Vous vous rappelez sûrement de lui dans le feuilleton ramadanesque Tej El Hadhra, mais Amine Ben Salah n’est pas étranger au monde du cinéma. Le jeune homme de 26 ans n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a même tourné dans un film projeté aux JCC 2017 ! Mais si sa tête vous dit aussi quelque chose, c’est parce qu’Amine a également posé pour des campagnes comme celle de Coca Cola, fait la une du Square Mag et surtout, tourné dans une pub qui avait fait couler beaucoup d’encre. Sous ses airs de jeune homme sérieux au regard torturé se cache un boute-en-train toujours prêt à amuser la galerie. C’est ce que nous avons découvert lorsque nous l’avons rencontré autour d’un café et autant vous dire que l’on n’a pas vu le temps passer. Interview !

Parle-nous de tes débuts, comment es-tu devenu mannequin ?
C’est Nour Guiga qui m’a initié au mannequinat lorsque nous étions encore au lycée. C’était en 2009 et elle m’avait proposé de participer à un casting pour le Festival Mode&Design de Carthage. J’ai eu la chance d’être repéré par Hanaa Ben Abdesselem et Salah Barka qui faisaient partie du jury et c’est ce dernier qui m’a offert mon tout premier défilé. Après avoir décroché mon bac, j’ai intégré Collège LaSalle où j’ai suivi une année de gestion hôtelière, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais faire. A l’époque, tous mes amis sont partis à Los Angeles et j’ai toujours eu en tête de faire la New York Film Academy à West Hollywood mais je ne pouvais pas me le permettre car pour mes parents, il fallait que je termine mes études avant tout. J’ai alors décidé de changer de spécialité pour faire gestion de commerce, cursus au bout duquel j’ai obtenu mon diplôme.
A cette époque, j’ai été repéré par Faten Jaziri, une jeune réalisatrice qui m’a proposé de jouer dans une sitcom « fantastique ». J’ai tourné l’épisode 0 mais malheureusement, le projet n’a pas été retenu, trop décalé pour la télé tunisienne peut-être. Toutefois, c’est grâce à cette expérience que l’idée de devenir acteur a commencé réellement à germer dans ma tête…

Comment s’est passée ta première Fashion Week ?
La toute première a été celle de 2013. Je me rappelle avoir beaucoup aimé l’ambiance. D’ailleurs, je n’étais pas du tout stressé car j’étais entouré de gens que je connaissais déjà. En plus, grâce à la Fashion Week, j’ai pu rencontrer beaucoup de personnes intéressantes comme Meriem Bouderbela, une artiste dont je respecte beaucoup le travail, et qui m’a proposé de défiler pour elle l’année suivante. Etant très sensible à l’art, cette expérience m’a marqué car Meriem s’était associée à un collectif d’artistes et chacun avait créé un vêtement pensé comme une œuvre d’art.

Quels sont les aspects positifs et négatifs de ce métier ?
En Tunisie, le mannequinat est encore marginalisé et manque de considération. Et même s’il y a une évolution des mentalités par rapport à ce métier, il est encore perçu chez nous comme un hobby. Ce que je déplore, c’est qu’il n’y a pas de réelle structure qui s’occupe ou qui encadre les jeunes mannequins. Je ne vais tout de même pas cracher dans la soupe car c’est aussi un métier qui te permet de faire de très belles rencontres et de t’amuser. Donc j’espère réellement que la situation évoluera un jour car nous sommes livrés à nous-mêmes aujourd’hui.

As-tu des mannequins ou des créateurs fétiches ?
Vous allez sûrement trouver cela prétentieux (mais je vous assure que ce n’est pas du tout le cas) mais je n’en ai pas. Je n’aime pas avoir de modèle à suivre car je ne veux copier personne. Je préfère rester moi-même, m’inspirer de la vie.

D’après toi, quelles sont les qualités qu’il faut avoir pour être un bon mannequin ?
Chez nous, ce n’est pas très compliqué d’être mannequin. Il faut bien évidemment avoir quelques critères physiques comme la taille et des traits atypiques. Mais c’est surtout l’attitude qui compte sans parler de la personnalité, la volonté et la confiance en soi.

As-tu d’autres passions à part le mannequinat et le cinéma ?
J’ai toujours aimé l’art sous toutes ses formes. D’ailleurs, je voulais devenir « art advisor » mais je n’ai pas eu l’opportunité de faire des études dans ce sens. Au fait, j’ai la fibre artistique mais je ne suis pas du tout manuel. D’ailleurs, j’ai une tonne d’idées que je n’arrive pas à matérialiser. Peut être qu’un jour, je pourrais m’y adonner et laisser exprimer ma créativité. Sinon, j’aime beaucoup le sport. J’ai fait du basketball quand j’étais plus jeune et je fais également du tennis et de la boxe, ça m’aide à m’entretenir physiquement.

Comment as-tu vécu ton expérience avec Sami El Fehri et Saoussen Jomni dans Tej El Hadhra ?
C’est une longue histoire (rires) mais pour faire court, quelques années après mon projet avorté avec Faten, elle me propose de jouer à nouveau dans son moyen métrage « Eveil ». Le film a été projeté aux JCC 2017 et c’est là que j’ai été repéré par le directeur du casting de Tej El Hadhra. Je me rappelle avoir complètement foiré le casting car j’avais oublié mon texte que j’avais pourtant appris par cœur. Mais j’ai quand même été pris car ils avaient remarqué que j’avais du potentiel et beaucoup de volonté. Et entre nous, je ne regrette pas du tout d’avoir tenu bon pour jouer dans ce feuilleton car j’ai rarement vu une œuvre télévisuelle aussi riche. Et puis, côtoyer des acteurs de l’envergure de Chedli Arfaoui, Najib Belkadhi, Raouf Ben Amor ou encore Najla Ben Abdallah, ça n’a pas de prix. J’ai été impressionné par leur professionnalisme. D’ailleurs, quand ils sont sur le plateau, ils s’investissent à fond dans leur rôle.

Comment te vois-tu dans 10 ans ?
J’ai réellement envie d’améliorer mon jeu d’acteur car c’est le métier que je veux faire. Je prendrai sûrement des cours de théâtre mais je ne quitterai pas le mannequinat pour autant car c’est également un monde qui me fascine. Je continuerai peut être à faire des campagnes publicitaires car j’aime bien la photo et pourquoi pas une carrière internationale si l’opportunité se présente.

As-tu des conseils à donner aux futurs mannequins ?
En Tunisie, malheureusement, il ne faut pas trop s’investir pour devenir mannequin car comme je l’ai déjà expliqué, le métier n’est pas encore reconnu à sa juste valeur. Donc si j’ai un conseil à donner aux futurs mannequins, c’est de se concentrer sur leurs études et de défiler pour le plaisir.