré vivre…Oui, cette expérience, j’en ai rêvé. Par contre, je n’ai fait aucune démarche, du type casting ou autre, pour que cela se réalise. Je fais partie de ceux qui pensent que la plus grande démarche à faire pour réussir quelque chose est de la rêver très fort.
F.D.T : Quel rôle vouliez-vous ?
N.S : Un rôle principal.
F.D.T : Comment cela s’est mis en place ?
N.S : Cela fait 2 ans qu’à chaque fois que je voyais Nejib Belkadhi par hasard, je lui parlais de mon envie de tourner pour lui. Pour moi, Nejib reste une référence dans le monde de la réalisation. De son côté, Nejib Belkadhi a suivi mon parcours et m’a regardé dans les feuilletons ramadanesques. C’est comme ça qu’il a pensé à moi pour son dernier film. Ceci étant, j’ai tout de même passé une audition en jouant une scène clé du film.
F.D.T : Comment se prépare-t-on pour jouer le rôle du père d’un enfant autiste si on n’a jamais vécu cette expérience ?
N.S : Il faut savoir que ce n’est pas mon premier rôle en tant que père. Dans « Wled Moufida », j’étais père aussi. Mais pour répondre à votre question, je dirais qu’il faut s’y préparer avec beaucoup de délicatesse et de respect, surtout par rapport aux parents.
Pour ma part, je suis allé dans des centres spécialisés pour enfants autistes. J’ai rencontré quelques parents, et des enfants aussi, et j’ai bien observé leurs comportements aux deux. Il y a aussi un documentaire qui m’a beaucoup aidé. Ca s’appelle « Horse Boy » ou « L’enfant cheval ». Ça raconte l’histoire d’une famille dont le fils est autiste et dont les parents ont remarqué qu’il était plus calme et plus communicatif lorsqu’il était entouré d’animaux et de chevaux en particulier.
F.D.T : Comment avez-vous vécu les différentes sélections du film dans les festivals étrangers ?
N.S : Avec beaucoup de fierté. Ce sont des rêves qui se réalisent, une partie de mes objectifs à atteindre. Mais j’ai surtout vu cela comme la chance et l’occasion de faire parler de la Tunisie de manière favorable et positive.
F.D.T : Quel regard porte-t-on sur le cinéma tunisien en Amérique ?
N.S : Honnêtement, je n’ai pas l’historique des films tunisiens qui ont eu des prix outre-Atlantique. Mais je sais que pour cette année, il y a un autre film qui était sélectionné aux Festivals de Toronto et Los Angeles de la réalisatrice tuniso-américaine Meryem Joober et qui a aussi obtenu le prix du meilleur court métrage « Ekhwen » à LA. Je sais également que « Vent du nord » participe aussi au Festival du film en Californie. Ce sont de belles sélections mine de rien.
F.D.T : Après « Regarde-moi », quel rôle vous tente au cinéma ? Avec quel réalisateur ?
N.S : Ce qui me tente, c’est le rôle de quelqu’un qui a des troubles dissociatifs de l’identité. Un peu comme le film « Split » avec James McAvoy, dans lequel il joue plus de 20 personnages. Quant au réalisateur, je dirais que ce serait avec celui qui saurait bien me diriger.
F.D.T : Des vues sur le cinéma français ?
N.S : Oui. Bien sûr. Mais je ne veux pas me précipiter et je ne suis pas pressé. Je sais où je veux aller. Je sais comment y aller. Le reste n’est qu’une question de temps. Je n’ai pas de préférence de rôle. Je suis ouvert à tout. Quand je vais attaquer le cinéma français, je sais que je commencerai en bas de l’échelle et je n’ai aucun problème avec ça. J’ai le temps.
F.D.T : Votre film tunisien coup de cœur ?
« Un été à la goulette ». Par rapport à la nostalgie de l’ambiance de cette époque-là. Notre génération n’a pas eu la chance de vivre cela et c’est un peu cela qui m’a fasciné. Je trouve que ce Melting pot est très joli à voir. Et je suis content qu’il y ait eu un film pour immortaliser cette époque. C’est la Tunisie que je voudrais voir. Une belle Tunisie.
 [:]