Immersion dans l’univers de Mayssa Maamer, la star des E-PR en Tunisie

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Vous connaissez sûrement Kris Jenner, la maman manager de Kim Kardashian. Mais saviez-vous que nous avions notre version tunisienne ? Mayssa Maamer, alias Maazouza ou El Moudira pour les intimes, est celle qui a fait connaître le métier d’E-PR en Tunisie en s’occupant de la carrière d’influenceurs comme Raya Bouallegue. La jeune femme a plus d’une corde à son arc et connaît son métier comme personne. Bien plus qu’une formation, l’événementiel et le marketing d’influence sont une vocation pour Mayssa qui nous en a parlé avec passion. Immersion dans son univers !

Femmes de Tunisie : Parle-nous de ton parcours

Mayssa Maamer : Après un bac S à l’école française, j’ai passé un an à Tunis pendant lequel je me suis essayée à la kinésithérapie à la Rabta puis à l’économie-gestion à l’IHET. Ensuite, je suis montée à Paris où j’ai obtenu une licence en économie-gestion à la Sorbonne-Paris 1, un master en information-communication à l’Institut Français de presse et un autre en évènementiel, relations presse, relations publiques à l’ESC Paris. Donc du coup, je me retrouve un peu « marketteuse », économiste, commerciale et mathématicienne (rires). J’ai toujours aimé l’événementiel et surtout la relation presse/relations publiques, j’aime parler, j’adore les événements, c’est mon dada, et tout ça m’a permis de me spécialiser. 

FDT : Comment t’es venue l’idée de lancer ton agence M&M et de te spécialiser dans le marketing d’influence et relation presse ?

MM : Avant de rentrer en Tunisie, j’ai bien roulé ma bosse en France. J’ai même travaillé dans une agence de presse spécialisée dans la mode et le luxe. De retour ici, j’ai commencé par travailler dans une agence affiliée au Groupe Poulina et me suis occupée d’une grande marque informatique. Entre temps, j’ai accepté une offre dans groupe textile d’habillement et de distribution mais je ne me voyais pas passer ma vie dans un bureau. J’aimais l’événementiel et à cette époque, on en organisait pas mal mon mari et moi (Ndlr. Mohamed Ali Siala). Et lorsqu’on a commencé à avoir beaucoup de demandes, on a décidé de lancer notre propre agence. Au début, on a commencé à faire un peu de tout – des sites web, des flyers, des packshots, etc.- jusqu’au jour ou Raya Bouallegue « débarque » dans notre bureau pour nous demander de nous occuper de la gestion de ses clients qui commençaient à être de plus en plus nombreux. On a commencé à installer le boulot petit à petit et on a trouvé un bon rythme de croisière. Tout ça nous a permis à Raya et à nous (M&M) d’évoluer et de développer d’autres projets. 

FDT : Quelles sont les difficultés du métier ?

MM : Au début, c’était difficile de me présenter en tant que manager de Raya. C’est un travail que les gens ne connaissent pas, je pense même que ça n’existait pas à l’époque. Certains clients ne voulaient pas que j’assiste aux réunions, d’autres préféraient discuter avec elle directement. Ils ne comprenaient pourquoi ils devaient passer par moi. Mais pas que ça ! Au tout début de l’influence en Tunisie, les clients ne faisaient de la pub qu’à travers les canaux de communication classiques à savoir la télé, la radio et la presse. Ils ne comprenaient pas l’intérêt de faire appel à un influenceur pour vendre leurs produits. Il fallait donc faire passer la pilule. Aujourd’hui, les clients sont conscients de l’importance des influenceurs mais c’est malheureusement le budget qui leur fait défaut à cause de la conjoncture actuelle. 

FDT : Quels sont les influenceurs que tu représentes aujourd’hui et quels sont tes critères de choix ?

MM : c’est le côté humain avant toute chose. Travailler avec des influenceurs implique une bonne entente, il faut qu’on soit sur la même longueur d’ondes. Comme on est amenés à passer beaucoup de temps ensemble, il est très important qu’il y ait un bon feeling dès le départ. Et aujourd’hui, je m’occupe de Raya Bouallegue, Maram Ben Aziza et Belle et Gourmande

FDT : Comment se passent les collaborations entre marques et influenceurs ? 

MM : Alors, ce que les marques ne comprennent pas (et que j’essaie d’expliquer), c’est que ce n’est pas le nombre de followers qui importe le plus mais plutôt le taux d’engagement. Il faut d’ores et déjà que l’influenceur soit convaincu par le produit dont il va faire la promotion et que ça colle à son image de marque et à ses valeurs. Il faut aussi qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt entre les marques… Arrivés à cette étape, je propose aux clients de faire un test, en introduisant le produit avant même le début de la campagne. Ceci nous permet d’avoir les premiers retours de la communauté. Et c’est à partir de là qu’on met en place notre stratégie marketing.

FDT : Quel est selon toi l’avenir du marketing d’influence ?

MM : Je pense que le marketing d’influence a un très bel avenir et ce n’est que le début. Je suis persuadée que ça va bien évoluer, que ça va changer. Je pense même qu’il va y avoir aussi bien la participation des influenceurs que de leur communauté qui sera probablement rémunérée. Il y a beaucoup de belles choses à faire encore.