Hyperactivité chez l’enfant : attention aux idées reçues !

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Depuis quelques années, les cabinets de pédopsychiatres du monde entier sont envahis de parents désemparés face au comportement de leur enfant qu’ils présentent comme « hyperactif ». Dans de nombreux cas, la réalité est tout autre, et il est nécessaire de différencier un enfant turbulent d’un enfant présentant un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Hyperactif ou juste turbulent ?

Très souvent, les parents – totalement dépassés – pensent que leur enfant est « hyperactif ». Dans de nombreux cas, il s’agit « uniquement » d’un enfant très turbulent, qui bouge énormément – bouger n’est pas un trouble. En revanche, lorsque cette action est en décalage dans le temps et dans l’espace, que l’enfant projette quelque chose, qui n’était pas ce qu’il fallait faire au moment où il fallait le faire, et peut, en même temps, être brusque, impulsif ou hyperactif,… il faudrait commencer à se poser quelques questions. Il s’agit peut-être d’un TDAH ; un trouble qui peut persister jusqu’à l’âge adulte.

Quels sont les signes d’un TDAH ?

Si votre enfant ne tient pas en place ou qu’il est très agité, il est peut-être tout simplement très turbulent, sans être pour autant « hyperactif » comme on l’entend de plus en plus souvent. En réalité, l’hyperactivité est plus complexe, car elle est associée à une triade symptomatique réunissant l’impulsivité, l’inattention et l’hyperactivité motrice.

On parle de TDAH chez l’enfant lorsqu’il présente un trouble de l’attention, qu’il ne peut pas répondre de manière adaptée à des stimuli, que ce soit dans l’espace ou dans le temps. Il s’agit d’une inattention inappropriée, générant une impulsivité et/ou une hyperactivité. L’individu fait quelque chose qui n’est pas pensée. La motricité peut alors dépasser l’action programmée de ce qui devait être exécuté, comme par exemple verser de l’eau dans un verre déjà rempli. L’action est correcte, mais pas à ce moment-là ; une sorte de décalage dans l’espace et dans le temps.

Le diagnostic clinique, qui ne doit pas avoir lieu avant l’âge de 6 ou 7 ans, se fait au moment de l’apprentissage, car l’enfant va faillir à ce qui lui a été demandé. Dans certains cas, le diagnostic peut se faire un peu plus tôt ; on parle alors de personnes présentant un proto-trouble hyperactif.

L’agitation de leur enfant au lit est un autre signe qui pourrait mettre la puce à l’oreille des parents. Ce bouillonnement, à la fois cognitif et comportemental, fait que même leur motricité est inappropriée durant leur sommeil, surtout au niveau des jambes.

Un enfant présentant des symptômes de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité ou impulsivité :

  • répond de manière précipitée à une question partiellement posée ;
  • se lève constamment de sa place dans des lieux où il est censé être assis ;
  • a du mal à se tenir tranquille lors des activités de loisir ;
  • est très actif ;
  • parle beaucoup trop ;
  • a beaucoup de mal à attendre son tour ;
  • a des sautes d’humeur ;
  • court partout et ne craint pas le danger ;
  • se tortille dans son siège et remue constamment les membres (pieds et mains).

Un trouble du déficit de l’attention peut être sans hyperactivité

Même si un enfant souffre du trouble du déficit de l’attention, il n’est pas forcément hyperactif (et vice-versa). En réalité, dans le cas de ce trouble neurocomportemental, on parle de prédominance de symptômes. Il peut donc y avoir un trouble déficitaire de l’attention avec prédominance de l’hyperactivité (TDAH), un trouble avec prédominance de l’inattention sans hyperactivité et impulsivité (TDA) ou encore un trouble avec prédominance de l’hyperactivité et de l’impulsivité sans déficit de l’attention (« Hyperactivité »).

Quelles en sont les causes ?

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité n’a pas de cause unique. On sait qu’il s’agit d’une maladie héréditaire et, surtout, qu’il n’y a aucun lien avec un manque affectif, un problème psychosocial, et encore moins avec une forte consommation de sucre. Toutefois, certains facteurs comme une méningite bactérienne, un traumatisme crânien, une naissance prématurée ou une exposition du fœtus au tabac, aux drogues et à l’alcool, peuvent en augmenter les risques.

Les difficultés d’un enfant avec TDAH

Un enfant présentant un TDAH écoute quelque chose sans être capable d’y répondre de manière adaptée. Il se heurte alors à une incompréhension familiale et sociale, ne supporte pas les règles de socialisation et se construit une mauvaise image et estime de lui-même. Pour ne pas décevoir, il ne veut plus courir le risque de réussir. À long terme, il peut alors développer des difficultés dans la construction de sa personnalité. Dans certains cas, il peut même y avoir addictions ou échec du processus d’adolescence. De leur côté, les parents ont un besoin compulsif de chercher des pathologies à leurs enfants car ils ont peur d’affronter l’idée d’avoir échoué ou de ne pas avoir fait de leur mieux dans leur éducation.

Que faire ?

Il faut tout d’abord comprendre qu’un enfant ayant un TDAH souffre d’un terrible manque de confiance en soi et laissera tomber toute chance de réussir afin de ne pas décevoir son entourage. La première chose à faire sera de se demander d’où vient le problème, la source de son anxiété. Il faudra ensuite le rassurer, l’encourager et oublier toute négativité, y compris les punitions. Ses parents devront avoir un but : sensibiliser l’enfant à toute forme de réussite et d’épanouissement.

Le diagnostic du TDAH n’étant pas simple, il faudra alors faire appel à des spécialistes (psychologue, professeur, éducateur, orthopédagogue, travailleur social, etc.) qui guideront les parents et les rassureront.

Lorsqu’il y a des conséquences au niveau de l’affection ou de la socialisation, l’enfant doit alors bénéficier d’une prise en charge. Certaines molécules, comme le méthylphénidate, sont prescrites aux enfants présentant un TDAH pour les aider à reprendre de l’éveil, à améliorer leur concentration, à se calmer ; donc à contrôler ce qu’ils font, et à se satisfaire. L’estime de soi est enfin de retour.

Y a-t-il des alternatives aux traitements pharmacologiques ?

Pour des raisons qui leur appartiennent, certains parents sont réticents aux traitements pharmacologiques. D’ailleurs, tous les enfants présentant un TDAH ne suivent pas forcément ce type de traitement. De nombreux parents choisissent alors de les inscrire à des activités qui leur permettront d’avoir un éveil dans le temps ou dans l’espace, de les rassurer et de les valoriser. On parle ainsi de sophrologie, de psychologie appropriée ou encore de parcours de santé, pour leur montrer qu’ils peuvent réaliser des choses formidables.