Hosni Hertelli, alias « Shoof », le calligraphiste tourneur

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De son vrai nom Hosni Hertelli, l’artiste qui se fait connaître sous le pseudo Shoof cartonne depuis un moment par sa participation au spectacle « White Spirit » en France. La production qui mêle street-art, danse, chant et transe soufie, est un vrai délice sensoriel.

Dans ce spectacle présenté au Quai Branly, la danse des derviches tourneurs classique cède un peu de son espace au street art. Le graffeur, Shoof, crée des tableaux qui s’illuminent un à un, comme une goutte dans l’eau qui propage ses ondes. C’est d’ailleurs de cette idée que l’artiste est parti lorsque Mehdi Ben Cheikh lui propose de travailler sur « White Spirit ».

Et si la production Zaman a fait appel au talentueux tunisien pour participer, c’est parce que Shoof, s’est déjà fait remarquer dans le projet de la Tour Paris 13 mis en place par Mehdi Ben Cheikh.  Un projet éphémère qui a été couronné par un succès international en invitant de nombreux street-artist à venir investir et décorer cette tour du 13ème arrondissement de Paris.

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Le parcours de Hosni Hertelli n’est pas des plus communs. Avec des débuts difficiles, et suite à plusieurs reconversions, l’artiste a enfin trouvé sa voie…ou plutôt ses lettres. Car ce sont ces belles lettres arabes qui lui permettront quelques années plus tard d’être là où il est aujourd’hui : un calliigraphitiste/ street artiste reconnu à l’échelle internationale.

Après une formation de juriste et deux DEA successifs, Hosnu Hertelli se cherche encore et décide de s’essayer à la calligraphie. « Une façon d’extérioriser, qui était au départ, très personnelle. La calligraphie a regroupé et fait ressortir tout mon background et c’est ainsi que ça s’est transformé petit à petit en projet de vie. » Nous confie le jeune homme.

Depuis, Hosni a décidé d’en faire un métier. Mais avant tout, d’y aller au feeling, à l’inspiration et à l’émotion. Pour Hosni Hertelli, le plus important, c’est la liberté. Cette même quête de liberté qui l’a conduit il y a quelques années à s’installer en France pour mettre en place son projet de vie d’artiste.

Ce qui est sur, c’est que Hosni triture les lettres arabes, et s’imprègne de la musique pour désacraliser la calligraphie arabe, celle qui a été longtemps affiliée au Coran.

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Pour autant, il ne refuse pas un projet où le spirituel, le soufi se mélangent à la calligraphie.  Dans « White Spirit », Hosni est accompagné de Noureddine Khourchid, une très grande voix de la Mosquée des Omeyyades à Damas, ainsi que de six chanteurs de la confrérie soufie Shâdhiliyya, l’une des plus célèbres du monde arabe.

Un franc succès qui reprend sa tournée en France en décembre et ailleurs plus tard. Bientôt en Tunisie ? « Peut-être, nous dit Hosni. Ce n’est pas qu’on ne veut pas. Ce sont les moyens qui manquent pour financer et acheter ce genre de projet en Tunisie. Mais l’idée est déjà été sur la table. »

Quant à ses futurs projets, le jeune homme se prépare à collaborer au projet de la deuxième maison de Tunisie à Paris. Shoof aurait à ses façades. Pour le coup, le jeune homme se sent investit d’une grande responsabilité. « Je ne veux pas faire de projet tunisien, juste par ce que je suis tunisien. Mon défi est de bien travailler quelque chose pour la Tunisie, mais pas de le faire coûte que coûte. »